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Giuliano Eneo De Fari, un Italien soucieux d’écologie
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Giuliano Eneo De Fari, un Italien soucieux d’écologie
L’Italien Giuliano Eneo De Fari vit à Maurice depuis 2017. Même s’il n’a jamais demandé la nationalité mauricienne, il aime ce pays comme si c’était le sien. Son cœur fait mal de réaliser que les eaux usées finissent souvent dans les fosses septiques et, de là, dans la mer, et que celles industriellement traitées par produits chimiques sont rarement analysées à la sortie pour vérifier qu’elles sont conformes à l’«Environment Protection Act» de 2002. Cet ingénieur civil représentant Bio-Microbics Inc, société américaine traitant les eaux usées par le système biologique «Fixed Activated Sludge Treatment» (FAST), sait que ce système est LA solution.
Cet Italien est originaire de Pola, ville située sur la presqu’île au Nord de la mer Adriatique. Il a étudié à l’université de Bologne, se spécialisant en construction hydraulique avant d’intégrer la société italienne de construction générale Cogefar qu’il a dirigée à l’étranger en tant que directeur régional. À un moment, les services de cette société ont été requis à Maurice et c’est ainsi que Giuliano Eneo De Fari a débarqué dans l’île en 1980. Le chômage y battait son plein mais il a trouvé du personnel qualifié pour l’épauler. Cogefar a notamment mis en place le barrage de Diamamouve Montagne-Blanche, la centrale hydraulique de Ferney et le tunnel qui connecte le réservoir à Ferney. Il a passé cinq ans à Maurice où il a rencontré une belle Mauricienne qu’il a épousée.
Cogefar a été appelée en Tanzanie et le couple De Fari s’est installé à Dar es Salam. Giuliano Eneo De Fari a entraîné dans son sillage plusieurs travailleurs mauriciens et ensemble, ils ont construit la station hydroélectrique de Mtera, à côté de la capitale Dodoma, plusieurs kilomètres de chemin de fer, une route d’accès jusqu’à la papeterie de Mufindi située à 1 800 mètres, le port de Zanzibar et l’aéroport. Il supervisait à la fois quatre chantiers, dirigeait 600 expatriés et 2 000 ouvriers tanzaniens. De 1985 à 1988, il a été directeur régional de Cogefar pour l’Afrique de l’Est. Puis, il s’est mis à son compte, créant la société Lageco. Les De Fari ont passé au total sept ans en Tanzanie avant de vendre Lageco, plier bagage et retrouver l’Italie et plus précisément Milan où Giuliano Eneo De Fari a obtenu un contrat pour la construction du métro.
Mais l’Italien avait déjà contracté le virus du voyage et après cinq années à Milan, il a accepté la proposition d’un ami pour aller gérer un projet au Liban. Lui et son épouse se sont installés à Beyrouth et il a été étonné de voir que malgré la longue guerre qui ébranlait ce pays, le peuple libanais était heureux. «Les Libanais sont des personnes extraordinaires. Malgré le conflit qui s’éternise, on y sent un esprit de renaissance», raconte-t-il en souriant à cette évocation. Son escale profes- sionnelle au Liban a duré… 20 ans. Il gérait surtout des projets de traitements d’eaux usées et d’adduction d’eau.
Malgré son amour pour le Liban, la famille De Fari a fini par regagner Maurice en 2017. Comme Giuliano Eneo De Fari déteste se tourner les pouces, il a accepté la proposition de la société Bio-Microbics Inc., basée à Lenexa City, Kansas, aux EtatsUnis, d’être le représentant exclusif à Maurice et dans les pays de la région, des systèmes de traitements des eaux usées de façon biologique et pour cela, Giuliano Eneo De Fari a enregistré une compagnie à son nom, soit l’Austral Environment Ltd (AEL).
Traitements des eaux usées
Il est convaincu du bien-fondé de ces systèmes de traitement d’eaux usées qui utilisent l’air comprimé à haute pression génèrent un airlift et le soulèvement force l’eau usée à travers une unité à nid d’abeille, qui avec un rapport surface/volume très élevé (350 m2/m3) permet de maintenir une bonne croissance bactérienne sur le module FAST, et la formation rapide de biomasse à plein bénéfice de l’efficacité du traitement. Cette unité, le FAST Media Module, est fixée et suspendue, entièrement immergée, dans le réservoir de traitement, qui n’a pas de composants mécaniques en mouvement et qui est placé, soit sur le sol ou en sous-sol pour éviter tout impact visuel.
Que propose au juste Bio-Microbics Inc. ? Cette société américaine propose plusieurs systèmes de traitements biologiques des eaux usées par le biais de divers produits, chaque produit étant conçu pour satisfaire les différentes demandes du marché international et à différentes échelles de grandeur, soit les petits systèmes pour villas et bâtiments (de 1 à 50 m3/ jour) utilisant les unités RetroFASTMicroFAST, les grands systèmes pour municipalités, villages (de 50 à 600 m3/ jour) utilisant les unités High StrengthFAST-Lixor-SaniTee, les systèmes les plus complexes pour des centres commerciaux et industriels (de 600 à 7 500 m3/jour) utilisant les unités MyFAST-Lixor-BioBarrier-SaniTee et aussi le LagoonFAST pour l’aération des étangs et des petits bassins.
Parmi les polluants de l’eau, il y a aussi le Fat Oil and Grease (FOG) et dans le système de traitement biologique standard de l’eau usée, ce FOG ne doit pas être supérieur à 10 mg par litre car autrement, le traitement biologique des eaux usées ne fonctionne pas. Bio-Microbics Inc. a une solution pour ce FOG aussi et elle passe par des dégraissants (degreaser) individuels comme industriels. «Chaque unité du système FOGHog de Bio-Microbics Inc. réduit à 90 % le FOG. Pour chaque demande, les produits de Bio-Microbics Inc ont une solution.» A la sortie, l’eau traitée par le système américain peut être utilisée pour le lavage des voitures, l’arrosage des plantes et même du gazon.
De concert avec Resiglas, un premier système RetroFAST 0.250 pour le traitement de 1m3/jour a été installé dans un réservoir de Resiglas modifié et il a été proposé comme un produit Made in Mauritius mais malheureusement le dumping des produits chinois, même s’ils sont moins performants également en termes de qualité de construction, est un obstacle économique. Les systèmes FOGHog produit par Bio-Microbics Inc. ont prouvé leur efficacité à Bakwa Lodge à Rodrigues car avec l’installation des dégraissants Bio-Microbics, il a été possible de réduire le FOG de 550 mg/ litre à 10 mg/litre en permettant le bon fonctionnement de l’unité de traitement biologique MicroFAST installée.
Giuliano Eneo De Fari confirme que sa société AEL, avec Bio-Microbics Inc., est prête à participer à des appels d’offres pour des systèmes de traitement d’eaux usées techniquement complexes en termes de volume et de contamination des eaux usées. Il faudra trouver un contracteur local intéressé à prendre en charge la partie travaux civils et AEL/Bio-Microbics Inc pourraient s’occuper de l’installation et de la formation du personnel.
Bien que Maurice ne soit pas son pays natal, il l’aime tout comme. Et cela le désole de voir éventuellement l’île se dégrader. «Maurice a besoin de soigner son écologie. Il y a beaucoup à faire sur place. Il y a de bonnes sociétés, qui ont des produits performants mais pour les systèmes très complexes, la méthodologie purement biologique n’est pas considérée et pour le traitement des eaux usées, les produits chimiques sont largement utilisés. Une procédure d’analyses standards pour le contrôle de la qualité de l’eau traitée à la sortie, que ce soit au niveau domestique, industriel que touristique, serait très bénéfique pour l’environnement de Maurice et à l’avantage absolu de ses habitants.»
Giuliano Eneo De Fari a parfois l’impression de prêcher dans le désert. Vraiment, nul n’est prophète en son pays. Et plus encore lorsque celui-ci est d’adoption…
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