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«Saisissons l?opportunité qu?offre le marché américain»
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«Saisissons l?opportunité qu?offre le marché américain»
«Une bonne nouvelle pour Maurice. La dérogation Third Country Fabrics, longtemps recherchée par le pays dans le cadre de l?African Growth and Opportunity Act (AGOA), nous a été finalement accordée par les Etats-Unis. Nous pouvons exporter nos produits vers ce pays sans droits de douane, ni quota jusqu?en 2015.» Rama Sithanen, ce samedi, lors d?une conférence de presse à Port-Louis, n?a pu retenir sa joie. Ainsi, jusqu?en 2015, la condition dénommée Third Country Fabrics (TCF), qui ralentissait les flux des exportations en direction des Etats-Unis, est finalement levée.
L?industrie textile pourra exporter vers le plus grand marché du monde, sans droits de douane ni quota, des produits textiles fabriqués à partir de matières premières en provenance de n?importe quelle région. Et ce, pour sept années supplémentaires. Selon cette condition dite TCF, ne peuvent accéder au territoire américain duty free et quota free, que les produits fabriqués à partir de matières premières achetées soit des Etats-Unis, soit d?un pays bénéficiant de l?AGOA.
Maurice, après avoir profité de la dérogation TCF pendant un an, se voit à nouveau gratifier de ce privilège jusqu?en 2015, année où théoriquement, les avantages accordés par l?AGOA prendront fin. «Les efforts déployés par le Premier ministre Navin Ramgoolam vis-à-vis de l?administration et du Congrès américains ont payé. Nous devions convaincre, non seulement la Chambre des représentants et le Sénat, mais aussi le Lesotho. Le Premier ministre a dû écrire personnellement à son homologue, le Premier ministre de ce pays, qui avait émis des objections quant à l?éligibilité de Maurice pour la dérogation», a souligné le ministre des Finances.
D?ailleurs, le Premier ministre Navin Ramgoolam, dans une déclaration à l?express, a attribué à lui-même ainsi qu?à son gouvernement la paternité de cette prouesse diplomatique. «C?est le résultat de la campagne agressive que moi-même, personnellement, ainsi que mon gouvernement, avons menée.»
A point nommé
Rama Sithanen, quant à lui, a mentionné les noms de certaines personnalités sans l?aide desquelles les négociations n?auraient pu aboutir. Notamment l?Américain Paul Ryberg, l?ambassadeur Kailash Ruhee, le regretté Peter Craig, décédé il y a quelques semaines, le conseiller à l?économie et au commerce Vinod Busjeet, entre autres.
Il a ensuite encouragé les entrepreneurs à profiter de cette opportunité qu?offrent les Etats-Unis. «J?exhorte les entrepreneurs qui souhaitent pénétrer à nouveau le marché américain à ne pas rater cette opportunité. L?économie américaine, qui absorbait auparavant 25 % de nos produits d?exportation en textile et habillements, peut redevenir un de nos principaux débouchés. Malgré les difficultés auxquelles ce pays est actuellement confronté, force est de reconnaître que c?est le marché le plus puissant du monde. Je demeure persuadé que les Etats-Unis, grâce à leur flexibilité, sont capables de rebondir d?ici 2009, et de reprendre le dessus sur la crise. Nous, à Maurice, avons tous la responsabilité d?utiliser et de mettre à profit cette dérogation, que nous cherchons d?ailleurs à pérenniser au-delà de 2015», a vivement souhaité Rama Sithanen.
Pour Maurice Vigier de Latour, membre de la Mauritius Export Association et Chief Executive Officer de Denim de l?île, l?une des entreprises textiles les plus puissantes du pays, la dérogation TCF vient à point nommé. «C?est une bonne mesure pour le textile mauricien, s?est-il réjoui. Elle arrive à un moment où l?industrie textile fait face à de grandes difficultés, caractérisées par la crise énergétique, la récession aux Etats-Unis et le ralentissement économique sur les principaux marchés européens. Cette dérogation profitera particulièrement aux entreprises qui ne sont pas intégrées de façon verticale. Elles pourront ainsi importer les matières premières dont elles ont besoin d?autres régions, et offrir leurs produits à un prix compétitif sur le marché américain.»
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