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Services bancaires
Faciliter l’accessibilité aux malvoyants et aux aveugles
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Services bancaires
Faciliter l’accessibilité aux malvoyants et aux aveugles
Les personnes aveugles et malvoyantes continuent de faire face à de nombreux obstacles lorsqu’elles tentent d’accéder aux services bancaires. Robeensing Baboolall, nommé président à temps partiel du Lois Lagesse Trust Fund (LLTF) en septembre dernier, affirme bien connaître ces difficultés, tant pour les avoir vécues que pour en avoir été témoin auprès d’autres personnes concernées.
«De par mon expérience, je peux affirmer que 100 % des personnes aveugles ou malvoyantes à Maurice rencontrent des difficultés, voire des discriminations, lorsqu’elles se rendent dans une banque, que ce soit pour effectuer des retraits ou accéder à d’autres services», explique-t-il. Il rappelle qu’aucune loi n’interdit à une personne aveugle d’ouvrir un compte bancaire. Les banques sont légalement tenues de fournir leurs services à tous les individus, quelles que soient leurs capacités physiques, afin de leur permettre de participer pleinement au système financier et de gérer leur argent en toute sécurité.
Robeensing Baboolall soutient qu’en tant que président du Trust Fund, lui-même et le viceprésident, tous deux aveugles, doivent signer des documents officiels, notamment des chèques. Lors de leur première démarche auprès d’une banque précise, ils se sont heurtés à un refus catégorique de la part de l’institution, qui ne voulait pas accepter leurs signatures. Ce n’est qu’après de longues négociations avec la direction de la banque et l’intervention du ministère concerné qu’ils ont finalement obtenu l’autorisation de devenir signataires du fonds.
Le président à temps partiel du LLTF précise que cette banque était la seule à se montrer réticente à permettre à des personnes en situation de handicap d’être signataires, contrairement à d’autres institutions, qui proposent des services plus accessibles. Il souligne également les difficultés rencontrées par les personnes ayant un handicap visuel pour accéder aux guichets automatiques (ATM) et à d’autres services bancaires. Selon lui, les outils technologiques existants ne sont pas toujours pleinement exploités par les banques pour faciliter l’inclusion financière des personnes en situation de handicap.
? Manque d’accompagnement par le personnel
L’un des principaux défis évoqués concerne la signature, qui peut manquer de constance chez certaines personnes aveugles, rendant parfois l’authentification des transactions plus complexe. Pour limiter les risques, les banques doivent donc faire preuve d’une vigilance accrue et mettre en place des procédures adaptées. Étant donné que ces clients dépendent souvent de l’assistance d’un tiers, il est essentiel de garantir la sécurité de leurs comptes.
À ce sujet, notre interlocuteur souligne, à juste titre, qu’une personne qui utilise la même signature depuis l’âge de 18 ans n’est pas toujours en mesure de la reproduire à l’identique après plusieurs années, une difficulté à laquelle même les personnes sans handicap sont confrontées. «Bien que le gouvernement ait mis en place des politiques visant à garantir l’accès bancaire aux personnes en situation de handicap, leur application reste souvent insuffisante», déplore-t-il.
Il raconte avoir déjà accompagné une personne aveugle à la banque et avoir constaté que celle-ci avait besoin d’un soutien constant pour effectuer une simple transaction, mettant en lumière le manque d’accompagnement de la part du personnel bancaire. Il critique notamment l’absence d’assistance lors des retraits ou de démarches élémentaires comme le remplissage de formulaires et qui deviennent alors de véritables obstacles.
Malgré les efforts de certaines banques pour instaurer des dispositifs inclusifs tels que des comptoirs dédiés aux personnes âgées ou en situation de handicap, Robeensing Baboolall évoque une certaine réticence de la part des employés à fournir des informations utiles, souvent sous prétexte de règles de confidentialité. Cette attitude complique davantage l’accès aux services bancaires pour les personnes ayant des besoins spécifiques.
? Dépendance vis-à-vis d’un proche
Par ailleurs, les personnes en situation de handicap, visuel ou autre, doivent fréquemment être accompagnées par une personne de confiance lors de leurs transactions bancaires. Cette dépendance peut poser problème lorsque l’accompagnant n’est pas disponible ou lorsque la personne concernée ne peut pas choisir librement qui l’assiste. Pour Robeensing Baboolall, il est donc impératif de renforcer la sensibilisation des institutions financières aux réalités vécues par les personnes en situation de handicap afin de garantir une véritable inclusivité et un service bancaire digne et équitable.
Finalement, notre interlocuteur insiste sur l’importance de rendre les services bancaires accessibles à tous, sans distinction. Si certains progrès ont été réalisés, beaucoup reste encore à faire pour assurer non seulement l’accès des services financiers aux personnes en situation de handicap mais aussi une adaptation réelle de ces services à leurs besoins spécifiques.
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