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“Je veux aider Maurice”

1 septembre 2005, 00:00

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● <B>Dans quel état d’esprit sont les coureurs ?</B>

– Ils sont très bien. Depuis la journée de team building la semaine dernière, je les ai trouvés sereins. Ils ont vécu une bonne journée dans une ambiance de camaraderie. On ne sent plus cette rivalité et ils sont sortis de là soudés. C’est bon signe.

● <B>Quels sont vos objectifs ?</B>

– Ce n’est pas un secret, notre objectif c’est de gagner le Tour. C’est du moins notre prétention.

● <B> Et qu’attendez-vous de vos gars ?</B>

– J’espère que la bonne entente règnera au sein du groupe et que l’équipe restera soudée. Qu’on fasse un bon Tour de Maurice.

● <B>Ce serait une grosse déception si un Mauricien ne gagnait pas cette année ?</B>

– Non. Écoutez, si on perd dans les règles du jeu, il n’y a pas de problème. Il faut être un bon perdant. Mais bien évidemment, si un de mes gars se fait renverser, là je ne resterais pas tranquille. Sinon, il faudra accepter la défaite en tant que sportif.

● <B>Qui seront vos principaux adversaires selon vous ?</B>

– La présence de l’équipe sud-africaine, Centurion Cycling, ne rendra pas les choses faciles. Ce sont des coureurs classés en Élite. C’est vraiment dommage que des coureurs de ce niveau viennent sur le Tour. Je me suis renseigné, l’équipe a une bonne réputation et les Sud-Africains ne se déplacent pas pour rien. Au niveau des coureurs, ils ne sont pas vraiment connus. Patrick (Haberland) ne les connaît pas non plus. N’empêche qu’ils peuvent bien être des costauds.

Il y a également les Réunionnais qu’on connaît bien. Ils nous ont récemment dominés sur leurs terres. Maintenant, ils seront chez nous. On ne part pas vaincus. Nous avons aussi des coureurs qui peuvent concurrencer.

● <B>Dans le cas de figure où un Mauricien ne faisant pas partie de la sélection est mieux placé au général, le protégerez-vous ?</B>

– Bien sûr qu’on va travailler pour lui. C’est tout à fait normal. On a certes pensé mettre les meilleurs en sélection, mais il peut toujours y avoir quelqu’un qui soit mieux placé. Toto (Thomas Desvaux) a refusé la sélection mais il peut être en bonne position sur le Tour. S’il marche bien, on bossera pour lui. Le but avant tout c’est qu’un Mauricien gagne le Tour de Maurice. Ce que j’espère cependant, c’est que tout le monde partage la même mentalité.

● <B>Ils sont nombreux à avoir refusé ce poste. Pourquoi l’avoir accepté ?</B>

– Je suis dans le giron depuis très longtemps. J’ai d’excellentes relations avec tout le monde. Et je n’ai pas peur des défis et des responsabilités. Après tout, je pense que je peux amener ces coureurs à faire quelque chose de bien. Après la journée passée ensemble la semaine dernière où un travail de fond a été effectué, j’ai vu qu’il y a du bon en eux.

● <B>Avez-vous des conditions ?</B>

– Pas du tout. Roland (Nicolin), le président de la fédération, m’a contacté. Il m’a exposé la situation. Il était dans une impasse. Il fallait trouver une solution. J’ai donc accepté d’aider. Je veux donner un coup de main à Maurice et au cyclisme mauricien.

● <B>Que pensez-vous de tous les remous qui ont entouré la composition des deux équipes ?</B>

– Ce n’est pas normal qu’on arrive à ce genre de situation chaque année. C’est comme ça partout ailleurs. Une des raisons pour lesquelles il n’y a plus de sélection sur les Tours d’Italie, de France, d’Espagne et même à la Réunion, c’est qu’à chaque fois, ce sont les mêmes problèmes. Il faudrait revoir tout cela en laissant les coureurs courir en équipe. Mais dans les compétitions internationales telles que les Championnats du monde et les Jeux olympiques, par exemple, là il faut défendre les couleurs du pays. Il faut qu’on arrive à comprendre cela.

● <B>Resterez-vous à la tête de l’équipe après le Tour ?</B>

– Ce n’est pas à l’ordre du jour. On m’a appelé pour faire un travail avec le Tour de Maurice. Pour l’instant, c’est ça et rien d’autre.

● <B>Il y a les Commonwealth Games en 2006…</B>

– Écoutez, j’ai pas mal de boulot. M’absenter cinq jours cette semaine, c’est déjà beaucoup. Maintenant, si je peux aider autrement, je le ferai. Mon emploi du temps est vraiment très chargé. Je ne suis pas un entraîneur diplômé. Je ne suis certes pas diplômé mais un diplomate. C’est ce dont on avait besoin pour le Tour de Maurice. J’ai une grosse expérience du vélo mais je ne suis pas un coach. Mon passé m’aide à travailler avec ces jeunes.

● <B>À quel niveau Patrick Haberland vous aide ?</B>

– Sa compagnie, Yemaya Adventures, et la mienne, le Domaine de la Grave, travaillent ensemble. Pour le team building, il a apporté son aide. Au-delà de ça, je sais que je peux compter sur lui pour les décisions délicates. Il est plus jeune que moi, mais Patrick a été un coureur de haut niveau et a une bonne expérience de la chose. On sera en contact durant le Tour. Au moindre doute, je sais que je peux l’appeler. Deux avis valent mieux qu’un.

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