Publicité
Démission de Paul Bérenger
Le Premier ministre Navin Ramgoolam : «Les désaccords n’étaient pas majeurs»
Par
Partager cet article
Démission de Paul Bérenger
Le Premier ministre Navin Ramgoolam : «Les désaccords n’étaient pas majeurs»
La démission de Paul Bérenger comme Premier ministre adjoint continue à secouer la scène politique. Réagissant à cette décision, le Premier ministre Navin Ramgoolam a exprimé sa tristesse, hier soir, tout en affirmant avoir multiplié les efforts pour préserver l’alliance gouvernementale. Il s’est exprimé hier soir dans le JT de 19h30 de la Mauritius Broadcasting Corporation.
«Paul Bérenger a démissionné comme Premier ministre adjoint. C’est triste», a-t-il déclaré, rappelant que depuis novembre 2024, il avait tenté de trouver un terrain d’entente avec son adjoint sur des points de désaccord «non graves». Selon lui, la mission confiée par la population lors des dernières élections imposait une stabilité au sommet de l’État.
Le chef du gouvernement a insisté sur sa volonté de maintenir l’alliance, affirmant avoir fait preuve de patience et avoir fait plusieurs concessions. «Même lorsqu’il critiquait le gouvernement, je suis resté patient», a-t-il souligné.
Revenant sur leur dernière rencontre, le lundi 16 mars, Navin Ramgoolam a précisé que les divergences évoquées n’étaient «pas des points majeurs», tout en reconnaissant qu’il lui était «impossible» d’accéder aux demandes formulées par Paul Bérenger.
Navin Ramgoolam a également détaillé ses reproches à son ancien adjoint. Il lui reproche notamment d’avoir critiqué des ministres au sein même du gouvernement, en contradiction avec le principe de la responsabilité collective. «Je le lui ai dit de manière amicale», a-t-il précisé.
Autre point de friction : la divulgation d’éléments discutés au Conseil des ministres. Le Premier ministre estime que cette pratique n’était pas acceptable. Malgré ces tensions, il affirme avoir voulu «mettre tout cela derrière lui» afin de préserver une entente au sein de l’exécutif.
Le Premier ministre a également révélé les échanges intervenus dans les jours précédant la démission de son adjoint. Le mercredi 18 mars, un proche de Paul Bérenger l’aurait contacté pour lui faire part de son inquiétude, estimant que ce dernier «embarrassait tout le monde». Navin Ramgoolam dit avoir reconnu l’existence de critiques à ce sujet hors du gouvernement.
Le lendemain, jeudi 19 mars, Paul Bérenger l’aurait directement appelé pour évoquer les propos rapportés par la personne proche de lui. «Il m’a demandé ce que je voulais qu’il fasse», a expliqué le Premier ministre. À cette question, Navin Ramgoolam affirme lui avoir conseillé de ne pas démissionner, jugeant qu’il serait «bête» de quitter ses fonctions pour de telles raisons.
Cependant, en soirée, après une journée marquée notamment par les célébrations religieuses d’Ugadi et de Gudi Padwa, un nouvel échange entre les deux hommes a scellé la rupture. «Il m’a informé qu’il avait déjà pris sa décision et m’a souhaité bonne chance», a relaté le chef du gouvernement.
Malgré ce départ, Navin Ramgoolam tient à rassurer la population. Il a affirmé que «l’Alliance du changement reste intacte» et que le Mouvement militant mauricien (MMM) demeure au gouvernement. Une réunion a d’ailleurs été tenue plus tôt avec les députés du MMM, à l’exception de Paul et de Joanna Bérenger, ainsi que de Veda Baloomoody, actuellement à l’étranger mais le Premier ministre a précisé que celui-ci a pris contact avec lui.
«En tant que chef du gouvernement, je rassure la population : le travail continue», a insisté Navin Ramgoolam, appelant à la solidarité face aux défis à venir. Il a notamment évoqué les répercussions possibles de la situation internationale, en particulier la guerre au Moyen-Orient, tout en soulignant l’importance du soutien populaire pour faire face aux épreuves.
Publicité
Publicité
Les plus récents