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Bizin sanzman
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Bizin sanzman
Au risque de décevoir les inconditionnels de notre sport national, cette chronique ne parlera pas de politique. Quoique ce ne soit que partie remise, car un vent de «sanzman» va bientôt souffler sur le pays, avec passation de pouvoir premierministériel, remaniement du Cabinet et repositionnement stratégique des différents partis politiques, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition. Non, le changement voulu est tout autre. C’est à un changement de mentalité et de comportement citoyen que référence est faite. Et dans ce registre, c’est un véritable coup de balai, voire une révolution, qu’il nous faut.
Ces jours-ci, c’est une «sextape» entre deux adolescents qui a fait les choux gras des médias et des réseaux sociaux. Sans compter la Une des conversations de beaucoup de Mauriciens. Certains n’ont pas hésité à partager cette vidéo, se mettant pour le coup en infraction avec les lois régissant les technologies de la communication, entre autres. Mais c’est surtout ce voyeurisme de bas-étage qui attire l’attention. Un voyeurisme doublé d’hypocrisie de la part de personnes qui se veulent indignées et qui adoptent un ton moralisateur pour vouer ces jeunes aux gémonies. Loin de moi l’idée de banaliser ou de justifier les actes commis par les deux protagonistes de la vidéo. Nous sommes dans un État de droit, avec des lois qu’il nous faut respecter. C’est à la cour de justice de se pencher sur les infractions commises et, le cas échéant, les punitions que ces jeunes mériteraient. Ne mélangeons pas les questions en jeu.
Le vrai problème réside dans les réactions de ces gens qui, sans réfléchir aux conséquences de leurs actes, ont aidé à diffuser la vidéo à grande échelle. Et qui se sont lancés dans des commentaires déplacés et vulgaires sur ces jeunes, surtout sur l’adolescente. Ce qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses sur son intégrité physique, par exemple. Au-delà d’un puritanisme et d’une pudibonderie qui sonnent faux, on pourrait croire qu’il n’y aurait que des saints et des saintes à Maurice. Des personnes immaculées, qui n’auraient JAMAIS péché, qui n’auraient JAMAIS fait des erreurs de jeunesse, ni commis des bêtises qui pourraient être attribuées à beaucoup de facteurs sociétaux. C’est là le vrai problème. Et c’est là qu’il nous faut un vrai changement de mentalité, de comportement et d’attitude. Chapeau bas à ces Mauriciens qui n’ont pas diffusé la vidéo et qui ont réagi avec maturité et responsabilité devant ce phénomène.
Tous les parents doivent se dire que cela peut arriver à n’importe qui. Que nos enfants ne font qu’adopter les comportements de leurs temps. Et que la raison principale de l’échec ou de la réussite de la vie d’un enfant dépend en majeure partie sur la manière dont eux, les parents, ont élevé cet enfant. Au lieu de taper systématiquement sur les enseignants à chaque fois qu’il y a un problème avec un enfant en âge d’être scolarisé, il faut que les parents fassent leur «mea culpa» et assument leur pleine responsabilité dans l’éducation de leur rejeton. C’est trop facile de blâmer le système éducatif à chaque fois. Et de jeter l’opprobre sur les éducateurs ou le gouvernement. Car tout système évolue, une fois que législateurs et société ont pu accorder leur violon. Et il serait grand temps de dédramatiser l’éducation sexuelle. Pour les parents et pour l’école. Chacun doit assumer sa part de responsabilité.
Dressons un parallèle, même malencontreux, avec les deux jeunes Mauriciens, anciens élèves de deux collèges dits «d’élites», qui sont partis faire le djihad en Syrie. Est-ce la faute aux collèges, au système éducatif, aux autorités ou à tout autre facteur s’ils se sont radicalisés ? Pourquoi ne pas se remettre en question et se demander quel type de société nous sommes en train de léguer aux générations futures ? L’élaboration d’un mode de vie sociétale, généralement accepté par l’ensemble de la population, se construit petit à petit, après des années d’essais et d’erreurs. Ce qui sous-entend une évolution constante. Rien donc n’est fixé dans le temps. Hormis la bêtise humaine. Il faut arrêter de regarder l’avenir dans le rétroviseur du passé. Comme le font encore beaucoup de nos compatriotes, hélas.
Alors, ce changement de mentalité, d’où naîtra-t-il ? On peut être tenté de répondre : du chaos. Mais ce serait fuir devant nos responsabilités. Nous devons être le changement. Et c’est comme cela qu’on influencera (positivement) nos enfants. Du moins, espérons-le…
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