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“Je suis inquiet…”
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“Je suis inquiet…”
●<B>Un de vos athlètes est champion du monde et l’autre est en bronze. Que ressent l’entraîneur dans ces moments-là ?</B>
— C’est un sentiment de joie et de fierté, pas pour moi, mais pour l’équipe autour de ces deux jeunes car derrière chaque bonne performance, il y a un travail d’équipe. Je pense à la fédération, notamment avec le Dr Naraidoo qui assure un suivi médical, les techniciens et les administrateurs.
●<B>Comment s’est déroulé le coaching à distance ?</B>
— La contribution de Niven a été primordiale. Il nous a permis de découvrir que cet adversaire (NdlR : le Kazakh Kudergergenov) est puissant aux poings et faible aux pieds. J’ai donc téléphoné à Fabrice pour lui donner des conseils et comme il est un boxeur complet, il avait déjà 50% de chances de gagner. Puis, je lui ai dit qu’une finale n’arrive pas tous les jours et qu’il fallait se battre.
●<B> Qu’en est-il de leur préparation à Maurice ?</B>
— Je dis toujours qu’il n’y a pas lieu de faire le tour du monde pour former un athlète. Un titre ça se gagne dans les salles d’entraînement. Durant les trois mois d’entraînement intensif, il y a eu une progression constante et en même temps, nous avons travaillé sur la gestion d’un combat, soit savoir lire la boxe de son adversaire. Leur intelligence a facilité la tâche.
●<B>Où se situe le niveau du kick-boxing actuellement ?</B>
— Depuis l’introduction du kick en 1993, nous avons quand même une sacrée carte de visite avec trois médailles de bronze et une d’or. Nous avons côtoyé des boxeurs de très haut niveau et à chaque fois nous nous sommes bien défendus.
On parle beaucoup de régionalisation, mais mis à part une ou deux municipalités et quelques conseils de district, c’est une catastrophe. Ils ne sont pas beaucoup à jouer le jeu.
Notre budget est à sec. Nous n’avons plus un sou et d’ailleurs nous sommes invités à Madagascar en novembre mais nous ne savons pas si nous pourrons partir.
●<B> Malgré cela, est-ce que c’est possible que Maurice produise d’autres champions ?</B>
— Si on nous donne la possibilité de viser haut, peut-être bien car il faut quand même avoir des qualités innées. Mais on nous considère toujours comme une petite discipline. Il faut que le MJS change sa politique et apprécie l’effort des fédérations en fonction des performances. Notre budget pour 2004 n’a pas changé d’un iota alors qu’il y a eu une progression dans les fédérations aux performances plus médiocres. Cependant, j’ai bien apprécié les paroles du ministre aujourd’hui (NdlR : hier) et j’espère qu’elles se matérialiseront. Quelque part, je me demande s’ils vont se rappeler de tout ça avant de décider de notre prochain budget.
●<B>Pensez-vous qu’il faut une re-catégorisation des disciplines à Maurice ?</B>
— C’est agaçant quand même quand on vous chante tout le temps “vous êtes une discipline non-olympique”. Je suis conscient que nous sommes un petit pays, avec des moyens limités, mais la meilleure chose, ce n’est pas de re-catégoriser les disciplines, mais plutôt d’utiliser l’argent correctement. On n’investit pas, on jette de l’argent. Bruno Lacariate avait dit à l’époque, pourquoi donner autant d’argent à une discipline qui “mem pa pou amène médaille tôle !”… Je précise que ce n’est pas pour défendre notre discipline que je dis ça. C’est seulement pour défendre des sportifs qui veulent progresser.
David Li Yuen Fong a été champion du monde. Depuis, il est tombé aux oubliettes. Je suis très content pour Fabrice, mais je suis inquiet car j’espère qu’il ne lui arrivera pas la même chose…
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