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À Pamplemousses
Le Dodo Museum : Fascination pour l’oiseau-emblème
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À Pamplemousses
Le Dodo Museum : Fascination pour l’oiseau-emblème
Photos: Sumeet Mudhoo.
Une grande salle aux murs et sol noirs. «Parce qu’au début, pour parler d’extinction, on voulait le faire dans un décor noir et blanc.» Eric Typhis-Degtyarenko, le promoteur du Dodo Museum, mène le tour du propriétaire. Cette nouvelle attraction a officiellement ouvert ses portes le mardi 11 août. Son adresse ? Stratégiquement située en face du jardin botanique de Pamplemousses, accessible aux visiteurs.
Dans la pièce en noir et blanc, la couleur a repris ses droits. La visite, guidée par la curatrice, Rosy Melanie, commence dans le Bird Hall. Scannez le code QR qui est au mur et grâce à la magie de la réalité augmentée, des oiseaux et des tortues géantes disparus depuis le XVIIe siècle, s’animent sur l’écran du téléphone portable.

■ Eric Typhis-Degtyarenko (à dr.) avec Vikash Tatayah de la Mauritian Wildlife Foundation et le navigateur russe Fedor Konyukhov.
D’où vient l’idée de monter un musée dédié au dodo ? Flashback. En 2017, Eric TyphisDegtyarenko est lauréat d’un concours de la Likhachev Foundation, dont le siège est à Saint-Pétersbourg, en Russie. «Nous avons obtenu le prix du meilleur projet pour l’histoire et la culture entre la Russie et Maurice.» Car, au départ, il y a surtout un jeune homme qui s’intéresse à l’histoire de la Russie. Sur place, il apprend l’existence d’un dessin du dodo. Comment cet oiseau de chez nous s’est-il retrouvé en Russie ? C’est le début des recherches pour retrouver ce dessin «d’un dodo vivant, à la différence des dessins réalisés à partir de dodos empaillés». Eric Typhis-Degtyarenko profite de l’invitation de la Likhachev Foundation pour faire le tour des musées et visiter les archives. Mais il rentre bredouille. Il reprend le cours de sa vie, gère la société QuickBooks ProAdvisor, dans le secteur des solutions informatiques et de la finance.

■ Dodo recréé en taille réelle à partir du dessin d’un oiseau vivant par Ustad Mansur.
Il n’oublie pas sa quête du dodo. Jusqu’à ce que l’ambassade de Russie à Maurice reprenne contact avec lui l’an dernier, pour discuter de la promotion des liens culturels entre les deux pays. «Je leur ai parlé du dessin que je cherchais. Je voulais que l’on puisse le ramener à Maurice, pour permettre à tous de voir à quoi ressemblait vraiment un dodo.» Les recherches se poursuivent et aboutissent au portrait d’un dodo vivant conservé à l’Institut oriental de Saint-Pétersbourg.
L’ambassade de Russie met en place un programme autour du dodo. Le 12 juin, à l’occasion de la Fête nationale russe, l’ambassadrice Irada Zeynalova a annoncé que la Russie avait obtenu le droit de reproduire le seul portrait connu du dodo peint d’après un oiseau vivant. Réalisé au XVIIe siècle par Ustad Mansur pour le Grand Moghol, ce tableau est conservé à Saint-Pétersbourg depuis le XIXe siècle. Une copie a été remise au Premier ministre, Navin Ramgoolam. Un documentaire sur le dodo, produit par la chaîne russe RT, sera également offert à Maurice.
L’intérêt d’Eric Typhis-Degtyarenko pour le dodo s’intensifie. Jusqu’à obtenir une reproduction agrandie du dodo de Mansur, qui trône en bonne place au Dodo Museum, à Pamplemousses. À partir des couleurs et des proportions du dessin de Mansur – qui est une miniature –, un dodo de taille réelle a été recréé. «Nous avons appris que le dodo avait aussi un type de camouflage avec ses plumes. Il changeait de couleur quand il couvait l’œuf unique qui était pondu tous les ans.»

Le promoteur se penche aussi sur les autres espèces qui partageaient l’écosystème du dodo. «Il y a neuf autres oiseaux qui ont disparu de Maurice, mais dont on ne parle presque pas.» Le projet est de remettre ces oiseaux dans la lumière. Comme l’initiateur du Dodo Museum est dans l’informatique, il a un penchant naturel pour les nouvelles technologies. Grâce à la réalité augmentée, les visiteurs peuvent faire vivre les oiseaux et les tortues géantes à l’aide de leur téléphone portable. Parmi les oiseaux qui s’animent à partir des panneaux, il y a le hibou de Maurice. «Nous avons aussi un partenariat avec le musée Darwin à Moscou.» Il s’agit d’un musée d’histoire naturelle. Les échanges en taxidermie ont permis de recréer en taille réelle la poule rouge de Maurice.
Visiter le Dodo Museum, c’est «mieux comprendre la biodiversité de Maurice, à l’époque du dodo». Se rendre compte des richesses perdues. «Nous travaillons avec Vikash Tatayah, le Chief Executive Officer de la Mauritian Wildlife Foundation, dont la mission est de préserver la partie de ce patrimoine qui nous reste. Notre but est de contribuer à une meilleure compréhension du passé, du présent et du futur. Pour cela, nous utilisons les technologies du futur pour permettre aux visiteurs de revivre le passé.»
Bateau russe à Rodrigues
Avant de concevoir le Dodo Museum, Eric TyphisDegtyarenko s’est passionné pour l’histoire de l’amiral Nevelskoï, (1813-1876), «un grand aventurier», dont le nom a été donné à des navires russes. La Maritime State University, située à Vladivostok, porte aussi son nom. «Un bateau-école de cette université s’est égaré à Rodrigues. L’université a décrété ce bateau musée maritime. C’est un yacht de 40 pieds qu’elle m’a offert en 2014. Il est toujours à Rodrigues.» Grâce à ce bateau, Eric Typhis-Degtyarenko fait alors la connaissance du navigateur et aventurier Fedor Konyukhov. Ce prêtre de l’Église orthodoxe russe a accompli la traversée à la rame et en solitaire de l’hémisphère Sud. «Il est tombé en panne à Rodrigues et a été remorqué jusqu’à Maurice. Quand je l’ai rencontré, je lui ai parlé du musée. Nous avons profité de sa présence pour ouvrir le musée.»
Infos pratiques
Le Dodo Museum est ouvert du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures. Les samedis et les dimanches, cette attraction est accessible jusqu’à 14 heures. Tarifs pour les Mauriciens : Rs 400 par personne et Rs 200 pour les enfants. Entrée à Rs 900 pour les touristes et non-résidents.
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