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Protection de l’environnement marin des Chagos
Londres défend sa coopération avec Maurice
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Protection de l’environnement marin des Chagos
Londres défend sa coopération avec Maurice
■ Stephen Doughty, ministre d’État V. N. au «Foreign, Commonwealth and Development Office».
La capacité du gouvernement mauricien à protéger efficacement l’environnement marin de l’archipel des Chagos a été au cœur d’une série de questions adressées hier au gouvernement britannique lors de la Question Time à la Chambre des Communes. Interpellé sur l’évaluation menée par le Royaume-Uni quant à la capacité de Maurice à assurer la protection de cet espace marin stratégique, le ministre d’État au Foreign, Commonwealth and Development Office, Stephen Doughty, a souligné l’importance écologique exceptionnelle de la zone concernée. Selon lui, la Chagos Archipelago Marine Protected Area figure parmi «les environnements marins les plus importants au monde» et bénéficie d’une reconnaissance transpartisane au sein du Parlement britannique.
Le ministre a rappelé que le Royaume-Uni et Maurice se sont engagés conjointement à préserver cet écosystème. Il a confirmé qu’aucune pêche commerciale ne serait autorisée dans l’aire marine protégée, précisant toutefois que des niveaux limités de pêche artisanale seraient permis afin d’assurer la subsistance des communautés chagossiennes. Une pratique qu’il a qualifiée de compatible avec les objectifs de conservation de la nature. Stephen Doughty a également assuré que Londres travaille «étroitement» avec Maurice pour garantir le maintien de capacités de surveillance adéquates une fois que l’aire marine protégée entrera officiellement en vigueur.
Ces assurances n’ont pas convaincu tous les députés. Le conservateur Blake Stephenson a invoqué un rapport de l’université de Yale classant Maurice dernière pour la transparence de ses aires marines protégées et très mal notée en matière de biodiversité. Il a également mis en doute la capacité de Maurice à patrouiller la zone, estimant que le Royaume-Uni devrait inscrire la protection de l’environnement marin des Chagos dans la loi afin d’en préserver l’héritage.
En réponse, Stephen Doughty a réaffirmé que Maurice avait annoncé, le 3 novembre, la création officielle de l’aire marine protégée des Chagos et confirmé l’interdiction totale de la pêche commerciale dans l’ensemble de la zone. Il a insisté sur la coopération bilatérale en matière de surveillance et de protection environnementale, assurant que le gou- vernement britannique prenait ces enjeux «très au sérieux».
La question sécuritaire a également été soulevée par la conservatrice Priti Patel, qui, s’appuyant sur les récentes déclarations du président américain, a affirmé que la rétrocession des Chagos pourrait profiter à la Chine et à la Russie. Elle a aussi dénoncé un coût estimé à 35 milliards de livres sterling et une atteinte à la sécurité nationale ainsi qu’aux droits des Chagossiens.
Stephen Doughty a rejeté ces affirmations, qualifiant les chiffres avancés de «totalement infondés». Il a martelé que le Royaume-Uni ne compromettrait jamais sa sécurité nationale et que l’accord conclu vise précisément à garantir l’avenir à long terme de la base militaire conjointe américano-britannique de Diego Garcia. Le ministre a rappelé que l’accord bénéficie du soutien des partenaires du groupe Five Eyes ainsi que d’autres alliés internationaux, citant notamment une déclaration du secrétaire d’État américain en mai confirmant que l’administration Trump considérait l’accord comme garantissant une exploitation stable et efficace de la base pour les générations à venir.
Stephen Doughty a aussi indiqué que des discussions auront lieu dans les prochains jours avec l’administration américaine afin de rappeler la solidité de l’accord et les garanties qu’il apporte à la base militaire, se disant par ailleurs «surpris» par certaines déclarations de Donald Trump.
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