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Suite aux propos de Bérenger
Le débat relancé sur le modèle «twin-peak» de la régulation financière
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Suite aux propos de Bérenger
Le débat relancé sur le modèle «twin-peak» de la régulation financière
Photo d'archives
Le vice-Premier ministre et leader mauve, Paul Bérenger, a exprimé samedi ses réserves à l’égard de Rama Sithanen, gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), estimant que la priorité, au retour du Premier ministre, Navin Ramgoolam, serait de «redresser la situation» à la BoM. Lors d’une réunion régionale à Mont Fertile, Bérenger a critiqué le cumul des fonctions de Sithanen à la tête de la BoM et de la Financial Services Commission (FSC). «Li pa bon ki Sithanen gouvern BoM ek FSC an mem tan. Mo pa satisfe ki li pe fer vizavi MIC», a-t-il déclaré, ajoutant que ce cumul alimente des tensions internes au sommet de la BoM.
Depuis des années, le modèle dit du «twin-peak», qui sépare la supervision bancaire (BoM) de celle des services financiers non bancaires (FSC), est contesté. Plusieurs anciens gouverneurs, dont Ramesh Basant Roi et Rundheersing Bheenick, ont dénoncé les «failles réglementaires» d’un système jugé fragmenté et inefficace. Ils estiment qu’unrégulateur unique permettrait une surveillance renforcée, plus de cohérence et une meilleure gestion proactive des risques.
L’exemple de Singapour
L’exemple de Singapour, avec son autorité monétaire intégrée (MAS), est souvent cité. Le pays combine supervision et développement du secteur financier dans une structure unique, évitant les chevauchements et les pratiques anticoncurrentielles. À Maurice, l’octroi par la FSC de licences de change – pourtant réservé par la loi à la BoM – a illustré ces dérives.
Bérenger a rappelé que la création de la FSC en 2001, lorsqu’il était ministre des Finances, avait été conçue comme un compromis, la présidence non exécutive étant confiée au gouverneur de la BoM pour limiter les risques. «Mais aujourd’hui, le cumul ne fonctionne pas», a-t-il insisté.
Malgré ces critiques, des sources proches de l’exécutif assurent que Navin Ramgoolam «garde toute sa confiance» en Rama Sithanen. Ancien ministre des Finances et architecte du secteur des services financiers globaux dès 1992, Sithanen est perçu comme un atout stratégique pour préserver la crédibilité internationale de Maurice.
Le débat de fond demeure : faut-il maintenir deux régulateurs distincts ou aller vers une fusion complète ? Pour l’heure, Bérenger hausse le ton, Ramgoolam temporise et Sithanen reste en poste.
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