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Festival de Marrakech

L'Etoile d'or décernée pour la première fois à un film marocain

3 décembre 2023, 07:28

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L'Etoile d'or décernée pour la première fois à un film marocain

Asmae El Moudir a décroché samedi 2 décembre l'Etoile d'or du festival international du film de Marrakech avec «Kadib Abyad» (La mère de tous les mensonges), une première pour un film marocain..

La réalisatrice marocaine Asmae El Moudir a décroché samedi 2 décembre l'Etoile d'or du festival international du film de Marrakech avec «Kadib Abyad» (La mère de tous les mensonges), une première pour un film marocain.

La réalisatrice de 32 ans explore dans ce documentaire le passé hanté de non-dits de sa famille et, au-delà, celui du royaume marocain pendant les «années de plomb» du règne de Hassan II.

Faute d'images d'archives, elle a imaginé un dispositif ingénieux en filmant une maquette du quartier de son enfance casablancaise ainsi que des figurines pour narrer ce passé familial, avec en arrière-plan les «émeutes de la faim», réprimées dans le sang, en juin 1981 à Casablanca.

«Je suis très contente de recevoir la première Etoile d'or pour le Maroc», a déclaré à l'AFP Asmae El Moudir après son sacre.

«Chaque société possède une vérité qui a été enterrée, brûlée, expurgée, effacée mais grâce à la mémoire collective, bien qu'imparfaite, nous préservons l'histoire qui ne peut être effacée par le biais du témoignage, la création et recréation», a dit Jessica Chastain, la présidente du jury, à propos du film qui avait remporté en mai le prix de la mise en scène dans la sélection Un Certain Regard, au festival de Cannes.

Le prix du jury a été décerné ex-aequo au réalisateur marocain Kamal Lazraq pour «Les meutes» et à la réalisatrice franco-algérienne Lina Soualem pour «Bye Bye Tibériade» qui retrace la vie de l'actrice franco-palestinienne Hiam Abbass.

«Ce prix est dédié à tous les Palestiniens qui tentent de trouver leur place dans le monde», a déclaré Lina Soualem dans un message enregistré, appelant à une «cessation des hostilités» dans la bande de Gaza où une guerre a éclaté en représailles à l'attaque sanglante du Hamas palestinien le 7 octobre sur le sol israélien.

C'est le film «Banel et Adama» de la réalisatrice franco-sénégalaise Ramata-Toulaye Sy qui a remporté la prix de la mise en scène.

Le prix d'interprétation féminine est allé à l'actrice bosnienne Asja Zara Lagumdzija pour son rôle dans «Excursion» et celui d'interprétation masculine à l'acteur turc Doga Karakas pour «Dormitory».

Ce palmarès marque la fin de la 20e édition du festival, organisée du 24 novembre au 2 décembre et marquée par la «sobriété» en raison de la guerre à Gaza.