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«Reward Money»
Ashik Jagai maintenu en détention
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«Reward Money»
Ashik Jagai maintenu en détention
Le surintendant de police (SP) Ashik Jagai, ancien chef de la défunte Police Headquarters Special Striking Team (PHQ SST), a comparu hier devant la cour de Port-Louis. À l’issue de cette audience, il a été reconduit en cellule puis au Réduit Triangle, au siège de la FCC, pour la continuation de son interrogatoire. L’affaire a été renvoyée au 27 août, la FCC ayant objecté à sa remise en liberté conditionnelle, estimant que l’enquête, toujours en cours, nécessitait sa détention.
Après sa comparution, le SP Jagai a donc été conduit dans les locaux de la FCC pour la suite de son interrogatoire. Les enquêteurs l’ont confronté à plusieurs points sensibles, notamment à des recommandations de paiements avec des trop-perçus de Rs 86 millions, liés au système controversé de Reward Money. Sur sa première charge provisoire liée à un dossier portant l’OB No. 39/2022, le SP Jagai a rejeté toute responsabilité, affirmant qu’il ne s’occupait pas des demandes de Reward Money.
Selon lui, c’est l’ACP Dunraz Gangadin qui gérait ce dossier. L’ancien patron de la SST a ajouté qu’il ne se souvenait pas précisément de ce cas et a invité la FCC à vérifier ses comptes bancaires pour confirmer sa bonne foi.
L’un des volets les plus sensibles de ce dossier concerne l’importation de papiers à rouler. D’après les documents disponibles, la société Zippy Mouse Limited avait passé commande de cette marchandise le 16 septembre 2015, soit à une période où l’importation de papiers à rouler n’était pas interdite (NdlR, l’importation était autorisée entre le 2 juin et le 17 décembre 2015). À cette époque, le ministère du Commerce avait même délivré une autorisation officielle, confirmant la légalité de l’importation. Ce n’est qu’ultérieurement que le produit a été de nouveau proscrit sur le marché mauricien.
Or, la cargaison composée de 22 millions de feuilles estimées à environ Rs 700 millions, n’est arrivée à Maurice qu’en 2022, sept ans après la commande initiale. Lorsque la défunte Special Striking Team a procédé à sa saisie dans l’entrepôt de Plaisance Air Transport Services, elle a présenté cette opération comme une grande réussite et a réclamé un Reward Money de Rs 7 millions.
C’est précisément ce point qui intrigue aujourd’hui la FCC. Car si l’importation avait été validée par le ministère du Commerce dès 2015, donc reconnue comme légale, sur quelle base la SST pouvait-elle justifier une demande de récompense ? Cette contradiction alimente les soupçons d’abus et de détournement, d’autant plus que, sur les Rs 7 millions réclamées seulement Rs 1 million auraient atteint les informateurs, laissant Rs 6 millions sans trace.
La FCC poursuit ses investigations et maintient que des zones d’ombre persistent sur la gestion des fonds et la chaîne de décisions au sein de la SST.
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