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«Se souvenir des belles choses»

18 juin 2005, 00:00

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Elle n?a rien d?une étoile absolue. Elle voudrait se faire discrète, mais sa grande taille et son lumineux sourire, la démarquent d?emblée. Au-delà du vertige qui ponctue sa vie depuis son élection au statut de Miss Maurice et ses participations aux prestigieux concours de Miss Monde et Miss Universe, Magalie Antoo a su garder les pieds sur terre. Pour elle, rien ne va de soi. Ni sa beauté naturelle, ni son statut d?ambassadrice de Maurice et encore moins le fait d?être reconnue parmi les plus jolies filles de la planète.

Sa vie a toujours été un long fleuve tranquille, entre sa famille, son fiancé Jean-Philippe et son travail de tour opérateur. Rien, si ce n?est son naturel désarmant, ne la prédestinait à une vie de reine de beauté. Quand elle parle des portes que le concours Miss Mauritius lui a ouvertes, son débit est plus rapide. Elle sait être reconnaissante, envers l?organisation du concours qui l?a bien encadrée. Elle sait aussi reconnaître que chez nous, les concours de beauté n?ont pas la côte. Une circonstance qui tend à l?affliger.

Sensible de nature, cette grande fille simple, prend les choses à c?ur. Comme sa visite sur les plages de Phuket en Thaïlande, où la générosité des habitants, leurs larges sourires, leur sens de l?hospitalité et ces décombres qu?elle a aperçus, non loin de l?hôtel où elle transitait, l?ont touchée jusqu?à la bouleversée. Difficile de rester insensible. Même si, inconsciemment, on s?attend à voir de la désolation. Mais ce dire que « ce peuple là a vécu l?horreur, alors que nous, nous arrivons devant eux maquillées et sous notre meilleur jour? »

Difficile aussi d?accepter de sompteux cadeaux, tout en sachant que l?aide humanitaire a été à peine suffisante pour reconstruire le pays. La Thaïlande a enterré trop de morts pour ne pas garder les séquelles : des hôtels reconstruits, des maisons rasées ? tout cela laisse des traces. « Difficile de leur apporter du réconfort à travers un simple sourire. Mais ils nous ont si bien accueillies, que l?on est restées béates devant tant de générosité. »

Le son de sa voix, suave à souhait, marque une profonde tristesse. De toute manière, Magalie Antoo n?est pas de celles qui restent indifférentes devant la souffrance d?autrui. Elle voudrait être davantage sollicitée par des associations pour un engagement social. Ca sert aussi à cela, être Miss ! La cause des orphelins lui tient particulièrement à c?ur. Orpheline de père, elle sait combien il est difficile de vivre sans un parent. « Mon père est décédé quand j?avais seize ans. J?ai alors appris à vite devenir responsable. »

<B>Rêve concrétisé</B>

C?est comme cela qu?elle a appris la valeur de la famille. « Sans le soutien de ma mère, de ma s?ur et de mon fiancé, je n?aurais jamais vécu de manière aussi positive toute cette expérience. » Magalie Antoo a appris à apprivoiser sa réserve. Aujourd?hui, elle peut s?exprimer facilement et même parler en public. A voir la manière dont elle enchaîne les interviews et répond, en toute franchise aux questions des journalistes, sa plus belle victoire a été de pouvoir s?affirmer. « Ce concours a ceci de particulier : il vous aide à sortir de votre coquille. Je crois qu?une jeune fille qui veut vivre cette expérience à fond, ne devrait pas hésiter à s?inscrire. Il faut mettre de côté les a priori et le qu?en dira-t-on, pour vivre intensément ce concours. Miss Mauritius et tout ce qui suit, m?a permis de vivre une expérience unique et incomparable. »

Inscrite à son insu, la réalité a dépassé ses espérances puisqu?elle ne s?était même pas imaginer parvenir aussi loin. Et comme le destin fait souvent bien les choses, elle a su en tirer profit. « Je pense avoir profiter de chaque seconde. Les trois semaines passées en Thaïlande ont eu des allures de conte de fée. C?était mieux que je ne l?aurais jamais espérer ! » Là-bas, elle a appris à découvrir d?autres cultures et à parler des nombreuses richesses de son île. « Je travaille dans le tourisme, apprendre des autres et leur présenter l?île Maurice, a été très facile pour moi. » Son amitié avec Cindy Fabre, Miss France 2004, avec qui elle a partagé sa suite, est sans doute l?une des plus belles choses qu?elle conservera de son séjour thaïlandais.

Mais aujourd?hui, il faut redescendre sur terre. Ca tombe bien, elle ne l?avait jamais quittée ! Sa vie est intacte. Le prestige, l?honneur, le glamour et les paillettes, c?est pour un temps. Les souvenirs demeurent. Elle contemple les photos du concours les yeux brillants. Sur les murs de son salon, sa mère a pris soin de faire encadrer diverses photos d?elle. « Cela fait plaisir ! Ma famille, particulièrement ma mère, est toujours très emballée par tout ceci!» Mais la vie continue.

La vraie vie, ce sont les petits bonheurs : les dîners en famille, les conversations avec sa s?ur. Magalie est bien ancrée dans la réalité des choses. Tout le reste est éphémère. « Il y a beaucoup davantages à être Miss, les ouvertures sont nombreuses. Mais je reste une fille simple, bien dans sa vie. » On veut bien la croire.

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