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Peros Banhos

La Cour prolonge l’injonction en faveur des Chagossiens

28 février 2026, 05:00

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La Cour prolonge l’injonction en faveur des Chagossiens

■ L’un des quatre Chagossiens présents sur l’île célébrant la décision de la Cour.

Selon le quotidien Conservative Post, un juge a décidé de maintenir l’injonction empêchant l’expulsion des quatre Chagossiens, de nationalité britannique et qui sont présents sur l’atoll de Peros Banhos dans l’archipel des Chagos. Cette décision leur permet de demeurer sur place dans l’attente d’une audience complète sur le fond de l’affaire. À l’issue des plaidoiries, la Cour a accepté des engagements formels confirmant qu’aucune mesure d’éloignement ne sera prise à ce stade. L’injonction en faveur des demandeurs chagossiens reste donc en vigueur jusqu’à la tenue de l’audience fixée au 13 mars, quand les arguments juridiques substantiels seront examinés.

Le tribunal s’est également penché sur les questions liées à l’accès d’un navire de soutien ainsi qu’à la présence de personnes arrivées par bateau. À la lumière des préoccupations soulevées, le juge a imposé des conditions spécifiques encadrant le bâtiment, notamment des limitations concernant le nombre de membres d’équipage et des précisions sur les qualifications requises. Ces mesures visent à assurer le respect de l’ordonnance judiciaire tout en tenant compte des considérations humanitaires et logistiques sur l’île. La Cour a reconnu l’importance du soutien humanitaire et du réapprovisionnement, tout en insistant sur la nécessité de contrôles clairs pour garantir la sécurité et une coordination adéquate. Lors de l’audience du 13 mars, les équipes juridiques devraient développer des arguments de fond relatifs aux droits du peuple chagossien, y compris des questions plus larges concernant le déplacement historique des habitants autochtones et la légalité de toute éventuelle expulsion future.

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Olivier Bancoult : «La communauté chagossienne n’a jamais soutenu une action militaire contre l’Iran»

Olivier Bancoult a vivement réagi aux déclarations attribuées à Misley Mandarin sur un éventuel droit d’utiliser Diego Garcia dans un contexte de conflit visant l’Iran. Le leader du Groupe Réfugiés Chagos (GRC) affirme que la communauté chagossienne ne partage en rien ces propos et s’en dissocie formellement. «Les gens savent que je représente la communauté chagossienne. Mo pa autoproklam mwa prezidan ou kouma lider», a-t-il déclaré face à la presse, reprochant à Misley Mandarin de s’être autoproclamé «First Minister» et de prendre position sans mandat. Il estime que ce dernier ne peut s’exprimer au nom des Chagossiens. «Li pa gagn drwa koz lor non kominote sagosien. Dayer li pa mandate.»

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Olivier Bancoult affirme que toute référence à l’utilisation de Diego Garcia dans un cadre militaire international va à l’encontre des principes défendus par la communauté. «Notre combat est basé sur la non-violence», rappelle-t-il, soulignant que les revendications chagossiennes reposent sur la justice, la dignité et le droit au retour; et non sur des considérations géopolitiques ou stratégiques. Il n’a pas ménagé ses critiques à l’égard de Misley Mandarin, qualifiant sa démarche de «one-man show» et estimant qu’il ne représente aucune position officielle.

Par ailleurs, le leader du GRC s’est présenté à la Cybercrime Unit du Central Criminal Investigation Department le jeudi 26 février, afin d’y consigner une plainte pour diffamation. Il vise notamment un internaute, actuellement à l’étranger, qui aurait tenu des propos jugés «hautement diffamatoires» lors d’un direct sur Facebook. Un autre individu est également cité dans sa déposition. Olivier Bancoult affirme que sa réputation, tant nationale qu’internationale, a été mise en cause. «Mo pa kapav aksepte ki dimounn vinn zet labou», car sa crédibilité et son honneur sont en jeu.

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Misley Mardarin : «Nous sommes revenus aux Chagos et nous ne partirons plus»

Dans un entretien accordé au Telegraph, Misley Mardarin qui se présente comme le «Premier ministre du gouvernement chagossien en exil» revendique un retour qu’il qualifie d’«officiel et permanent» aux Chagos. «We’ve returned to Chagos – and this time we are not going anywhere.» Plus tôt ce mois-ci, il affirme avoir débarqué sur l’île du Coin dans l’atoll de Peros Banhos, accompagné de trois autres Chagossiens, dont son père, expulsé dans les années 1960 et 1970.

Selon lui, cette initiative ne relève pas d’un simple coup médiatique. Il soutient qu’il s’agit d’une action visant à «réaffirmer les droits du peuple autochtone» et à revendiquer le droit à l’autodétermination inscrit dans la Charte des Nations unies. Le financement de l’opération aurait été assuré par Adam Holloway, ancien député britannique et ex-soldat, qu’il présente comme un soutien de longue date.

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Misley Mardarin critique également l’accord entre Londres et Port-Louis sur le transfert de souveraineté. Il affirme que les Chagossiens n’ont pas été consultés. «Aucun Chagossien n’était à la table des négociations», déplore-t-il, évoquant l’exclusion comme un rappel du déplacement forcé des habitants entre 1967 et 1973. Par ailleurs, il rejette toute idée d’intégration à Maurice, déclarant : «Nous ne sommes pas Mauriciens.»

Se définissant comme Britannique, il souligne que de nombreux Chagossiens ont servi dans les forces armées britanniques et possèdent des passeports britanniques. Il avertit qu’une expulsion constituerait «un nouveau crime contre l’humanité». Concernant Diego Garcia, il affirme que la présence américaine contribue à la stabilité régionale et assure que les Chagossiens ne souhaitent pas son départ, mais sa protection, tout en réitérant leur volonté de rester sujets de la Couronne britannique.

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