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Culling them softly
Adieu veaux, vaches, cochons, cabris… adieu mode de vie traditionnel. Ce mot, «culling», est aussi violent que l’abattage qu’il désigne. On regarde ça de loin, mais trois ans de quarantaine pour Rodrigues, c’est catastrophique. Cela peut complètement changer le visage de cette île. Qui réalise que l’insularité ne protège pas. N’isole pas. On espère qu’au vu des analyses, les Rodriguais pourront reprendre leur élevage au plus vite. Sinon, que vont-ils faire de leurs journées ? Boire des bières ? Encore faut-il avoir de l’argent pour cela. On a bien notre petite idée pour les occuper et aider à redresser l’économie de l’île… Mais pas sûr que cela plaise aux autorités : planter du chanvre. Du sans THC pour les oiseaux, les magasins bio et pour faire de la toile de cabas pour remplacer les sacs en plastique et du gandia pour les collégiens mauriciens. Ça éviterait qu’ils se cotisent pour fabriquer du synthétique. Ils pourraient même faire des stages à Rodrigues, pour découvrir les joies du travail en plein air et retrouver le goût de la terre. Pour sûr qu’il y aurait plein de volontaires !
Loin de nous l’idée de vouloir droguer des mineurs, mais il va bien falloir trouver une solution pour ce problème, qui n’est pas catastrophique aux yeux du ministre de la Santé. Car même les jeunes qui fument, eux, s’en affolent. Ne parlons pas des ONG, ces Cassandre. Elles tirent la sonnette d’alarme sur cette épidémie depuis des mois. Faudra-t-il aussi mettre les collégiens en quarantaine pour les isoler de la drogue ? Décréter les établissements scolaires zones sinistrées ? Pour l’instant, ce sont plutôt des zones sinistres. Avec des élèves qui écument dans les lavabos, comme ces bœufs malades bavant dans leur étable. Dans le cas des jeunes, le «culling», c’est la drogue qui s’en charge, pas les autorités.
Bien sûr, sur un rapport d’autopsie il n’y aura pas écrit «décédé de drogue synthétique» ! Ce sera «œdème pulmonaire», par exemple. Tout comme dans les rapports d’autopsie de Julien Latchimy, Shela Doolun, Rajendra Parsad Lungtoo, ce n’est pas écrit «décédé des suites de manque d’hygiène dans l’hôpital», mais «septicémie». Qui est une infection généralisée. Ce ne sont pas les blessures ou les brûlures qu’ont subi ces personnes qui les ont tuées.
Le sommet du pays, par contre, on ne sait pas encore s’il est atteint d’une septicémie ou d’une simple gangrène de quelques membres. On serait rassuré si la seconde option prévalait, au moins on pourrait amputer ces organes malades pour laisser vivre le reste du corps sain. Mais il semble qu’il soit devenu difficile à sir «coupe les doigts» de trancher.
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