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Point de vue
Le permis à points passe-t-il le bon message ? …Et le bon exemple ?
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Point de vue
Le permis à points passe-t-il le bon message ? …Et le bon exemple ?
Le permis à points est de retour ! Il va certes aider. Mais il ne résoudra certainement pas le problème des accidents de la route et notamment les accidents qui tuent.
Le respect du Code de la route est évidemment vital. La discipline aussi. Cependant, nous sommes dans un pays où le Code de la route gagnerait à être rendu au moins plus logique, avant que l’on ne réprime.
Comment motiver un automobiliste à respecter les limites de vitesse et les lignes blanches quand elles sont systématiquement bafouées par nos leaders politiques et leurs cortèges, par exemple ? Je comprends que l’on puisse être en retard. Ça arrive à tout le monde. Dans ce cas, pendant les arrêts de circulation, ou ayant le bénéfice d’un chauffeur, on envoie un texto d’excuse. Pour éviter une récidive, soit on se lève plus tôt, soit on est plus productif avec son temps pour éviter que les réunions ne s’éternisent, soit encore on prend moins de rendez-vous. Mais on ne doit pas continuer à donner le mauvais exemple et un message d’impunité, au risque d’enfanter des copistes qui rationaliseront aussi leurs incartades et leur non-respect d’un Code de la route supposément «pour tous».
Je ferai une seule exception et ce sera pour l’ambulance, pourvu que ce soit pour du sérieux et que ce ne soit pas à la suite d’une interpellation de la Financial Crimes Commission…
Quinze points sur trois ans, ça fait seulement cinq points par an ! Ça paraît extrêmement faible, surtout si les limites de vitesse ne sont pas sensées. Revisitez-les avant de punir ! Revoyez surtout les limites parfois absurdes du 60 km/h, particulièrement quand elles ne sont pas situées en quartier résidentiel, comme sur Terre-Rouge–Verdun ou entre CarreauLaliane et Beaux-Songes par exemple.
Autre considération : doit-on punir quand une limite de 60 ou de 80 km/h est dépassée de 15 ou même 25 km/h quand la route est libre, par exemple la nuit, après mettons 22 heures ? Rappelons seulement que le permis à points trop sévère avait mené, potentiellement, à des dizaines de milliers d’annulations de licence à la veille des élections de 2014 et que la promesse de son élimination était devenue un argument électoral probant.
Content d’apprendre que la conduite sous influence de l’alcool ou de la drogue mènera à une suspension directe de la licence. Content de voir que l’on pourra, sous certaines conditions, racheter des points. Mais pourquoi ne pas récompenser les bons conducteurs qui ne font PAS d’accidents et enlever des points à ceux qui en causent ? N’est-ce pas là, d’ailleurs, le nœud du problème ? Ceux qui n’ont jamais causé d’accidents, ayant récemment perdu leur «no claim bonus» chez certains assureurs, ne méritent-ils pas au moins deux points de crédit par année «sans accident» ?
Punir, d’accord ! Mais récompensons aussi ! Ça fera, en passant, le bonheur de l’électorat féminin et mettra peut-être au pas la testostérone (comment se fait-il donc que ce mot soit… féminin ? Mystère complet !).
En attendant les robotaxis qui causent bien, bien moins d’accidents (mais qui pourraient être rendus perplexes par la complexité – et parfois l’illogisme… – de nos réseaux routiers), je plains les chauffeurs dont c’est le métier de conduire ceux qui, dans leur véhicule, seront pressés de rentrer chez eux ou d’arriver à un rendez-vous sans trop de retard. Sauf s’ils travaillent pour les exemptés du système, bien sûr : ministres, commissaire de police et quelques autres, je suppose ?
Ce qui, une fois encore, ne favorisera sûrement pas la discipline des autres citoyens sur nos routes… Il faut donner le bon exemple, que diable !
Philippe A. Forget
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