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Rose-Hill
L’Atrium tire sa révérence, ouvrant la voie à la revitalisation urbaine
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L’Atrium tire sa révérence, ouvrant la voie à la revitalisation urbaine
■ Plus de 32 ans après son inauguration, le bâtiment Atrium sera démoli en 2026.
Autrefois qualifié de bijou architectural, le bâtiment Atrium, inauguré en grande pompe en janvier 1993, a marqué le paysage urbain de Rose-Hill. Toutefois, ce symbole de modernité est devenu au fil des années un véritable eye-sore et sa démolition est désormais programmée pour 2026.
L’Atrium, situé stratégiquement en face de la gare de Rose-Hill, dominait le centre-ville avec sa forme triangulaire distincte. Dans les années 1990, il était perçu comme le centre commercial le plus attractif de la région, grâce à ses nombreuses boutiques proposant des articles exclusifs et une passerelle emblématique, perchée plusieurs mètres au-dessus du sol, qui reliait directement le bâtiment à la gare d’autobus. Cette configuration facilitait l’accès et attirait une foule constante, faisant de l’Atrium un véritable cœur économique et social de la ville.
Mohamed Oodally, aujourd’hui âgé de plus de 75 ans et vendeur de journaux incontournable et emblématique de Rose-Hill, est un témoin privilégié de cette époque florissante. «À l’époque, c’était vraiment quelque chose de neuf et moderne. On avait tous un peu envie de découvrir ce qu’il y avait là-bas. Même la passerelle attirait beaucoup de gens», se remémore-t-il avec émotion.
■ Plusieurs Rosehilliens se souviennent de la grande époque de ce «eye sore». Même sa passerelle, démolie depuis, impressionnait dans les années 90.
Alain, habitant de Beau-Bassin, se souvient avec nostalgie de ses visites à l’Atrium lorsqu’il était enfant. «J’avais dix ans, ma maman m’y emmenait souvent pour voir les jouets chez Toys R Us. J’étais émerveillé par la diversité et la qualité des produits. Il y avait beaucoup de monde, une vraie effervescence. C’est dommage que ce centre commercial n’ait pas réussi à durer. Aujourd’hui, c’est une bonne chose que le bâtiment soit démoli, car il est devenu un lieu abandonné et très sale.»
Dans son apogée, l’Atrium réunissait un mélange dynamique de boutiques, bureaux et autres activités commerciales, dont la propriété était répartie entre de nombreux copropriétaires. Cependant, cette structure éclatée, alliée à une gestion difficile et au changement rapide des modes de consommation, a progressivement fragilisé le modèle économique du centre. L’absence notable de places de parking adaptées, dans une ville à forte densité et dépendante de la voiture, a également accentué l’exode des clients vers d’autres zones commerciales mieux équipées.
Au début des années 2000, la lente dégradation du bâtiment commençait à se faire sentir : des commerces ferment, l’entretien devient insuffisant et la situation financière se dégrade jusqu’à aboutir à un redressement judiciaire. Ce déclin est perçu avec tristesse par les habitants. «On avait un vrai centre de vie ici et, petit à petit, tout s’est effondré», regrette Fatima,une commerçante locale âgée de 62 ans.
En juin 2024, après une longue bataille juridique, l’État acquiert enfin le site par expropriation, mettant fin à une période de blocage qui empêchait toute réhabilitation. La mairie de Beau-Bassin–Rose-Hill a annoncé que la démolition de l’Atrium est prévue pour 2026, ouvrant la voie à un nouveau projet urbain.
Les perspectives pour l’avenir du site sont aujourd’hui au centre des discussions. Il est notamment question du projet associé au Metro Express avec la relance du projet del’Urban Terminal de Rose-Hill. Maisducôté de la ville, la priorité est tout d’abord la démolition du bâtiment. Des chutes de morceau de béton avaient nécessité l’installation de barrières la semaine dernière.
L’histoire de l’Atrium illustre ainsi les enjeux et les transformations urbaines auxquelles sont confrontées les villes en mutation. De symbole de la modernité des années 1990 à bâtiment abandonné, ce site incarne le défi d’adapter les espaces commerciaux aux évolutions économiques, sociales et écologiques, dans une volonté de réinventer l’urbanité de demain.Alors que Rose-Hill se prépare à tourner la page de l’Atrium, tous les regards sont désormais tournés vers l’Urban Terminal, avec l’espoir qu’il donne un véritable coup d’accélérateur à la revitalisation et au dynamisme de la ville.
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