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Éradiquons !
Sun Tzu, l?auteur du classique « L?art de la guerre », dit qu?il faut connaître celui contre qui on se bat pour espérer gagner la bataille. On ne peut donc que se féliciter de l?initiative commune gouvernement, secteur privé et ONG visant à éradiquer l?extrême pauvreté dans le pays. Car celle-ci se base sur une connaissance précise de ce mal à Maurice.
Ce programme ne sonne pas comme un v?u pieux. Parce qu?il s?appuie sur des chiffres précis ? il existe 7 000 familles qui vivent avec moins de Rs 100 par jour dans le pays. Elles se répartissent dans 200 poches de pauvreté.
On sait donc qui on veut aider. On sait où aller les trouver. On n?est plus dans l?incantatoire. On ne lutte pas contre LA PAUVRETE, ce maelström sans noms et sans visages. On a ciblé l?aide ! Reste la méthode. Elle est intéressante.
On peut même augurer de son efficacité. Car elle s?appuie sur un échange permanent d?information entre les trois partenaires. Et elle ne peut qu?être fructueuse.
Concrètement, cela veut dire qu?une ONG peut identifier un hameau reculé dans le centre du pays où quatre familles vivent dans le dénuement absolu. Informée de cela, une entreprise de l?agroalimentaire peut leur proposer de devenir fournisseur de légumes hydroponiques ou de poulet pour son usine de transformation. Le gouvernement peut, lui, faciliter l?accès à des moyens de financement
et des conseils techniques pour aider à la constitution du projet. Tandis que le département de Responsabilité sociale de la même entreprise ou d?une autre, en collaboration avec le ministère de la Sécurité sociale, peut mettre en place un plan d?accompagnement scolaire pour les enfants du hameau.
Il faut imaginer ce type d?initiative dupliquée à travers le pays. Touchant ici dix familles, là une cinquantaine. Pour se rendre compte que l?on peut sagement espérer éradiquer l?extrême pauvreté d?ici dix ans. Le contexte local est favorable à la réussite. Les aides étrangères sont là. De grandes entreprises s?impliquent dans la lutte. Des ONG arpentent le pays et aident à dresser un constat précis de ceux qui doivent être aidés. Nous sommes en passe de réussir? pour peu qu?on agisse dès maintenant.
On ne peut toutefois ne pas relever l?évidence. Cette initiative semble naître au moment même où l?on constate que la politique de ciblage des prestations sociales paraît durablement compromise. Le Premier ministre ne s?est pas résolu à « draw the line », il préfère s?évertuer à « trouver d?autres moyens » pour aider les pauvres. Il faut toutefois lui rappeler que le temps presse. La perte accélérée du pouvoir d?achat est une réalité. Une crise alimentaire se profile. Les premiers, et les plus durement touchés seront ceux qui gagnent Rs 100 par jour ! Il ne peut se permettre de tergiverser et de réfléchir indéfiniment.
Car il y a urgence !
Devant la lenteur du Premier ministre à trancher le débat. Et impulser une direction claire sur le dossier du combat contre l?extrême pauvreté, il vaut effectivement mieux aller chercher ailleurs. Selon nous, ce partenariat paraît donc être une bonne solution d?appoint. En attendant que le Premier ministre nous précise ces « autres moyens » qu?il a en tête?
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