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L’Inde attire les étudiants mauriciens en médecine en quête de spécialisation
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L’Inde attire les étudiants mauriciens en médecine en quête de spécialisation
Étudier en Inde, oui mais dans quelles conditions et pour quoi faire exactement ? La question était au cœur du séminaire «Youth Futures: Academic and Economic Pathways – Empowering Youth for a Brighter Future», organisé le 20 février à l’auditorium Octave Wiehé, Réduit, par Sewa International Mauritius, en collaboration avec le hautcommissariat indien et l’université de Maurice. Officiellement, il s’agissait de présenter les bourses indiennes accessibles aux étudiants mauriciens. Dans un contexte de départ croissant des talents, les étudiants en médecine misent sur la spécialisation à l’étranger, avant un éventuel retour et surtout l’exposition clinique.
Présent à l’ouverture, le ministre de l’Enseignement supérieur, Kaviraj Sukon, a inscrit l’initiative dans une logique de mobilité estudiantine (student mobility). L’idée, a-t-il expliqué, n’est pas seulement d’envoyer des jeunes se former à l’étranger mais aussi de penser cette mobilité en lien avec les besoins nationaux. «Lorsque nous donnons l’opportunité d’aller étudier à l’étranger, nous réfléchissons toujours à la manière dont ces compétences pourront aider à résoudre des problèmes nationaux», a-t-il insisté.
Le ministre a également mis l’accent sur la recherche, qu’il juge centrale dans ce partenariat. Il a évoqué des équipes mauriciennes travaillant déjà de manière multidisciplinaire, en collaboration avec des institutions en Inde et ailleurs. Reste que la question demeure : comment structurer ces passerelles pour qu’elles répondent réellement aux ambitions et aux réalités professionnelles des étudiants mauriciens ?
Au-delà des discours officiels, le séminaire a aussi donné la parole à d’anciens bénéficiaires de bourses, notamment de l’Indian Council for Cultural Relations (ICCR). Tous ont décrit une expérience marquée par l’ouverture culturelle, la rigueur académique et une autonomie acquise loin de chez eux. Plusieurs ont rappelé que des générations de Mauriciens, formés en Inde, ont ensuite contribué au développement du pays.
Mais pour la nouvelle génération, notamment en médecine, l’enjeu est peut-être plus précis encore : trouver, dans cette coopération historique, un véritable levier pour accéder à une spécialisation compétitive et à une formation de pointe.
? Chirurgie, cardiologie, pédiatrie : des ambitions précises

Soomarchun Darshinee confie que le séminaire lui a permis de mieux comprendre les passerelles possibles après le diplôme.
À 23 ans, Soomarchun Darshinee, en troisième année de médecine, se dit attirée par les disciplines chirurgicales, notamment celles liées à la neurologie. La recherche médicale l’intéresse également. Si elle avait envisagé l’Inde avant d’entamer son cursus à Maurice, le séminaire lui a permis de mieux comprendre les passerelles possibles après le diplôme. «Cela m’a donné une vision plus claire des opportunités et des bourses disponibles», a-t-elle expliqué, estimant qu’une telle expérience pourrait renforcer sa formation clinique et académique.

Ravinash Soomarchun admet que l’idée d’étudier en Inde lui paraissait jusque-là difficilement accessible.
Comme elle, Ravinash Soomarchun, 22 ans, également en troisième année de médecine, voit dans l’Inde une opportunité qu’il n’avait pas pleinement mesurée auparavant. Passionné par la cardiologie et la chirurgie générale, il admet que l’idée d’étudier en Inde lui paraissait jusquelà difficilement accessible. Aujourd’hui, il se dit prêt à envisager son internat ou même sa spécialisation là-bas, évoquant l’ampleur des infrastructures médicales et le volume de cas cliniques susceptibles d’enrichir l’apprentissage.
? Entre hésitations et espoir de parcours structurés
Pour Adila Khan, 22 ans, qui aspire à se spécialiser en dermatologie, la réflexion reste plus nuancée. Si l’Inde figurait parmi ses options au départ, les frais élevés du privé, le nombre limité de places publiques pour les étudiants internationaux et certaines préoccupations personnelles l’avaient freinée. Elle estime toutefois que des parcours clairement structurés et mieux adaptés aux diplômés en médecine pourraient, à l’avenir, influencer significativement la qualité de la formation et les perspectives de carrière.
? La recherche comme moteur

Teeyanah Lutchman voit dans une formation en Inde l’opportunité d’accéder à des outils technologiques avancés.
Chez Teeyanah Lutchman, 22 ans, l’intérêt pour l’Inde s’inscrit dans une quête plus large : celle d’une formation spécialisée alliée à la recherche. Rêvant de devenir pédiatre, elle évoque l’inspiration reçue durant son enfance auprès d’un médecin attentif et bienveillant. Son intérêt pour l’oncologie, nourri par des expériences personnelles, l’oriente également vers la recherche scientifique. La bourse CV Raman Fellowship, axée sur les études avancées et la recherche, a particulièrement retenu son attention. Elle voit dans une formation en Inde l’opportunité d’accéder à des outils technologiques avancés et à un environnement académique stimulant, susceptible d’enrichir autant son parcours professionnel que personnel.
? La bourse ICCR en tête des préférences
Parmi les dispositifs présentés, la bourse ICCR – accessible via le portail A2A et basée sur le mérite – a suscité un intérêt marqué. Couvrant des programmes de licence, master et doctorat dans diverses disciplines, elle apparaît pour plusieurs étudiants comme la voie la plus adaptée pour entreprendre une spécialisation médicale dans un cadre académique structuré. Les intervenants ont rappelé que les candidatures se font exclusivement en ligne et que la sélection repose sur des critères académiques stricts.
Au-delà des modalités pratiques, le séminaire a surtout permis à ces futurs médecins de se projeter. Pour certains, l’Inde représente une extension naturelle d’un lien historique entre les deux pays. Pour d’autres, elle devient progressivement une option concrète pour accéder à une formation spécialisée et à une exposition clinique plus large.
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