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Ordonnance avant les fêtes
L’alcool tue lentement mais nous ne sommes pas... pressés
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Ordonnance avant les fêtes
L’alcool tue lentement mais nous ne sommes pas... pressés
Pour la nouvelle année, quelle plus belle tradition que celle de réunir toute la famille autour d’un repas de choix. Surtout en ces temps où la famille se disloque. Autre tradition moins reluisante, celle de se saouler. Le Mauricien aime consommer de l’alcool et toutes les occasions sont bonnes (mariage, piquenique, anniversaire...) pour s’empiffrer. 65 % des hommes consomment de l’alcool régulièrement et 42 % – chiffre en hausse – des femmes. Autre tradition les pots de... vin ! De nos jours, on met l’accent sur la drogue et moins sur ce fléau qu’est l’arak. Les conséquences sont connues : nombre élevé de décès, délire, asile, violence conjugale, crime, conduite en état d’ivresse (avoir un coup dans l’aile), accidents de la route. Ces deux dernières sont presque inévitables en fin d’année.
Tous les chemins mènent au... rhum, surtout après le travail, bien que bon nombre de tavernes ont fermé... boutique. Seuls les initiés savent où trouver le poisson corne grillé, gros piment et oignons accompagnant les topettes de rhum. Un véritable budget pour les plus démunis. Les fortes amendes ne semblent pas dissuasives. On ne compte plus les centres de réhabilitation, les hotlines ou les abonnés à l’asile. Maurice importe 62 millions de litres d’alcool par an.
?Les causes
Elles sont multiples et connues. Antécédents de père en fils, stress, manque de confiance en soi, échec professionnel, chagrins d’amour... On ne se contente plus seulement du rhum ou du whisky. Il n’est pas rare de rencontrer des éponges humaines. Tout comme les rayons de fromage, il en est de même pour les alcools, notamment le vin. Jetez un coup d’œil sur les rayons croulant de vins durant cette période festive : Bordeaux, Bourgogne, de France, d’Afrique du sud, d’Australie ; des cépages comme le Cabernet Sauvignon, le Merlot. On commence à picoler dès l’âge de 16 ans. L’alcool est responsable de 32 % des accidents de la route et de 60 % des violences conjugales.
Une fatalité qui ne date pas d’aujourd’hui. À l’époque, on consommait les vins locaux, comme La Clef, Pontac, Taragona... le whisky était un luxe et le champagne inabordable. On le remplaçait par un vin mousseux. Et, à la fin, il y avait toujours un vétéran pour entonner Je t’ai donné mon cœur. Ne pas oublier le rhum tilambic à 50 degrés. Du tord-boyaux. Les conséquences, elles aussi, n’ont pas changé. Cet alcool attaque le cœur, le cerveau, le foie, les reins, la santé mentale, la mémoire... de l’addiction sans que l’on s’en rende compte. Bonjour les hallucinations. Mais en cette période de fêtes, cette chronique vous fait un cadeau sous forme de conseils. Cadeau non empoisonné.
?Recettes avant de boire
Tout ce qui contient beaucoup de protéines réduit les effets de l’alcool ou les retarde. C’est le cas des œufs, des oats qui réduisent les dommages au foie. Les bananes qui ralentissent l’absorption et hydratent avec ses 75 % d’eau (cul sec !) ; le saumon – ce qui n’est pas donné – réduit l’inflammation du cerveau; le yaourt grec non sucré, les baies (amandes, fraises...), les asperges pour protéger le foie (sinon, c’est la… six roses) ; tout comme le pamplemousse, le melon d’eau hydrate avec ses 99 % d’eau; l’avocat retarde l’arrivée dans le sang ; le jus de betteraves... Faites votre choix.
Avant même d’ingurgiter la moindre goutte d’alcool, évitez plats épicés, chocolat, caféine, aliments salés comme potato chips, pain blanc. Sirotez de l’eau entre deux verres pour éviter la gueule de bois au réveil. Ces recettes permettent seulement de limiter les dégâts.
?Effets à court terme
L’alcool affaiblit le système immunitaire. Dès le premier verre de vin, on a mal à la tête. C’est le cas aussi pour la bière (ca... brasse !). Un ou deux verres pour une femme ; deux à trois pour un homme suffisent pour impacter la santé sur les plans physique et mental. À court terme, ça change l’humeur, le comportement, ralentit le débit de paroles, provoque nausée ou vomissement; prennent un coup l’audition, la vision et la perception; adieu la coordination, la prise de décisions ; bonjour les trous de mémoire ; surtout la déshydratation et ses conséquences, dont les funestes accidents.
?Sur le long terme
Les effets sont plus dangereux et durables. Les plus connus sont le changement d’humeur , l’ir r itabilité, l’insomnie ou les troubles du sommeil, la diminution du système immunitaire ; la libido et les rapports sexuels sont affectés ; l’appétit et le poids changent ; la mémoire et la concentration sont en régression; difficultés à se concentrer sur des tâches importantes, conflits au sein des familles; l’hypertension est en hausse...
La liste est longue. L’inflammation du pancréas et la cirrhose du foie, le taux élevé de sucre dans le sang, d’où le diabète ; des difficultés à s’exprimer oralement parce que le système nerveux central est atteint, la mémoire aussi ; finis les pensées claires ou des choix rationnels, comment réguler les émotions, le comportement en société ; à la longue le cerveau est endommagé. Vous en avez marre mais ce n’est pas fini. À long terme. Le système digestif est atteint (ulcère), la circulation du sang, les battements du cœur irréguliers, un AVC, les os et les muscles perdent de leur vigueur. Le système immunitaire est fragilisé (virus, pneumonie, tuberculose), et risques de cancer comme pour la cigarette... Perte du contrôle de soi sur le plan psychologique.
Il est difficile de s’en dépêtrer et encore plus de se faire désintoxiquer car, croit-on, quelques verres, ça n’est pas catastrophique. Voilà qui permet de décréter que ce ne sont pas seulement les couches sociales défavorisées, qui en sont victimes, mais aussi les couches supérieures. On les voit tous tituber, sauf que dans la bonne société, on engloutit de l’alcool plus raffiné. Il est même des corps de métier à ne pas citer, car ils renferment des alcooliques. Mais ils sont dans le déni. La paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le sien. Un cas connu, mais que l’on n’ose pas souvent soulever, celui de nos chers politiciens. Ils s’engueulent au Parlement, mais la réconciliation se fera autour de quelques bonnes bouteilles.
Observez les jeunes d’aujourd’hui. Ils suivent généralement l’exemple des parents. Outre les alcools très divers, certains mélangent même ces alcools avec de la drogue et ce, même dans les milieux huppés. Tout ça en se souhaitant «Bonne santé» et très bientôt «Bonne année». Et si seulement un seul du groupe s’abstenait pour raccompagner les éméchés, ça pourrait sauver des vies humaines. Hélas, ils ne sont guère nombreux à adopter cette consigne ô combien salutaire. L’alcool décime de nombreuses familles, toutes catégories sociales confondues. Un cercle vicieux. Tâchons de ne pas nous griser pour ne pas prendre de la... bouteille.
Avan bwar fini sou!
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