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Économie : bilan mitigé pour 2004
Le bilan économique des trois premiers trimestres de l’année 2004 à la Réunion confirme la reprise entamée en fin d’année 2003, sans toutefois en conserver l’intensité. D’après l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM), “l’activité économique a été globalement bien orientée au premier et au troisième trimestre de l’année 2004 mais s’est infléchie au second trimestre.” Un infléchissement dû au fait d’un ralentissement passager de la consommation des ménages, principal moteur de l’économie, et des effets de la grève des secteurs du bâtiment et des travaux publics et des transports. Ces grèves avaient provoqué une paralysie des échanges pendant quinze jours. Si les secteurs du commerce de gros, des services et de l’industrie (agroalimentaire et autres) ont été bien orientés, le secteur primaire et surtout le tourisme affichent en revanche une morosité persistante.
Le bilan dans l’hôtellerie s’avère ainsi particulièrement décevant au 30 septembre 2004. La hausse du trafic aérien liée à l’augmentation de l’offre (avec l’arrivée des compagnies Air Bourbon et Air Austral sur la ligne Réunion-métropole), s’est faite dans un climat de vive concurrence sur les prix qui a surtout bénéficié au tourisme affinitaire et aux déplacements des Réunionnais.
Selon L’IEDOM, “le tourisme traditionnel et de groupe a été pénalisé par la concurrence de certains pays des Caraïbes ainsi que par un manque de campagne de communication au premier semestre sur la destination Réunion.” Cette situation a été corrigée au troisième trimestre par une importante campagne de communication qui a commencé à porter ses fruits fin octobre et début novembre.
Les professionnels estiment toutefois qu’un bon dernier trimestre ne permettra pas de rattraper le retard accumulé depuis le début de l’année. L’activité touristique se trouvera perturbée par l’arrêt des opérations de la compagnie Air Bourbon fin novembre et sa liquidation judiciaire prononcée début décembre.
L’envolée des cours du pétrole, partiellement amortie par la hausse de l’euro et la réglementation en matière de tarification de l’essence et de l’électricité, a pesé sur le coût du transport aérien, terrestre et maritime, ce dernier, souligne l’IEDOM, étant déjà soumis a des tensions du fait de la pression exercée par la demande chinoise.
Les effets de la hausse du prix de certaines matières premières, comme l’acier, sur la rentabilité des entreprises de construction ont également été sensibles. Dans ce contexte, l’indice des prix à la consommation (+ 2,3 % en glissement annuel à fin octobre) s’est raisonnablement maintenu à un niveau proche de celui de l’an passé, malgré les hausses des prix du tabac et des produits pétroliers (respectivement + 17,2 % et + 6,5 % à fin octobre).
S’agissant du marché de l’emploi, l’enquête annuelle de l’INSEE du deuxième trimestre 2004 révèle une légère remontée du taux de chômage à 33,5 % contre 32,9 % au second trimestre 2003. Ces résultats décevants résultent de la diminution sensible du nombre d’emplois aidés; en revanche, l’emploi salarié du secteur marchand a progressé de 3,1 % en 2003, soit 3 503 emplois créés. Au 30 juin 2004 et sur un an, la progression de l’emploi salarié marchand s’établissait à 4,1 % selon l’INSEE.
A l’exception d’un premier trimestre 2004 morose, l’industrie manufacturière enregistre des résultats satisfaisants au second et troisième trimestre de l’année. En volume, les importations maritimes de produits métalliques, de bois destinés à la transformation, de produits destinés aux imprimeries – cartonneries et de matières plastiques brutes – produits chimiques de base, progressent sensiblement sur les neufs premiers mois de l’année.
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