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Pension universelle
Bhadain sort la calculette contre la réforme
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Pension universelle
Bhadain sort la calculette contre la réforme
■ Devant l’assistance hier soir sur le parking du marché à Rose-Belle, Roshi Bhadain s’est livré à une démonstration mathématique, tableaux à l’appui, pour convaincre l’assistance de la non nécessité d’une réforme de la pension. Photos: Sumeet Mudhoo.
Comme annoncé, ce sont la réforme de la pension et le Finance Bill qui ont dominé le deuxième grand rassemblement du Reform Party, tenu hier soir sur le parking du marché de Rose-Belle. Pendant près d’une heure, le leader du parti, Roshi Bhadain, s’est livré à une démonstration chiffrée afin de convaincre ses partisans que le gouvernement dispose des ressources nécessaires pour maintenir la pension universelle sans la réformer.
Les regards étaient tournés vers lui, après qu’il a promis d’expliquer en détail les implications du Finance Bill. Au cœur de son intervention figurait une série de calculs portant sur les recettes fiscales de l’État. Selon Roshi Bhadain, les seules taxes perçues sur les cigarettes, les boissons alcoolisées et les produits contenant du sucre suffiraient à financer le maintien de la pension actuelle. Il a avancé que le gouvernement encaisse Rs 9,98 milliards grâce aux taxes sur les cigarettes et Rs 8,45 milliards sur les boissons alcoolisées, soit plus de Rs 17 milliards au total.
«Zis lor sigaret ek labwason ena plis ki 17 milyar. Kouma zot kapav dir pena kas ? Zis sigaret ek labwason mem kapav finans pansion.» À ces recettes, il a ajouté Rs 2,660 millions provenant de la taxe sur les produits sucrés, soulignant que ces prélèvements augmenteront encore à partir du 1er octobre.
Des chiffres et des pistes
Le leader du Reform Party a consacré une large partie de son discours au nouveau système de State Age Pension prévu par le gouvernement. Il a expliqué que, selon le mécanisme annoncé, une personne pourra demander sa pension dès 60 ans à partir de septembre 2029, mais qu’elle subira une réduction de 0,5 % par mois avant 65 ans. À l’inverse, un report après 65 ans donnera droit à une majoration de 0,75 % par mois, jusqu’à 70 ans.
Pour illustrer son propos, Roshi Bhadain a présenté plusieurs exemples : une pension prise à 63 ans entraînerait une réduction de 12 %, à 62 ans, une baisse de 18 %, à 61 ans, une diminution de 24 %, tandis qu’à 60 ans, la réduction atteindrait 30 %. Selon lui, une pension de Rs 16 555 serait ainsi ramenée à Rs 11 589 pour une personne choisissant de la percevoir à 60 ans. Roshi Bhadain a également retracé l’histoire de la pension universelle à Maurice. Il a rappelé les mouvements ouvriers des années 1930, les premières pensions introduites en 1950 et la loi de 1958 instituant la pension universelle.
«Pansion pa enn sarite. Li enn drwa. Pandan 70 banane personn pa finn tous sa.»
Selon lui, la pension de vieillesse constitue un droit acquis attaché à la citoyenneté mauricienne, un point qu’il entend défendre devant la Cour suprême. Il a d’ailleurs invité ses sympathisants à assister aux audiences prévues les 14 et 30 septembre, affirmant vouloir interroger les responsables du projet de loi.
Le leader du Reform Party a également avancé plusieurs pistes de financement, estimant qu’un impôt foncier de 1 % sur les propriétés de plus de Rs 300 millions rapporterait plus de Rs 2 milliards, tandis qu’une meilleure gestion permettrait de réduire les dépenses publiques de Rs 25 milliards, sans toucher ni aux pensions ni aux salaires. Il a rejeté les arguments du gouvernement concernant le Fonds monétaire international (FMI) et l’agence Moody’s, soutenant que Maurice n’a pas emprunté auprès du FMI depuis 1985.
«Ni valiz ni kof-for…»
En conclusion, Roshi Bhadain a pris plusieurs engagements, promettant notamment de rétablir la pension actuelle si le Reform Party accède au pouvoir et d’améliorer les conditions des policiers en portant leur salaire d’entrée à Rs 40 000. «Nou pa pou fer fos promess. Nou pou travay dir pou amenn kas dan lakes. Diferans ant zot ek mwa, se ki mwa mo ena lakrint Bondie.» Le rassemblement s’est achevé sur un appel au changement politique, repris en chœur par les militants présents : «Ni valiz ni kof-for. Ni Navin, ni Pravind.»
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