Publicité
Interview
Jevin Awotar : « J’apprécie les méthodes classiques, mais j’y ajoute une touche de modernité »
Par
Partager cet article
Interview
Jevin Awotar : « J’apprécie les méthodes classiques, mais j’y ajoute une touche de modernité »
L’entraîneur Jevin Awotar savoure un début de carrière prometteur. Sa toute jeune écurie a décroché sa première victoire dès sa troisième participation. Dans l’entretien qu’il nous a accordé cette semaine, il revient sur le succès de Gang Leader, évoque sa formation en Afrique du Sud et partage ses ambitions pour l’avenir.
?Vous avez remporté votre première victoire avec Gang Leader, seulement votre troisième engagement en tant qu’entraîneur. Cela doit être une grande source de satisfaction pour vous…
Je suis bien sûr très heureux, non seulement pour moi, mais aussi pour toute l’équipe à l’écurie. C’est vraiment un travail d’équipe qui a porté ses fruits. C’est un projet que nous avons lancé en août, lorsque nous avons commencé à entraîner les chevaux et c’est gratifiant de pouvoir en récolter les fruits aussi rapidement.
?Lorsque vous avez commencé à entraîner vos chevaux en août, vous attendiez-vous à décrocher une première victoire aussi tôt ?
Oui, d’une certaine manière. Nous avions de bonnes sensations avec nos chevaux: ils travaillaient bien, mangeaient bien et leurs prestations matinales étaient très satisfaisantes. On savait qu’avec un peu de chance, une première victoire n’était pas hors de portée.
?Parlez-nous de cette victoire de Gang Leader. Étiez-vous confiant en ses chances ?
Nous avions un silent hope avec Gang Leader. Il avait réalisé une rentrée prometteuse sur 990m, terminant quatrième derrière des jeunes chevaux comme Mystic Majesty et Mystery Cache, ce dernier ayant terminé deux fois deuxième cette saison. C’était une performance très encourageante après une année d’absence. Bien sûr, nous respections beaucoup Unsung Hero et Royal Port Louis, mais nous savions que nous avions notre chance.
?On remarque que vous avez toujours fait confiance à Pravesh Horil depuis vos débuts. Est-il votre jockey attitré ?
Non, pas officiellement. Mais nous avons un arrangement avec lui : il nous donne la priorité pour ses montes. Pravesh est avec nous depuis le début, il nous aide énormément à l’entraînement. C’est un travailleur acharné et cette victoire est aussi la récompense de ses efforts. Je suis très heureux pour lui.
?Jameer Allyhosain vous a également rejoint en tant qu’assistant entraîneur. Quel est son rôle au sein de votre écurie ?
Jameer m’avait contacté dès le début pour rejoindre l’écurie en tant qu’assistant. Il avait des soucis de poids qui l’ont empêché de poursuivre sa carrière de jockey, mais il souhaitait rester dans le milieu des chevaux en se tournant vers l’entraînement. Il a une solide expérience de plus de dix ans, et je pense sincèrement qu’il est un atout précieux pour notre équipe.
?En tant que jeune entraîneur, quelles difficultés avez-vous rencontrées pour lancer votre écurie ?
Pour être compétitif, il faut avoir de jeunes chevaux. Or, ces chevaux coûtent très cher, notamment à cause du fret qui est exorbitant. Certains chevaux arrivent à Maurice avec un coût de fret avoisinant les Rs 800 000. Malheureusement, il n’existe aucun soutien pour couvrir ces frais, et en plus, on doit payer la TVA dessus. Je pense que le gouvernement devrait envisager un système d’aide ou de subvention pour le fret afin d’encourager les nouvelles écuries.
?Beaucoup de turfistes ne connaissent pas votre parcours en Afrique du Sud. Pouvez-vous nous en dire plus ?
J’ai travaillé pendant cinq ans chez Brett Crawford à Cape Town, où j’ai commencé comme employé d’écurie avant de devenir assistant-entraîneur. J’ai même passé avec succès mes examens d’assistant et d’entraîneur en Afrique du Sud. Malheureusement, il est devenu de plus en plus difficile d’obtenir un visa de travail pour y rester. Sinon, j’aurai volontiers prolongé mon expérience là-bas.
D’ailleurs, Karis Teetan et feu Nooresh Juglall ont connu les mêmes difficultés. J’ai aussi eu l’opportunité d’accompagner Whisky Baron en Angleterre, lorsqu’il était entraîné par Brett Crawford.
?Vous avez travaillé avec deux entraîneurs d’expérience, Brett Crawford et Ricky Maingard. Comment définiriez-vous votre style d’entraînement ?
Ricky Maingard est un entraîneur à l’ancienne, un old school trainer. Brett Crawford aussi, mais avec une certaine ouverture à la modernité. Pour ma part, je me situe dans cette même lignée : j’apprécie les méthodes classiques, mais j’y ajoute une touche de modernité. Aujourd’hui, il existe de nombreuses innovations technologiques, comme les moniteurs de performance, qui nous donnent des données précieuses sur la condition physique des chevaux. Ces outils permettent d’affiner nos entraînements et d’optimiser les performances.
?Quels sont vos objectifs à long terme ?
Notre premier objectif est de constituer un effectif compétitif. Il nous reste encore quelques postes clés à pourvoir. J’aimerais profiter de cette occasion pour lancer un appel aux aspirants propriétaires : si vous estimez que le MTC Jockey Club fait un bon travail, je vous invite à venir soutenir les courses hippiques. Pas nécessairement à travers mon écurie, mais en collaborant avec l’ensemble des écuries. Il est essentiel que les courses mauriciennes retrouvent l’élan et l’enthousiasme qu’elles avaient avant la période du Covid.
Publicité
Publicité
Les plus récents