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Album posthume

Clive Govinden, la basse qui volait haut

8 septembre 2025, 15:30

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Clive Govinden, la basse qui volait haut

«And-which is more-you’ll be a Man, my son!» De cette dernière strophe du vibrant poème If de Rudyard Kipling (paru en 1910), Clive Govinden en a fait une ballade un brin nostalgique. Bon dans le temps. Message in the bottle, le tube de The Police (qui date de 1979), a été transformé avec des accents jazziques. Deux extrémités de la sensibilité. Deux pôles du sentiment légués par Clive Govinden.

Hier, l’éclectique bassiste aurait eu 47 ans. Mais la vie et son imprévisible amie, la mort, en ont décidé autrement. Le 1er septembre 2024, Clive Govinden est parti jouer des partitions célestes, alors qu’il était en tournée à Los Angeles. Hier, comme un cadeau d’adieu, un salam chargé des moments de communion musicale partagés, est sorti l’album posthume de Clive Govinden & The Kaz. Sur le fond noir de la mort, le blanc de la silhouette de Clive Govinden invite sobrement à retrouver les Origins. L’album est disponible sur toutes les plateformes numériques. Un double vinyle devrait sortir d’ici la fin de l’année. La pochette de l’album a été dévoilée hier sur le site Patrimoine musical de l’océan indien, filoumoris.com, la base de données et inventaire de l’ingénieur du son, Philippe de Magnée.

Comme l’électrochoc qu’il a lui-même ressenti, un jour qu’il était de passage sur la terremère entre ses nombreux engagements internationaux. Après avoir enregistré le séga-jazz Koutchouk, au studio Scorpiio à Petite-Rivière, un morceau en l’honneur de son neveu qui venait de naître, le désir de pos- térité musicale du musicien a vu le jour. «En sortant du studio, les tongs aux pieds et entourés de champs de canne à sucre, (…) il comprend que c’est le moment pour lui d’ancrer son travail dans son pays d’origine. C’est décidé : la trame de fond de ce projet sera l’île Maurice, d’où le titre de son album Origins qui traduit son besoin d’un retour aux sources», explique la présentation de l’album posthume. «Le titre de l’album, Origins, vient de la quête de ces personnes dites de «deuxième génération», nées en Europe de parents étrangers qui sont en quête de leurs origines, dans le cas de Clive Govinden, de l’île Maurice, et, si on remonte plus loin dans le temps, de l’Inde.»

Quatorze titres sont autant d’escales dans ce voyage retour. Titre de circonstance en ouverture : Lavi ale, lavi kontinie. Au fil des ambiances musicales, on y aborde des questions existentielles, politiques, avec les titres Pas d’enfant armé, Pa zis clima, Lafrik a lakart ou encore l’identité mauricienne et le métissage, avec les titres Monwar et Kari Melanz. Origins est surtout le testament d’un musicien qui savait s’entourer. La liste d’intervenants à la fois locaux et internationaux sur Origins est éloquente. De Lionkklash à Zanzak Arjoon, de Philippe Thomas à Jerry Léonide en passant par des élèves de Mo’Zar et une foule d’autres. En plus de la famille de cœur, ce projet est porté par la famille de sang. Kervin Govinden, le frère du bassiste disparu, et parmi les auteurs d’Origins

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