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BAI, côté cours

1 mai 2015, 12:24

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L’inspecteur Columbo nous l’a appris : la clé d’une énigme policière se trouve bien souvent chez le voisin. J’y repensais en tombant inopinément sur une publicité de Centosis. Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’un antibiotique contre les emprunts toxiques. Ni d’une île grecque achetée par Nandanee Soornack avec l’argent de Navin Ramgoolam, qui l’avait lui-même emprunté à Dawood Rawat, qui vous l’avait lui-même emprunté. Centosis est un noble institut de formation et de conseil aux entreprises. Pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de LA  «boîte de formation» maison de la BAI. Peut-être même leur investissement le plus intelligent : l’éducation.

 

Cette gentille filiale du grand méchant groupe est née en 2006 sous l’impulsion de Kerima et d’Ayoob Rawat. La première est «fille de» et CEO de la boîte, le second «parent de» et gestionnaire de fortune en Suisse. «L’homme aux Rs 15 milliards» titrait sobrement le journal Star dans un portrait qui date un peu mais que je vous recommande. Son génie visionnaire n’en est que plus évident, jugez plutôt : «Dans un contexte économique diffi cile, les experts-comptables devraient chercher d’autres sources de revenus». On voit bien l’idée mais passons.

 

Chez Centosis, on est donc branché self-development. Leur truc, c’est «d’activer le power» des gens. Et manifestement, ils savent y faire. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont de prestigieux clients de la trempe de Rishi Sookdawoor ou Ashraf Esmael, qui témoignent sur centosis.com. Vous me direz que côté power, ces deux-là sont aujourd’hui plus proches de Katmandou que de K2000, mais ce n’est pas le propos. Quoiqu’il en soit, et c’est le point où je veux en venir, Roshi Bhadain serait bien inspiré d’aller faire un tour au séminaire de Centosis les 14 et 15 mai à Ébène. Pendant deux jours, tenez-vous bien, la «BAI Business School» va tout nous expliquer sur la modélisation financière. Ah ça, tu parles d’un modèle !

 

Cela dit, je compte envoyer mon fils. Il a 4 ans, il adore les châteaux. Depuis qu’il a vu celui de M. Rawat dans le journal, il me surine pour avoir le même. J’ai essayé de le feinter avec un château gonflable, il a appelé la Child Development Unit pour maltraitance. J’ai craqué, je l’ai inscrit au séminaire. Deux jours, Rs 28 000, une saignée. À ce tarif-là, il me semble qu’on est en droit d’attendre un joyeux retour sur investissement. Moi, c’est tout vu : si le p’tit

est infoutu de «modéliser» deux trois manoirs en Transylvanie d’ici Noël, j’attaque Centosis en justice et je prends Yerrigadoo comme avocat. Au pire, dans le contexte actuel, Lutchmeenaraidoo rembourse, je risque quoi ?

 

Du coup, je me suis renseigné sur le calendrier annuel des cours. Vous n’imaginez pas tout ce que le «campus» de la BAI a à nous apprendre ! Sur la cinquantaine de formations proposées, il faut évidemment faire le tri. Personnellement, je trouve assez inconvenants les modules «Introduction to local laws» et «Risk Management for financial institutions». Oui, c’est de la provoc’. Le cours en «Accelerated sales force performance» peut également interpeller, ils vont nous apprendre à ponzer ? Ce qui est bien, c’est que l’enseignement s’adapte aux saisons. En septembre, à l’approche des beaux jours, il sera temps de «Polishing and proofreading your business writing». Là encore, on pourrait s’instruire. Sur le programme d’octobre, j’avoue avoir quelques réserves. Je ne sais pas pourquoi mais le module «Anti money laudering», je ne le sens pas. Certes, pour le stage de terrain c’est pratique, mais après sur un CV faut assumer – diplômé de la BAI en lutte contre le blanchiment, ça pourrait braquer un ou deux recruteurs. Je vous conseille plutôt d’attendre novembre pour apprendre à «Working with stress». Là, au moins, onest sûr qu’ils savent de quoiils parlent.

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