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La comparution de Jagai sous haute tension

15 août 2025, 06:00

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La comparution de Jagai sous haute tension

Le surintendant de police (SP) Ashik Jagai, ancien patron de la défunte Police Headquarters Special Striking Team (PHSST), a été reconduit à la Financial Crimes Commission (FCC) pour la continuation de son interrogatoire après sa comparution en cour de Port-Louis Sud, hier. L’enquête porte sur plus de Rs 86 millions de paiements jugés indus à des informateurs dans un potentiel détournement du Reward Money. Selon l’enquêtrice Arline Raymond, les investigations sont encore à un stade précoce. La déclaration initiale de l’accusé a été enregistrée, mais des témoignages de plusieurs protagonistes restent à recueillir. La cour a insisté pour que le SP Jagai ait accès à ses médicaments et que sa sécurité en détention soit assurée, comme demandé par son avocat, Mᵉ Raouf Gulbul.

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Lors de la comparution hier, l’ambiance à la New Court House de Port-Louis était électrique. Une heure avant son arrivée, le parvis de la cour ressemblait à un véritable camp retranché, avec boucliers antiémeutes, fusils en main et agents de la Special Support Unit cagoulés et alignés. La foule, compacte et vocale, comprenait Bruneau Laurette, le chanteur Raquel Jolicoeur et l’activiste Ivan Bibi, brandissant une photo de Jagai tout en scandant «Vander ! Voler !». L’avocat Akil Bissessur et l’activiste Ingrid Charoux observaient la scène avec attention, tandis que employés et avocats jetaient des regards discrets par les fenêtres des bureaux voisins, impressionnés par ce déploiement exceptionnel.

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Lorsqu’Ashik Jagai est apparu, sous forte escorte, la tension a atteint son paroxysme. Laurette a tenté de s’approcher, mais cela a déclenché une brève bousculade ponctuée d’insultes entre proches et curieux. Finalement, Laurette s’est excusé et le calme est revenu. Mais la foule continuait de scander «Voler! Vander!», tandis que le fils de Jagai et d’anciens membres de la SST observaient de loin. Après l’audience, soucieux de prévenir tout débordement, les policiers ont exfiltré Jagai par une porte arrière, en toute discrétion. Le dispositif a été renforcé pour assurer sa sécurité et il a été transféré au Moka Detention Centre, conformément aux instructions de la cour et à la demande de la défense.

Avantage personnel ?

Ashik Jagai fait face à trois chefs d’accusation distincts. Le premier concerne un paiement de Rs 7 millions recommandé le 25 novembre 2022, dans le dossier OB 39/2022, alors que le sergent Hossen n’était pas l’agent gestionnaire du dossier. Les enquêteurs voudraient comprendre pourquoi Jagai a validé cette réclamation, s’il en connaissait la nature frauduleuse et s’il en a obtenu un avantage personnel. Le second couvre la période d’août 2022 à février 2024, quand il aurait recommandé un paiement de Rs 65 890 000 alors que le montant légitime s’élevait à Rs 3 188 500.

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La FCC s’interroge sur le rôle du sergent Hossen et comment ces pratiques ont pu durer 18 mois sans éveiller de suspicion administrative ou comptable. Le troisième concerne la période d’avril à septembre 2024, où un paiement de Rs 17 301 000 aurait été validé au lieu de Rs 292 300, soulevant des questions sur de possibles complices externes ou internes à la police. Tandis que l’ACP Dunraz Gangadin se concentrait sur l’administration, Ashik Jagai dirigeait les opérations de terrain et les informateurs, possiblement fictifs, supposés être rémunérés par ces fonds. La FCC cherche toujours à déterminer si ces paiements ont bien été effectués et à identifier tous les bénéficiaires.

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