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“La migration vers les cartes à puce se fera sans heurt”
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“La migration vers les cartes à puce se fera sans heurt”
● <B> La State Bank of Mauritius (SBM) a lancé lundi la toute première carte à puce à Maurice. Expliquez-nous ce nouveau développement ? </B>
La carte à puce Visa de la SBM est un produit de la toute dernière technologie monétique. Il existe trois types de systèmes de monnaie plastique, notamment la carte gravée, la carte magnétique et la carte à puce. Cette dernière est un ordinateur qui peut contenir jusqu’à un mégabyte d’information à l’opposé de la carte magnétique qui a une mémoire nettement inférieure.
Les cartes à puce représentent la sécurité. Elles contiennent les bonnes clés qui ouvrent les bonnes portes. Il est très difficile de les copier.
Les cartes Visa, émises par la SBM, utilisent la technologie d’exploitation Java qui est un système ouvert. Les Java card chips sont développées sur une plate-forme globale. Elles ont donc une meilleure interopérabilité et sont acceptées à travers le monde.
Dans un premier temps, les cartes seront utilisées comme un mode de paiement seulement. Par la suite, d’autres fonctions pourront s’y ajouter tels l’e-ticketing ou encore les loyalty programmes que proposent les entreprises à leurs clients.
● <B>Les utilisateurs mauriciens sont-ils prêts à accepter cette technologie ? </B>
Maurice a la possibilité de faire un bond vers la technologie à puce. Nous voulons aider les utilisateurs mauriciens à améliorer leur utilisation de la monétique. Les cartes sont plus faciles et plus convenables à utiliser que le cash. Les transactions avec les cartes à puce sont plus sûres.
Les consommateurs pourront aussi télécharger d’autres applications sur leurs cartes à partir d’Internet et des distributeurs automatiques. Il s’agit d’une technologie progressiste.
Le système Java permet de déployer des applications rapidement. Java est un système ouvert et il offre à un grand nombre de développeurs de concevoir des fonctionnalités et de les mettre sur le marché dans un court laps de temps. Le facteur technologie n’est plus un handicap. Nous utilisons des techniques qui nous permettent des possibilités sans limites.
● <B> La migration vers le système de cartes à puce implique un coût pour les opérateurs…</B>
Beaucoup de terminaux sont désormais équipés de lecteurs de cartes à puce. En Afrique sub-saharienne, environ 50 % des points de vente se sont déjà mis au diapason de la dernière technologie monétique.
Le mouvement vers ce système relève d’une tendance internationale. Maurice devra s’y adapter. Elle est d’ailleurs très bien partie. Les touristes auront un rôle de catalyseur dans cette mouvance car ils sont de gros utilisateurs de cartes à puce.
<B>“Nous constatons qu’à Maurice, les banques et les consommateurs ont un désir de faire appel à des technologies de pointe pour créer une cashless society”.</B>
● <B>Ne craignez-vous pas une rupture technologique avec l’introduction des cartes à puce ?</B>
Il ne s’agit pas d’une révolution, mais d’un processus évolutif. Les terminaux peuvent toujours lire les cartes magnétiques. Je ne prévois pas de rupture technologique notable. La phase de migration vers les cartes à puce a été bien gérée en Afrique du Sud. Les applications informatiques internes aux entreprises (logiciels de vente et de comptabilité, par exemple) pourront s’interfacer aux lecteurs des cartes à puce aussi bien qu’aux cartes magnétiques.
Nous travaillons en étroite collaboration avec les fournisseurs de technologie pour s’assurer qu’ils offrent des produits et des services d’un très bon niveau aux opérateurs. Nous veillons aussi à ce que nos clients obtiennent des cartes aux prix les plus bas. Par ailleurs, grâce au système Java, les coûts des transactions sont réduits.
● <B>Quelle est votre stratégie de promotion de vos produits sur les différents marchés ? </B>
Nous disposons de toute une gamme de produits que nous concevons en fonction des besoins des différents pays. Dans certains pays, par exemple, nous avons une salary card, soit un système où les entreprises versent les salaires de leurs employés sur leurs cartes respectives, ou encore des gift cards.
Nous avons un éventail de produits innovateurs, destinés aux consommateurs, aux entreprises et au gouvernement. Nous aidons les banques et les autres organisations émettrices de cartes monétiques à concevoir des solutions qu’elles jugent pertinentes et adaptées aux besoins de leurs clientèles respectives.
Nous constatons qu’à Maurice, les banques et les consommateurs ont un désir de faire appel à des technologies de pointe pour créer une cashless society. Une carte bancaire est perçue comme l’identité du client auprès des banques. La carte peut être utilisée partout dans le monde à travers diverses technologies. Nous avons vu ces dernières années une convergence de technologies de l’information, c’est-à-dire les PC et les téléphones portables. Cette dynamique contribue énormément à rendre la monnaie plastique plus acceptable.
● <B> Le service public des différents pays est-il plus disposé à faire des transactions en ligne ?</B>
Les gouvernements acceptent graduellement de travailler avec la monétique. Les services publics utilisent les modes de paiement électroniques pour leurs transactions. Les gouvernements peuvent réduire les coûts liés aux opérations d’approvisionnement et de transport par 50 à 70 %. En Angleterre, la UK Visa Government Purchasing Card fait économiser £5 millions par mois au gouvernement.
Dans certains services publics, à Moscou notamment, la monétique est utilisée pour payer des prestations sociales aux bénéficiaires.
● <B> Les cartes de crédit ne risquent-elles pas d’encourager un problème d’endettement au sein de la population ?</B>
Nous encourageons toujours le renponsible lending auprès de nos membres. Nous sommes aussi engagés à promouvoir la financial literacy parmi la population afin d’encourager une utilisation responsable des facilités de crédit que les banques et autres institutions mettent à sa disposition.
Il y a plus de cartes de débit que de cartes de crédit en circulation à Maurice. Il ne faut pas s’inquiéter outre mesure des effets de la monétique.
● <B>Visa International avait commandé une étude sur l’impact de la monnaie plastique sur l’économie. Quelle est la valeur ajoutée de la monétique à l’économie ?</B>
Les transactions en ligne au moyen de la monétique, pèsent de plus en plus lourd dans l’économie mondiale. L’étude réalisée par Global Insight était axée sur l’économie américaine. Elle estime que l’utilisation de la monétique aura injecté $6,5 trillions additionnels aux dépenses liées à la consommation en termes réelle durant ces 20 dernières années aux Etats-Unis.
Les transactions en ligne permettent de réaliser des économies substantielles. Un système de paiement en ligne coûte le quart du coût d’une opération utilisant la monnaie conventionnelle. L’étude de Global Insight démontre que les systèmes électroniques libèrent des économies représentant environ 1 % du produit intérieur brut.
● <B> Quels sont les effets positifs secondaires ? </B>
Il y a l’effet d’un “cycle vertueux” grâce à l’utilisation des cartes de débit et de crédit par les consommateurs. Dans la mesure où la monnaie plastique est plus pratique que la monnaie liquide, les utilisateurs dépensent plus. La monétique attire plus de gens vers les banques. Celles-ci ont plus d’argent disponible pour prêter aux entreprises qui sont alors plus à même d’étendre leurs opérations et de recruter davantage. Il y a ainsi plus d’argent disponible dans l’économie.
Il y a, d’autre part, une plus grande transparence dans les transactions financières avec les cartes de crédit et de débit. La technologie monétique réduit l’influence de l’économie parallèle et fait entrer plus de taxes dans les caisses de l’Etat.
<I>Propos recueillis par</I>
<B>Akilesh ROOPUN</B>
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