Publicité
Déchets nucléaires et radioactivité: le danger viendra de la mer !
Par
Partager cet article
Déchets nucléaires et radioactivité: le danger viendra de la mer !
La «Radiation Safety and Nuclear Security Act», votée il y a deux semaines, traite d’un sujet peu connu du public et, donc, peu discuté. Cette loi présente des défis en raison de ses particularités. Elle est destinée à prévenir contre un danger – la radiation – que l’on peut qualifier d’invisible, car l’on peut être exposé à des rayons néfastes sans que les effets soient constatés dans l’immédiat. Ces rayons sont eux réels, même s’ils se passent hors de notre vue. Les risques sont présents, tout comme dans des opérations liées au transport, transbordement ou déversement des déchets nucléaires ou autres produits hautement toxiques. Des cas aussi, où les symptômes peuvent ne pas se manifester tout de suite après la contamination. Les victimes sont invisibles !
Devoir d’information
C’est une loi sur laquelle le public gagnerait à être informé quant à son contenu et à sa raison d’être. L’information sur les aspects de protection contre les risques liés aux effets de la radiation et de la contamination mérite diffusion. Le public doit être sensibilisé sur les opérations autour des déchets nucléaires transitant dans les mers autour de Maurice, ou au port. Et sur le plan domestique, il doit être averti des risques liés à la radiation qui peuvent mettre en danger sa santé et l’environnement.
La population devrait savoir quelles sont les différentes sources de radiation auxquelles elle est exposée. Elle doit savoir, par exemple, si le laser peut lui causer un tort. Quoique le mot «laser» soit absent du texte de loi, c’est une source de radiation, peut-être la plus connue, et pour laquelle l’Organisation mondiale de la santé a proposé une classification selon les risques que comportent les différentes utilisations des rayons. L’information et le contrôle sur des dispositifs médicaux ou à usage industriel, des objets communs, les appareils tels les fours micro-ondes ou encore des jouets seront-ils assurés?
La voie maritime
Le plus gros danger nous viendra par la mer avec les opérations par voie maritime, de transport, transbordement ou déversement des déchets nucléaires ou autres produits hautement toxiques. Il serait donc utile que les autorités portuaires et des opérateurs dans le port soient parties prenantes de toute initiative pour contrer des actes illicites éventuels. La loi votée gagnera en force.
Le transport par voie maritime des produits hautement dangereux a lieu dans notre région. Dans le passé, il y a eu ce cas, parmi d’autres, où un navire transportant du plutonium avait quitté la France à destination du Japon en passant par le Cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud, pour prendre la route du sud pour rejoindre l’Australie. Le navire qui transportait ce cargo ultra- dangereux a dû passer dans la zone économique exclusive de Maurice, et qui sait si ce ne fut pas plus près de nos côtes ou même au port pour se ravitailler.
Ce cas illustre les difficultés qui peuvent être rencontrées pour rendre la loi opérable, la faire respecter, et sévir contre ceux qui la transgressent. De tels actes dépassent le cadre de notre droit interne et celui de la juridiction de l’État dans la Zone économique exclusive. Dans le transport de cargaison de produits nucléaires hautement dangereux, il y a conflit entre la liberté de circulation sur les mers et la nécessité de protéger la santé des populations vivant sur des côtes, de même que l’environnement.
Criminologie verte
Annuellement, sur le plan global, 20 millions de «consignments» de produits radioactifs sont transportés par voie maritime ou terrestre. Et à l’heure où nous parlons de grands développements à venir dans notre port, les conflits d’intérêt entre développement économique et santé et environnement peuvent surgir.
Les pays riches se débarrassent de leurs déchets radioactifs loin de chez eux. On doit se demander dans quels ports se ravitaillent ces bateaux chargés de produits radioactifs et radio toxiques, et où sont déversées les eaux contaminées résultant de leur nettoyage. On devra garder en mémoire ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire en 2006 avec une cargaison de produits hasardeux déversée à Abidjan.
Le transport de produits nucléaires par voie maritime tout comme le business du recyclage de déchets hautement toxiques étant très lucratifs, l’on doit se méfier de tout ce que les esprits malins peuvent mettre en place pour contourner les lois de protection. Le crime environnemental est organisé. Sur le plan international, il est vaste l’univers de la «Green criminology» !
Publicité
Publicité
Les plus récents