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À c?ur ouvert avec Dominique Espitalier Noël
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À c?ur ouvert avec Dominique Espitalier Noël
Par-delà toutes les chirurgies. ?L?art est ma thérapie?. L?intervention, Dominique Espitalier-Noël la pratique depuis quinze ans. Sans anesthésie. Au scalpel des émotions, elle vide et cautérise les blessures de l?âme. Opération à c?ur ouvert, que le peintre nous donnera à voir les 16, 17 et 19 décembre à la galerie du Moulin Cassé à Grand-Baie.
Sans complaisance. Son pinceau ne dévie pas la circulation dans un c?ur-poumon artificiel. Dominique Espitalier-Noël n?étouffe pas ses cris à l?heure d?ouvrir ses cavités cardiaques. En 1990, elle n?en pouvait plus. Les sentiments égratignés ?par la mentalité, par le manque d?espace dans ma tête?, Dominique suffoque. S?échappe.
Se réfugie à Cape Town, ?au moment le plus excitant, c?est-à-dire à la fin de l?apartheid?. Anonyme dans cette grande ville, seule contre une mer ?glacée, qui n?a rien à voir avec l?océan calme et chaud que l?on connaît ici?, Dominique apprend à apprivoiser son environnement. S?offre le luxe de ?rester des heures à regarder voler une chauve-souris?. Prend le temps de se laisser ?fouetter? par l?eau salée, comme pour se laver de la ?colère, la frustration que je ressentais quand j?ai quitté Maurice, en disant que je n?y remettrais plus jamais les pieds?.
En terre africaine, Dominique touche à tout. Question de caractère. La ?grande gueule? apprend à ?s?asseoir en forêt et rester une journée sans parler?. Exploit qui relève de l?impossible pour nombre d?entre nous. L?artiste elle, s?assume, reconnaît que l?on a tous ?besoin d?extrême?. Se plaît à ?jouer avec trois roches pendant cinq heures? pour en éprouver toutes les formes, pour en capturer ?la magie?.
Alchimie des émotions, quand elles sont débarrassées des faux-semblants. À coup de mixed media, Dominique Espitalier-Noël nous montrera ?qui je suis vraiment?. Trente-cinq tableaux, principalement figuratifs. Elle y explore la palette de l?immédiat, ce qui l?anime. Ce déclic naturel qui surprend là où on l?attend pas, que ce soit en écoutant une chanson à la radio ou en croisant un visage dans la rue.
À fond dans l?expérience vécue pour remplir ce qu?elle croit être le rôle de l?artiste : ?révéler ce que l?on ne voit pas?. Le registre de l?émotion lui a inspiré une série d?autoportraits, ?qui ne me ressemblent pas exactement?. Ce qui ne devrait pas nous empêcher de reconnaître nos propres peurs, nos bonheurs éphémères, nos tristesses persistantes. Une vie quoi.
Quinze ans de peinture, c?est aussi une progression visible, pour celle qui est titulaire d?un diplôme en Textile Design de la Ruth Prowse School of Art du Cap. Après avoir tâté à la sculpture sur bois, à la céramique, au travail sur papier, Dominique Espitalier-Noël s?est décidée à nous montrer ses monochromes argentés. ?J?ai d?abord commencé avec du noir? parce qu?elle en broyait . Avant de s?aventurer dans l?univers de la couleur.
Entreprise somme toute réussie, car la peintre entreprend désormais de soulager les douleurs de ses amis. D?où Taming Cancan. À première vue, ce sont des tâches de jaune, de bleu et de rouge qui s?affolent et courent dans tous les sens. De plus près et sous les doigts de l?artiste, ce canvas prend des dimensions humaines. Celui du cancer d?une amie. ?Quand on en parlait, on disait ?cancan?, alors j?ai dessiné la maladie et son assistant?. La douleur regardée en face est sans doute celle qui est la mieux exorcisée.
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