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Pentes montagneuses
Des mesures de protection renforcées pour préserver les zones sensibles
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Pentes montagneuses
Des mesures de protection renforcées pour préserver les zones sensibles
Photo d'illustration.
Les pentes montagneuses classées comme zones écologiquement et environnementalement sensibles font l'objet d'une attention particulière des autorités. Le ministre de l'Environnement, Rajesh Bhagwan, a expliqué que plusieurs mesures sont déjà en place afin d'assurer leur protection, notamment à travers la reforestation, les solutions fondées sur la nature et un meilleur contrôle des développements dans ces régions fragiles.
Selon le ministre, les réserves de montagne, y compris celles situées sur des terrains privés, sont protégées par le Forests and Reserves Act 1983. Les arbres jouent un rôle essentiel dans la stabilisation des pentes. Grâce à leurs racines, ils renforcent les sols, réduisent la quantité d'eau présente dans les terrains par le processus de transpiration et protègent les surfaces contre l'érosion. Ces mécanismes naturels permettent ainsi de réduire les risques de glissements de terrain, de limiter la perte de sols et de maintenir la stabilité des pentes.
Les officiers du service forestier sont également habilités à surveiller les réserves, planter des arbres, contrôler l'accès aux zones protégées et lutter contre l'abattage illégal ou l'enlèvement de produits forestiers dans les réserves de montagne. Le Forestry Service du ministère de l'Agro-industrie joue un rôle central dans la protection et la restauration de ces zones. Plusieurs initiatives de reboisement et de restauration forestière sont menées en collaboration avec différents partenaires, dont le secteur privé et des groupes engagés dans la conservation, à l'image d'Ebony Forest, afin de réhabiliter des zones montagneuses dégradées.
Au Signal Mountain, des pare-feux sont entretenus régulièrement pour protéger les plantations forestières contre les incendies. Le Forestry Service mise également sur les solutions fondées sur la nature (Nature-based Solutions – NbS) pour restaurer et protéger les pentes. Cette approche combine la restauration écologique avec des méthodes d'ingénierie en utilisant la végétation, les écosystèmes et les processus naturels afin de renforcer la stabilité des terrains tout en favorisant la biodiversité.
Les sentiers et pistes situés dans les chaînes montagneuses font aussi l'objet d'un entretien régulier afin d'éviter l'érosion causée par les fortes pluies. Ces travaux comprennent notamment la création de drains le long des pistes, la réparation des sentiers endommagés, l'élimination des plantes envahissantes et la plantation d'espèces indigènes capables de mieux retenir les sols.
Par ailleurs, l'Environment Act 2024 prévoit un cadre pour une meilleure gestion et protection des Environmentally Sensitive Areas (ESA). Les pentes abruptes figurent désormais parmi ces zones protégées. Cette loi permet aussi l'élaboration de politiques visant à protéger et préserver ces espaces, à réduire leur dégradation et à maintenir leur équilibre écologique.
Aucun défrichage ou développement dans ces zones ne peut être entrepris sans autorisation ou licence, sauf pour certains projets prévus par la loi. Les terrains ayant une pente supérieure ou égale à 20 % sur une distance horizontale minimale de 10 mètres sont considérés comme des pentes abruptes selon les directives de planification.
Tout projet de développement sur une pente supérieure à 20 % nécessite une Environment Impact Assessment (EIA), accompagnée d'une étude géotechnique comprenant une analyse de stabilité du terrain. Lors de l'examen de ces demandes, les autorités sollicitent notamment l'avis de la Geotechnical Unit du ministère des Infrastructures nationales.
Cette unité peut imposer des conditions spécifiques, notamment un suivi quotidien des travaux d'excavation et de fondation afin d'identifier toute anomalie ou tout risque imprévu durant la phase de construction. Toutefois, la responsabilité liée à la conception et à la sécurité des projets revient aux promoteurs et consultants concernés.
Une carte des risques de glissements de terrain (Landslide Hazard Map) a également été préparée par la Geotechnical Unit. Celle-ci identifie les zones sensibles et à risque à travers Maurice, notamment dans les régions montagneuses. Quelque 62 sites jugés critiques ont déjà été inspectés dans le cadre de la préparation d'un plan de gestion des glissements de terrain.
Ce plan devrait comprendre des exercices de surveillance, des mesures de protection adaptées ainsi que des protocoles d'alerte précoce pour les zones les plus vulnérables. Après sa validation, la Geotechnical Unit pourra travailler sur des solutions spécifiques, dont des plans de stabilisation des sols.
À Rivière Profonde, à Moka, certaines habitations ont déjà été identifiées comme se trouvant dans une zone à haut risque. Comme mesure temporaire, le conseil de district de Moka a été invité à procéder à la relocalisation des familles concernées. Une visite du site a également été effectuée par une Task Force regroupant la Geotechnical Unit, le ministère des Collectivités locales, la Land Drainage Authority et d'autres partenaires afin d'évaluer la situation et proposer des solutions adaptées.
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