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Maltraitance animale : le collectif passe de la marche à l’action
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Maltraitance animale : le collectif passe de la marche à l’action
Les organisateurs de la marche silencieuse entendent poursuivre leur mobilisation pour obtenir des actions concrètes. Photos: Vashish Sookrah.
Quelques jours après la marche silencieuse organisée dans les rues de Port-Louis pour dénoncer la maltraitance animale, les organisateurs dressent un premier bilan qu’ils jugent encourageant. Pour Rubina Jhuboo, l’une des responsables de l’initiative, la mobilisation marque une étape importante dans la lutte pour une meilleure protection animale à Maurice.
«Compte tenu des jeûnes en cours, je suis personnellement extrêmement satisfaite de la participation», confie-t-elle. Au-delà du nombre de participants, elle souligne surtout la présence de nombreux acteurs du secteur. «Ce n’était pas seulement des membres de la communauté engagée pour le bien-être animal et du public. La plupart des présidents d’ONG de protection animale étaient présents pour réclamer des changements, d’une seule voix. Cette unité est en soi une grande victoire.»
Elle salue également la couverture médiatique de l’événement, qu’elle considère comme essentielle pour faire avancer la cause. «Voir autant de médias parler de la situation est très encourageant et nous donne l’espoir de progrès sur cette question.» Pour autant, précise-t-elle, cette première action ne marque pas la fin du combat. «Nous sommes très satisfaits de l’initiative, mais nous n’allons pas nous reposer sur nos lauriers. La lutte contre la maltraitance animale est encore loin d’être gagnée.»
Une lettre adressée au Premier ministre
Dans la foulée de cette mobilisation, le collectif a soumis une lettre au Premier ministre, Navin Ramgoolam, afin de proposer des mesures concrètes pour faire face à la crise du bien-être animal. Parmi les principales recommandations figurent la mise en place de campagnes massives de stérilisation à l’échelle nationale, le recours à l’expertise de vétérinaires étrangers ainsi que le financement de programmes de contrôle des populations animales et de sensibilisation du public.
Le collectif réclame également des actions plus fermes contre les éleveurs illégaux et les auteurs de maltraitance animale, ainsi qu’une réforme des instances concernées afin d’y intégrer des personnes possédant les compétences nécessaires en matière de bien-être animal.
Le collectif insiste aussi sur la nécessité de solutions durables. «Nous voulons travailler avec le gouvernement et les différentes parties prenantes pour apporter des changements concrets et durables», explique Rubina Jhuboo.
Premières réactions des autorités
Si aucune mesure concrète n’a encore été annoncée, certaines déclarations officielles ont été faites dans les jours qui ont suivi la marche. Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, a indiqué publiquement qu’il n’était pas insensible à la mobilisation et a annoncé la tenue prochaine d’une réunion regroupant les différentes parties prenantes.
Il a notamment souligné la nécessité d’une action concertée et rappelé que la stratégie de «capture, stérilisation et remise en liberté» constitue une piste privilégiée, tout en appelant les propriétaires d’animaux à assumer leurs responsabilités. Il a également évoqué la mise en place d’un groupe de travail réunissant institutions publiques, ONG, collectivités locales et autres partenaires afin de dégager un consensus sur les actions à entreprendre.
De son côté, le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a évoqué la possibilité de faire appel à des experts internationaux pour aider à gérer la problématique des chiens errants. Il a reconnu que la situation représente un véritable défi et qu’elle nécessitera du temps ainsi que des investissements. Il a également insisté sur la responsabilité des propriétaires d’animaux et du public dans la gestion de cette problématique.
Un collectif prudent mais déterminé
Malgré ces annonces, le collectif reste prudent. «Nous ne nous contenterons pas de belles paroles si elles ne sont pas suivies d’actions concrètes et d’une véritable stratégie pour le bien-être animal», insiste Rubina Jhuboo. «En clair, le combat continue.»
Au-delà des actions attendues des autorités, la militante rappelle que la question de la surpopulation animale ne relève pas uniquement de l’État. «Si chaque citoyen faisait stériliser ses chiens et ses chats et assumait ses responsabilités envers ses animaux, la situation s’améliorerait considérablement», souligne-t-elle.
Pour le collectif, la marche silencieuse n’était qu’un point de départ. Les organisateurs entendent poursuivre leur mobilisation afin de maintenir la pression et obtenir des mesures concrètes face à ce qu’ils considèrent comme une urgence nationale.
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