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Chagos: Une histoire d’îles, de justice et d’espoir

25 février 2026, 18:00

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Chagos: Une histoire d’îles, de justice et d’espoir

Imagine un petit groupe d’îles au milieu de l’océan Indien, très loin de Maurice. Ce sont les îles Chagos. Aujourd’hui, elles sont au cœur d’une grande histoire, qui mélange mémoire, justice, politique internationale et sécurité militaire. Nous t’en disons plus.

Les Chagos (ou l’archipel des Chagos) sont un ensemble de petites îles et d’atolls au nord de l’océan Indien. Parmi elles, il y a une île très connue, l’atoll de Diego Garcia. Pendant longtemps, les Chagos ont été liées à l’histoire de Maurice. Mais dans les années 1960, avant l’indépendance, le Royaume-Uni a séparé les Chagos de Maurice et a créé un territoire britannique à part. Aujourd’hui encore, cela cause un énorme désaccord.

? Pourquoi les Chagossiens ont-ils été déplacés ?

Beaucoup de Chagossiens vivaient sur plusieurs îles, pas seulement sur celle de Diego Garcia. Entre 1965 et 1973, les autorités britanniques, dans un contexte d’accords militaires avec les États-Unis, ont déplacé de force toute la population de l’archipel. L’objectif principal était de permettre l’installation d’une base militaire sur Diego Garcia, très importante pour les États-Unis et le Royaume-Uni.

Beaucoup de Chagossiens ont été envoyés vers Maurice et les Seychelles. Pour de nombreuses familles, cela a été un choc : il a fallu quitter sa maison, sa terre, son travail, ses repères, et recommencer une vie ailleurs.

? Que dit la Cour internationale de Justice (ICJ) ?

En février 2019, Maurice a saisi la Cour internationale de Justice (ICJ), qui a donné un avis très important : la séparation des Chagos de Maurice en 1965 n’était pas conforme au droit international, et que la décolonisation de Maurice n’était pas terminée tant que le Royaume-Uni gardait les Chagos sous sa coupe. L’ICJ a aussi déclaré que le Royaume-Uni devait mettre fin à l’administration de ces îles le plus rapidement possible.

? L’accord Maurice - Londres signé le 22 mai 2025

L’idée générale de cet accord est que :

• Maurice est reconnue souveraine sur l’archipel des Chagos (les îles appartiennent à Maurice au sens de la souveraineté).

• En même temps, Diego Garcia reste un endroit où le RoyaumeUni (et les États-Unis) peut continuer à faire fonctionner la base militaire, grâce à un arrangement prévu dans l’accord.

• L’accord dit aussi que Maurice peut mettre en place un programme de réinstallation (resettlement) des Chagossiens sur les îles autres que celle de Diego Garcia, en respectant les conditions prévues. Et pour que tout change dans la pratique, il faut que l’accord soit ratifié* selon les procédures de chaque pays.

? Pourquoi Diego Garcia est-elle si importante pour les États-Unis ?

Diego Garcia est comme une grande plateforme au milieu de l’océan Indien. Les États-Unis et le Royaume-Uni y ont une base militaire qui permet de :

• faire décoller des avions militaires sur de longues distances

• surveiller de grandes zones (océan, routes maritimes)

• soutenir des opérations vers le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie Ainsi, lorsqu’on parle des Chagos, on parle aussi de géopolitique* et de sécurité mondiale.

? L’intervention de Donald Trump : pourquoi ses messages font-ils du bruit ?

En février dernier, Donald Trump a publié des messages sur son compte Truth Social. Il critique l’accord et dit, en résumé, que le Royaume-Uni ne doit pas «donner» Diego Garcia, car selon lui, c’est une erreur stratégique. Il a parlé de «big mistake» et a attaqué l’idée d’un accord qui changerait le contrôle politique autour de la base. Ces messages comptent parce que les États-Unis sont directement concernés par la base. Même si l’accord est entre Maurice et Londres, l’avis de Washington pèse lourd dans les discussions.

? Les quatre Chagossiens partis «illégalement» à Peros Banhos

Récemment, quatre Chagossiens ont débarqué sur un atoll des Chagos dans la zone de Peros Banhos/Île du Coin, pour tenter de s’y installer. Les autorités britanniques ont qualifié ce débarquement «d’illégal» et ont émis des ordres de départ. Du côté mauricien, l’Attorney General Gavin Glover a expliqué que Maurice n’exerce pas de contrôle sur ces îles tant que l’accord n’est pas ratifié, et a présenté cette action des quatre Chagossiens comme un geste surtout médiatique. Pourquoi est-ce un sujet sensible ? Parce que cela touche à deux choses très fortes :

  1. le droit (qui a l’autorité aujourd’hui ?)

  2. l’émotion (des personnes veulent retourner sur la terre de leurs ancêtres et de leurs proches défunts).

? Que pense le Chagossien Olivier Bancoult ?

À Maurice, il existe des organisations chagossiennes, qui défendent les droits des leurs. Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos, est en faveur de l’accord et il a notamment évoqué l’idée que cela ouvre la voie à un programme de réinstallation sur les îles. Mais dans la communauté chagossienne, d’autres ont des opinions différentes. Certains soutiennent l’accord, d’autres ont des inquiétudes (par exemple : comment organiser la réinstallation, qui décide, quelles protections, quelles compensations, etc.).

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