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Financial Crimes Commission

Koripsion? Non mersi!

11 décembre 2025, 18:00

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Koripsion? Non mersi!

La Financial Crimes Commission (FCC) a marqué, le mardi 9 décembre la Journée internationale contre la corruption par une conversation publique d’envergure à son siège au Réduit Triangle, en présence du président de la République, Dharam Gokhool, du Directeur des poursuites publiques (DPP), Abdool Rashid Ahmine, et de l’invitée d’honneur, la professeure sud-africaine Thulisile Madonsela. L’événement, placé sous le thème Fighting Corruption and other Financial Crimes – Advancing Social Justice, a donné le ton d’une semaine nationale de sensibilisation lancée sous un slogan volontairement percutant, «Koripsion? Non, mersi!».

La cérémonie a commencé par l’intervention du directeur général par intérim, Titrudeo Dawoodarry. Il a rappelé l’ampleur des défis auxquels la Commission est confrontée : 2 500 enquêtes actives pour un montant estimé à Rs 32 milliards, incluant des avoirs évalués à Rs 9,9 milliards, alors que les ressources humaines de l’institution demeurent limitées. Pour lui, la lutte anticorruption doit être reconstruite sur un socle plus large que l’investigation punitive : «Éduquer les plus jeunes est essentiel si l’on veut vraiment briser le cycle», a-t-il insisté.

Un débat, animé par l’avocate fiscaliste Johanne Hague, avec un panel réunissant la professeure Madonsela et le DPP, a suivi. À une question sur la perception que les grands fraudeurs parviennent à se défendre grâce aux meilleures équipes juridiques, le DPP a tenu à la corriger : «C’est une perception. Ce qui compte réellement, c’est la solidité des preuves. Ce sont les éléments fournis par l’enquête qui déterminent l’issue d’un procès.»

Thulisile Madonsela, Protectrice du peuple en Afrique du Sud et figure internationale de l’intégrité publique, a pour sa part rappelé le lien organique entre corruption et injustice sociale. «La corruption n’est pas seulement un délit. C’est d’abord une injustice sociale. Le corrompu reçoit ce qu’il ne mérite pas, tandis que l’honnête citoyen perd ce qui lui revient.» Elle a évoqué les opportunités perdues, les services publics affaiblis et le sentiment d’exclusion qui découlent de ces dérives : «Quand les plus puissants peuvent contourner la justice et que ceux qui n’ont pas les moyens perdent leurs batailles en cour, le système cesse d’être juste.» Elle a souligné la nécessité de placer les bonnes personnes aux bons postes et d’utiliser des outils technologiques modernes, citant l’intelligence artificielle ou la blockchain, pour renforcer la transparence.«Il ne suffit pas de réformer le système, encore faut-il y mettre des personnes intègres, compétentes et surtout respectées. Si ceux qui nomment ne respectent pas les institutions, rien ne fonctionne.»

C’est dans ce contexte que l’intervention du président de la République, Dharam Gokhool, a particulièrement retenu l’attention. «Les petits poissons passent dans les mailles du filet, mais où sont les grands requins ?», a-t-il lancé, posant publiquement une question qui traverse l’opinion depuis plusieurs années. Selon l’ancien ministre, aujourd’hui chef de l’État, cette frustration populaire «menace directement la confiance du public dans nos institutions». Pour lui, les réformes annoncées – création d’une National Crime Agency, cadre légal pour le financement des partis et introduction d’un Ethics and Integrity Commissioner – doivent s’accompagner d’une application «sans peur ni faveur» pour avoir un impact réel. Le président a également profité de la tribune pour présenter la corruption comme un «vol envers les plus vulnérables» et une rupture du pacte moral qui fonde une nation. «Quand l’intégrité progresse, la légitimité du gouvernement se renforce. Quand la corruption prospère, l’injustice et les inégalités s’aggravent.»

Les interventions ont fait écho à celles de Laura Jaymungul, directrice de Transparency Mauritius, qui alerte sur l’évolution des pratiques. Selon elle, les petites formes de corruption autrefois banalisées disparaissent progressivement pour laisser place à des crimes financiers d’une tout autre ampleur. Elle regrette l’absence d’une stratégie nationale cohérente et plaide pour un enseignement civique structuré dès le plus jeune âge afin «de transformer durablement les mentalités».

Cette journée de réflexion a lancé une série d’activités prévues par la FCC, dont un atelier national hier, un forum dédié à la jeunesse aujourd’hui et une mission de proximité à Rodrigues en fin de semaine. L’objectif, répété à chaque intervention, reste le même : restaurer la confiance, renforcer la transparence et remettre l’intégrité au cœur du contrat social mauricien.

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