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Procès de Darren l’Activiste
Gangadin et Jagai soumis à un feu roulant de questions
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Procès de Darren l’Activiste
Gangadin et Jagai soumis à un feu roulant de questions
Dominique Seedeeal est poursuivi pour une allégation de «drug planting» sur Facebook.
?Une vidéo pouvant être décisive attendue
Le procès de Dominique Seedeeal, alias Darren l’Activiste, s’est poursuivi, hier, mercredi 27 août, devant la cour intermédiaire. L’audience a été marquée par l’audition des deux témoins principaux, l’assistant commissaire de police (ACP) Dunraz Gangadin et le surintendant (SP) Ashik Jagai, ainsi que d’un inspecteur de police à la retraite venu confirmer l’authenticité d’un enregistrement effectué dans le cadre d’une enquête officielle.
Au cœur du dossier se trouve l’allégation prononcée en direct par Dominique Seedeeal devant les Casernes centrales, formulée en créole et reprise dans les procès verbaux : «Jagai finn met ladrog kot Akil Bissessur.» C’est cette allégation de drug planting qui a prévalu comme toile de fond des débats d’hier, une accusation explosive, qui touche non seulement à l’honneur des policiers témoins, mais aussi à la crédibilité de la Special Striking Team (SST), créée début août 2022 et pointée, depuis, par de multiples voix critiques.
La séance a débuté par l’examen de l’inspecteur retraité, dont le témoignage, technique et précis, a servi à établir la fiabilité des enregistrements remis à la cour. Il a confirmé que les procédures suivies lors de l’enquête initiale respectaient les normes officielles, permettant ainsi de poser un cadre crédible pour l’audition des témoins.
L’ACP Gangadin a ensuite été entendu. À la barre, il a expliqué que les propos tenus par Darren l’Activiste sur Facebook avaient porté atteinte à son intégrité professionnelle et à celle de son équipe. Il a affirmé avoir été affecté personnellement par les accusations publiques de drug planting et a insisté sur le préjudice causé à sa réputation et à celle du SP Jagai.
La défense, représentée par Me Sanjeev Teeluckdharry, a immédiatement élargi le débat en abordant les démêlés judiciaires de Gangadin, notamment une enquête pour blanchiment d’argent dans l’affaire de Reward Money. Des questions ont également été posées sur le jugement rendu en 2023 par la cour de Bambous, qui avait qualifié d’«arbitraire» l’arrestation d’Akil Bissessur. Gangadin a indiqué n’avoir eu aucune connaissance de cette décision à l’époque, ce qui a occasionné un échange tendu sur la contextualisation des propos de Darren l’Activiste.
Le surintendant Jagai a été interrogé par la poursuite immédiatement après. À la barre, il a rejeté toutes les accusations de drug planting et a nié toute implication dans des arrestations arbitraires. Il a néanmoins confirmé qu’il était sous enquête provisoire pour blanchiment d’argent dans l’affaire de Reward Money et qu’il s’était présenté à plusieurs reprises devant l’Independent Police Complaints Commission à la suite de plaintes déposées contre lui.La défense a soulevé la question de la crédibilité du SP Jagai, rappelant que des enquêtes et des plaintes officielles existaient à son encontre. Ashik Jagai a répondu avec fermeté, qualifiant les questions de la défense de tentatives de le discréditer mais ses réponses, parfois évasives, ont permis à l’avocat de Dominique Seedeeal d’indiquer des zones d’ombre dans le dossier des plaignants.
Plusieurs échanges ont été particulièrement tendus. Me Teeluckdharry a questionné Gangadin et Jagai sur les procédures entourant l’arrestation d’Akil Bissessur et de Darren l’Activiste, la justification des enquêtes et les motifs présumés derrière la création de la SST. Ashik Jagai a reconnu avoir participé à des opérations mais a nié tout usage de la SST à des fins politiques ou de pression. Il a insisté sur le fait que toutes les actions de son équipe sont légales et que les accusations formulées par Darren l’Activiste relèvent d’une «propagande mensongère». La poursuite a tenté à plusieurs reprises de limiter la portée des questions de la défense, arguant qu’elles s’éloignaient du cadre de l’accusation de violation de l’Information and Communication Technologies Act (ICTA). La magistrate a toutefois tranché en faveur de la défense, rappelant que la crédibilité des témoins constitue un élément central du procès et que la défense pouvait interroger l’ACP Gangadin et le SP Jagai sur leurs enquêtes en cours, leurs antécédents et les plaintes déposées contre eux. Ce ruling a été considéré comme une victoire procédurale pour la défense et a permis d’approfondir l’examen des témoins.
Incohérences
La séance a également été ponctuée de précisions sur les procédures de dépôt de plaintes et de collecte de preuves. L’ACP et le SP ont été questionnés sur les détails des enregistrements d’enquête, les instructions données à la Criminal Investigation Division et les dates exactes des déclarations. Les discussions ont mis en évidence certaines incohérences et zones d’ombre dans le dossier des témoins, renforçant l’argumentaire de la défense.
La magistrate a enfin précisé le calendrier de la suite du procès. L’avocat Akil Bissessur sera convoqué comme témoin, sa déposition étant attendue pour éclairer le tribunal sur les circonstances entourant les arrestations et les enquêtes. La projection de la vidéo live remise par Darren se fera le 15 septembre, et tous les témoignages précédents serviront de référence pour évaluer le contenu et la portée de cette séquence.
L’audience d’hier a démontré un procès qui dépasse largement la simple affaire d’infraction à l’ICTA. Entre témoignages techniques, questions pointues de la défense et ruling de la magistrate autorisant l’examen approfondi des témoins, le dossier met en lumière les tensions entre liberté d’expression, crédibilité des forces de l’ordre et responsabilité institutionnelle.
Le procès se poursuit ainsi sur un terrain complexe, où chaque élément – témoignages, antécédents des plaignants, enregistrements officiels et procédures judiciaires – sera scruté. La vidéo qui sera projetée le mois prochain pourrait peser lourd dans l’appréciation de la cour.
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