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Reportage
Découverte du MV Cattleya Ace : Bato ki amenn loto
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Reportage
Découverte du MV Cattleya Ace : Bato ki amenn loto
La rade de Port-Louis a accueilli mardi un invité de taille: le MV Cattleya ACE, un navire japonais de type Pure Car and Truck Carrier (PCTC), long de 200 mètres et capable de transporter plus de 4 000 véhicules. Pour la première fois, MOL (Mauritius) Ltd, en partenariat avec IBL Shipping Ltd, a organisé une journée portes ouvertes, attirant officiels, ministres et journalistes.
Haute sécurité Avant même de fouler le pont, une atmosphère particulière s’installe : contrôle strict de la police à la porte d’accès menant au quai, vérification minutieuse des badges. Pas de place à l’improvisation dans l’enceinte portuaire. Une fois les formalités passées, l’accueil chaleureux de Kaoru Sohun, General Manager de MOL Mauritius, contraste avec la rigueur sécuritaire. Souriant, il rappelle les consignes : sur ce colosse flottant, chaque pas compte, chaque échelle demande prudence.
L’odeur du voyage
Dès l’entrée sur la rampe, les sens s’éveillent : mélange de métal chauffé, parfum salé de l’océan et odeur renfermée d’un long périple. Sous les projecteurs du pont, apparaissent les premiers véhicules débarqués : de rutilantes Toyota, de lourds tracteurs, des camions imposants. Ces engins, qui demain circuleront sur nos routes, prennent ici une dimension spectaculaire. Plus loin, dans un autre compartiment, ce sont les voitures destinées à l’île de La Réunion qui patientent.
Le parcours réserve son lot de surprises. Un ascenseur intégré au navire facilite la circulation entre ses douze ponts – un détail presque incongru sur un cargo, mais essentiel pour son équipage de 22 marins philippins. À chaque pas, la vigilance est de mise : échelles étroites, planchers métalliques, parfois instables. La visite devient une aventure où l’on oscille entre émerveillement et respect devant la puissance brute de ce géant des mers.
Rencontre avec le capitaine
Dans la cabine de commandement, le capitaine Marlon Gaurana nous accueille, devant un mur d’écrans et de boutons rappelant les décors de films d’action. Avec ses 30 ans d’expérience en mer, il confie qu’il passe «plus de temps sur l’océan que sur terre». Arrivé à Maurice après deux semaines de navigation, il ne s’y arrête que quelques heures avant de reprendre la route vers La Réunion. «La sécurité est notre priorité», insistet-il, décrivant les vérifications minutieuses imposées avant chaque départ.
La journée portes ouvertes s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont les ministres Arvin Boolell et Dhananjay Ramful, et Arnaud Lagesse, CEO d’IBL Ltd. Lors de cette escale, environ 400 véhicules en provenance du Japon et d’Asie ont été débarqués, tandis qu’une cinquantaine ont été chargés pour d’autres destinations africaines.
Port-Louis confirme ainsi son rôle de hub régional stratégique dans l’océan Indien. «L’économie bleue est la prochaine frontière de développement pour Maurice», a rappelé le ministre Boolell, soulignant la nécessité de moderniser le port. De son côté, Yasuo Suzuki, président et CEO de MOL (Mauritius) Ltd, a affirmé que cette escale «représente bien plus qu’une opération maritime : elle symbolise un engagement durable envers Maurice».
Cette immersion à bord du Cattleya ACE laisse une impression indélébile : le vertige devant l’immensité du navire, la fierté de voir Maurice au cœur des routes maritimes internationales, et une certaine humilité face aux hommes qui vivent des semaines, parfois des mois, à la merci de l’océan.
Un parfum d’aventure qui, en quittant le quai de Port-Louis, nous rappelle que chaque voiture croisée demain sur nos routes a peut-être voyagé au cœur de ce géant d’acier.
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