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Meetings à Flacq et Rose-Belle
Les oppositions reprennent du terrain
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Meetings à Flacq et Rose-Belle
Les oppositions reprennent du terrain
La scène politique s’anime après plusieurs mois de calme relatif. Le Mouvement socialiste militant (MSM) tiendra son premier meeting depuis la débâcle des élections générales de novembre 2024, le mercredi 29 juillet à 17 heures à Flacq. Deux jours plus tard, le vendredi 31 juillet à la même heure, le leader du Reform Party, Roshi Bhadain, animera un nouveau meeting sur le parking du bazar de Rose-Belle. Deux rendez-vous politiques rapprochés qui relancent le débat sur les rapports de force à trois ans des prochaines élections générales.
Au sein du parti dirigé par Pravind Jugnauth, on insiste : la question d’une candidature n’est pas à l’ordre du jour. Ce meeting est présenté comme un point de départ pour la reprise des activités du parti, qui affirme être resté actif sur le terrain depuis sa défaite retentissante de 60 sièges à 0. Le MSM se défend de toute rivalité avec Roshi Bhadain et dit avoir volontairement respecté le récent rassemblement syndical.
Roshi Bhadain a annoncé un nouveau meeting pour le 31 juillet à Rose-Belle.
Pour Roshi Bhadain, ce nouveau rendez-vous à Rose-Belle, après celui de La Louise, vise à expliquer à la population la manière dont le gouvernement gère, selon lui, les finances publiques, peu après l’adoption du Finance Bill.
Interrogé sur le contexte, l’historien et observateur politique Jocelyn Chan Low est sans détour : «Le gouvernement est en perte de vitesse accélérée avec la question de la pension.» Il va plus loin en pointant directement le chef du gouvernement : «C’est le Premier ministre Navin Ramgoolam lui-même qui est en perte de vitesse.» Cette conjoncture profiterait selon lui à l’opposition, incarnée par un Roshi Bhadain remonté sur le devant de la scène – même s’il tempère aussitôt : «Jusqu’à preuve du contraire, Roshi Bhadain est urbain. Il ne peut pas aspirer à être Premier ministre en étant dans une circonscription urbaine.»
Une pré-campagne
L’historien relativise par ailleurs tout lien direct entre les deux meetings, rappelant que «tôt ou tard, Pravind Jugnauth allait remonter sur la scène politique», et resitue l’agenda électoral dans le temps long : «Nous sommes à trois ans des élections générales, mais en général, c’est deux à trois ans avant les élections que tout se décide à Maurice.» Le choix de Flacq s’expliquerait, selon lui, par une base historiquement forte du MSM dans la région, malgré la défaite de Pravind Jugnauth à Moka, et par des considérations logistiques facilitant la mobilisation.
L’ancien journaliste et observateur politique Yvan Martial replace, lui, ce regain d’activité dans une perspective plus large. Il rappelle qu’à l’époque du MMM naissant, dans les années 1970, les meetings politiques se comptaient par centaine chaque semaine à travers le pays, sans grands frais ni infrastructure, alors qu’aujourd’hui un simple rassemblement est traité comme un événement national.
Les membres du MSM s’activent notamment au marché de Flacq, à l’approche du meeting du 29 juillet.
Il s’étonne surtout qu’aucun meeting n’ait eu lieu depuis 2024 : «Ce qui était étonnant, c’est que depuis 2024, c’est le premier meeting qu’ils organisent. Moi, c’est l’absence des meetings qui m’interroge, pas le fait qu’il y ait un meeting.» Selon lui, les partis ne vivent que par la grâce de la couverture médiatique : «Ces partis n’existent que quand les journalistes leur donnent la parole. Si vous n’allez pas au meeting de Flacq, le meeting n’a pas lieu.»
Yvan Martial insiste sur la nécessité d’un ancrage permanent sur le terrain, au-delà des seules périodes électorales : «Un parti ne peut pas vivre six mois avant les élections.» Il conclut sur une note plus caustique à l’égard du discours politique en général : «Ce qu’ils disent aujourd’hui, c’est parce qu’ils sont dans l’opposition. S’ils étaient au gouvernement, ils auraient dit exactement le contraire. On ne dit pas sa pensée, on fait de la démagogie.»
Au-delà des postures respectives, ces deux meetings confirment une réalité largement partagée par les observateurs : à environ trois ans du scrutin, les grandes manœuvres politiques commencent traditionnellement à se dessiner. Reste à savoir si cette reprise sur le terrain se traduira par une dynamique durable pour le MSM et pour le Reform Party, ou si elle restera, comme le suggère Yvan Martial, un exercice de communication davantage tourné vers la presse que vers les électeurs eux-mêmes.
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