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Questions à...
Deven Nagalingum : «La nouvelle ‘Sports Act’ va redéfinir l’écosystème sportif du pays»
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Deven Nagalingum : «La nouvelle ‘Sports Act’ va redéfinir l’écosystème sportif du pays»
Deven Nagalingum, ministre de la Jeunesse et des sports.
L’abrogation de la «Sports Act 2016» avec l’avènement d’une nouvelle loi dite révolutionnaire, une lutte sans merci contre la drogue et la «démocratisation» du sport constituent des priorités du ministre Nagalingum. Entretien.
⚫ Quels sont les axes prioritaires autour desquels s’articulent vos actions ?
Le sport évolue dans un environnement en mutation perpétuelle. Ainsi, il est impératif de l’adapter aux besoins de cette jeunesse qui, elle aussi, vit avec son temps. Mon objectif consiste à revoir et à consolider les piliers fondamentaux de ce domaine d’activité, à savoir la pratique et l’administration du sport.
Au niveau de la pratique sportive, le concept de «Sport pour tous», mis en place par mon ministère, vise avant tout à «démocratiser» le sport, c’est-àdire à rendre la pratique sportive et les activités de loisir accessibles aux habitants des quatre coins de l’île. D’où le programme Anou transform nu landrwa. Le «sport d’élite», pour sa part, constitue une voie permettant aux sportifs amateurs d’atteindre l’excellence en passant par les écoles de sport et les centres techniques régionaux. Ceux-ci étaient à l’abandon sous le précédent régime. Je les ai redynamisés afin qu’ils répondent aux besoins de nos jeunes. Aujourd’hui, le pays compte sept centres d’excellence intégrés au Mauritius Multisports Infrastructure Ltd (MMIL), parmi lesquels deux sont pleinement opérationnels.
Au niveau de l’administration du sport, la Sports Act 2016 cédera sa place à une nouvelle loi qui modernisera et redéfinira tout l’écosystème sportif du pays. Le projet de loi sera bientôt présenté à l’Assemblée nationale.
L’état de nos infrastructures sportives constitue également un dossier prioritaire. Elles sont nombreuses à être en piteux état. Dès mon arrivée au ministère, je me suis lancé dans un exercice de remise à niveau, mais en raison des difficultés économiques actuelles, le processus prend du retard.
⚫ Le pays est en proie au fléau de la drogue, particulièrement la drogue synthétique. Avez-vous un plan d’action pour combattre cet ennemi de la société ?
Le problème de la drogue est l’une de mes principales préoccupations. Mais pas uniquement la mienne. Elle l’est également pour le Premier ministre, qui a institué la National Drug Control Commission (NDCC), placée sous sa présidence et dont je fais partie (...) À mon niveau, j’ai récemment présidé une réunion avec les ONG et d’autres parties prenantes de ma circonscription afin de faire un état des lieux. Par la suite, j’ai demandé au maire de Beau-Bassin/Rose-Hill d’instituer une commission sur la drogue afin d’assurer un suivi permanent de la situation dans la région.
J’ai également mis sur pied un groupe de travail qui élabore actuellement un plan d’action, lequel sera éventuellement mis en œuvre dans la région de RoseHill. Si cette formule s’avère efficace, elle pourra ensuite être répliquée à l’échelle nationale.
Par ailleurs, je compte convoquer une réunion de haut niveau avec la police et d’autres parties prenantes dans un proche avenir. Je ne compte nullement baisser les bras dans ce combat.
⚫ À l’Assemblée nationale, vous êtes très avare d’informations. Peu d’éléments ont filtré concernant l’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) sur le transfert d’un joueur ou encore les procédures judiciaires impliquant le président de la MFA. Qu’en est-il exactement ?
Vous vous trompez lourdement. Je tiens à défendre la vérité et la transparence et, en aucune manière, je ne protégerai un quelconque intérêt individuel au détriment de l’intérêt public. Mais cela n’implique pas pour autant que j’irai jusqu’à transgresser les Standing Orders de l’Assemblée nationale ou d’autres règlements et principes juridiques.
Dans le cas du transfert de ce joueur, une enquête de la FCC est en cours et, en vertu des Standing Orders et de la FCC Act 2023, je suis lié par un devoir de confidentialité. J’ai les mains liées.
Concernant le président de la MFA, la question porte sur une affaire pénale l’impliquant à Madagascar et dans laquelle il a interjeté appel. Le député Quirin affirme que cet appel a été rejeté et dit être en possession d’une copie du jugement. Cependant, le document qu’il a déposé à l’Assemblée nationale n’est pas un jugement d’appel, mais un jugement de première instance. D’ailleurs, ce document a été jugé irrecevable.
Quant à moi, je détiens un document attestant que ledit appel, initialement fixé au 28 mai 2026, sera entendu le 25 juin prochain. Mais le fait qu’il s’agisse d’un document privilégié me contraint à ne pas le rendre public. Toutefois, je dois ajouter que mon ministère, avec le concours du ministère des Affaires étrangères, suit cette affaire de très près.
⚫ Ouvrons un volet politique. Perçu comme l’un des plus fidèles lieutenants de Paul Bérenger, vous avez choisi de le quitter cette foisci. Qu’est-ce qui explique ce changement de cap ?
Lors des législatives de 2024, l’Alliance du changement incarnait l’espoir de tout un peuple. Navin Ramgoolam et Paul Bérenger avaient promis une nouvelle île Maurice avec une réforme radicale de notre système électoral, des administrations régionales, du sport et j’en passe.
J’étais intimement convaincu que Paul était pleinement engagé dans la réalisation de ces promesses. Mais il a choisi une autre voie. Je ne pouvais le suivre.
Cette population nous a fait confiance. Nous avons un devoir sacré d’œuvrer pour son bienêtre. La circonscription n°19 et les militants dans leur ensemble se sont retrouvés dans l’opposition pendant trop longtemps. Il n’était surtout pas question de les y replonger une fois de plus.
J’ai donc choisi de rester au gouvernement, de soutenir le Premier ministre et de travailler pour mon pays ainsi que pour ma circonscription.
⚫ Le monde vivra bientôt au rythme de la Coupe du monde. Avez-vous un message ?
Pour la toute première fois, la Coupe du monde de football verra la participation de 48 équipes. Cet élargissement de la compétition a permis à dix pays africains de faire leur entrée dans la cour des grands. Je souhaite vivement que Maurice puisse leur emboîter le pas dans un proche avenir. Par ailleurs, quatre pays – le Cap-Vert, Curaçao, la Jordanie et l’Ouzbékistan – feront leurs débuts dans cette compétition planétaire. Ce sont là des signes très encourageants d’une évolution positive.
Pour cette 23ᵉ édition de la Coupe du monde, assurément l’un des événements sportifs les plus suivis de la planète, j’espère de toute mon âme qu’elle sera un vecteur de paix, de fraternité, de respect et d’unité, tant à Maurice qu’à travers le monde.
Quels que soient nos clivages, unissons-nous autour de cette compétition reine pour vivre de grands moments de communion où seuls l’excellence sportive et le fair-play priment.
Sur une note personnelle, mon cœur bat pour l’Angleterre. J’espère qu’elle rééditera l’exploit de 1966, lorsqu’elle a remporté sa seule et unique Coupe du monde. Mais quoi qu’il en soit, que le meilleur gagne !
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