Publicité
Assemblée des délégués
Des cœurs en chœur
Par
Partager cet article
Assemblée des délégués
Des cœurs en chœur
De cette foule d’environ 500 personnes, des têtes, des dos, des mains mauves. Des drapeaux, banderoles et bandanas mauves. Des cœurs et en chœur, les militants mauves ont fait leur assemblée. Une assemblée MMM sans même le «whisper» du nom Bérenger, chose à souligner. Il est presque 15 heures quand on arrive à Belle-Rose. Le long de la route, des militants convergent à pied, comme aspirés par quelque chose. Des policiers quadrillent discrètement les abords. En montant les escaliers, la surprise prend d’un coup : la salle est pleine à craquer, trop de monde, trop de bruit, trop de mauve. Des gens débordent jusque dans les couloirs. Sur scène, ministres et députés alignés, face à cette marée mauve qui n’avait pas attendu le signal pour se positionner.
La première impression frappe et restera toute l’après-midi : la décision semble prise avant même que le vote ne soit ouvert. Les délégués ne sont pas là pour délibérer, mais pour affirmer leur appartenance. Ce n’est pas une assemblée interne, mais une démonstration de force. Les directives avaient été claires : pas d’insultes, pas de noms, de la discipline. La consigne a été tenue du moins en apparence. À 15 h 15, Reza Uteem prend la parole, suivi des autres ministres. Énergique, émotionnel, scandé. Davantage un meeting de précampagne qu’une session délibérative.
Chaque intervention puise dans le même puits : ce sentiment d’appartenance, cette fierté militante. Arianne Navarre-Marie soulève la salle. Rajesh Bhagwan l’enflamme. Ovation, chaleur, une émotion presque physique dans l’air. Le message, d’une voix à l’autre, reste le même : rester au gouvernement. Vers 17 heures, la question est posée formellement. Certains réclament un vote à bulletin secret, pour éviter toute contestation. La direction tranche pour le vote à main levée. Les mains se lèvent ; d’un regard, c’est presqu’unanime. Puis quelque chose de plus fort que le vote lui-même : la salle entonne «enn sel lepep enn sel nasion.» en chœur, fort, ensemble. Pas un décompte de mains, mais un rituel d’appartenance. Après les chants et les accolades, les Mauves reprennent la route.
Ils savent où ils vont.
Publicité
Publicité
Les plus récents