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«Pas d?augmentation du prix de la farine malgré la hausse sur le marché mondial»
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«Pas d?augmentation du prix de la farine malgré la hausse sur le marché mondial»
Après la baisse de prix de l?essence et du diesel et la non-majoration du gaz ménager, le gouvernement veut faire durer le soulagement des consommateurs. Même si cela peut prendre à contre-pied la vérité des prix. Le ministère du Commerce prend ainsi l?engagement de ne pas augmenter le prix de la farine malgré la hausse substantielle de ce produit sur le marché mondial.
Le ministre du Commerce et de l?Industrie, Rajesh Jeetah, a commenté hier les dernières décisions de l?Automatic Pricing Mechanism (APM) concernant les carburants. Il a aussi affirmé que les finances de la State Trading Corporation (STC) s?améliorent sensiblement même si elles subissent les hausses importantes des marchandises importées dont le gaz ménager et la farine.
Le ministre justifie ces décisions par un souci de ne pas pénaliser les couches sociales les plus vulnérables. «Le Premier ministre a affirmé dans son message de fin d?année que le gouvernement fera tout pour protéger les plus faibles», indique Rajesh Jeetah.
Les derniers prix de l?APM affichent la détente après la tendance à la hausse de la plupart des produits pétroliers lors des exercices précédents. Le litre d?essence est passé de Rs 40,60 à Rs 32,50, tandis que le litre du diesel chute à Rs 26,50 contre Rs 30,20. Le prix du gaz liquéfié reste inchangé, soit à Rs 315 la bouteille de 12 kg. Et aucune révision du prix du gaz est prévue avant octobre. «La population n?a aucun souci à se faire jusqu?en octobre. De toute manière, l?APM ne pourra pas appliquer une augmentation supérieure à 5 % sur le gaz selon les nouveaux règlements», assure le ministre.
De même, aucun effet de la flambée des cours mondiaux du blé sur le prix de vente de la farine à Maurice. La STC a payé en moyenne 30 % plus cher l?approvisionnement de ce produit pour 2007. Pourtant, elle ne compte pas répercuter cet ajustement sur le marché.
Bonne nouvelle, certes, pour les consommateurs qui peuvent également s?attendre que les prix des produits à base de farine ne connaissent aucune majoration, comme le promet le ministre du Commerce. Mais comment la STC s?en sort-elle avec ces décisions de ne pas passer au consommateur certaines hausses de prix parfois substantielles ?
Rajesh Jeetah est catégorique : la STC a les moyens d?absorber ces hausses tout en poursuivant son assainissement financier. Selon le ministre, les dettes de l?organisme s?élèvent à Rs 68 millions à fin 2006 contre une ardoise de Rs 2 milliards en juillet 2005.
La non-majoration des prix de la farine et du gaz ménager ne devrait pas empêcher la STC de continuer à éponger ses dettes, assure Rajesh Jeetah. «La STC est aujourd?hui gérée de manière plus efficace. Il y a aussi certaines décisions concernant l?approvisionnement de certains produits, dont l?accord avec Mangalore Refineries and Petrochemicals Ltd (MRPL) qui nous a fait économiser plus de Rs 350 millions sur la note pétrolière», fait ressortir le ministre.
Bénéfice pour les consommateurs
Pour Ranjit Soomarooah, directeur général de la corporation, le fait que la STC ne distribue pas de dividendes ces temps-ci au gouvernement central permet à cet organisme de dégager des ressources pour absorber certaines hausses dans les coûts des produits importés.
Le ministre ajoute que l?accord avec MRPL a grandement contribué à faire baisser les prix de l?essence, du diesel et d?autres produits pétroliers. «Les consommateurs ont bénéficié de cette économie. Nous n?aurions pas pu réaliser cela si nous avions maintenu les procédures d?appel d?offres normales pour l?approvisionnement des produits pétroliers», explique Rajesh Jeetah.
Celui-ci défend avec force le rôle de la STC comme un intervenant qui est à même d?apporter un répit aux consommateurs face à la hausse des prix. «La STC agit comme un tampon sur le marché. La population passe par des moments difficiles. Il faut laisser la STC jouer son rôle», insiste-il.
Mais parallèlement à ce renforcement de l?intervention de l?Etat sur le marché, le ministère prévoit aussi des initiatives vers la libéralisation. Le ministre annonce ainsi qu?un nouveau projet de loi sur la compétition sera bientôt prêt. Cette loi prévoit la création d?une institution pour traquer les mauvaises pratiques marchandes telles les cartels, les collusions et les monopoles.
Cette agence aura des pouvoirs pour agir comme chien de garde dans les marchés libéralisés marqués par la dérégulation des prix et la libéralisation de l?importation des produits jusqu?ici soumis au monopole de l?Etat (à travers la STC) ou le privé.
Dans le même souffle, le gouvernement a pris la décision de libéraliser l?importation de la farine. Selon Rajesh Jeetah, il y a eu un accord de principe en ce sens, même si les modalités de cette ouverture restent à définir.
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