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«Nous allons bientôt présenter trois nouvelles variétés de pomme de terre»
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«Nous allons bientôt présenter trois nouvelles variétés de pomme de terre»
● Le MSIRI organise à partir d?aujourd?hui une conférence sur la pomme de terre. Pourquoi parle-t-on autant de la pomme de terre ?
Cette année a été décrétée par la Food and Agriculture Organization (FAO) l?année internationale de la pomme de terre. Le maïs, le riz et le blé sont des denrées alimentaires de base dont les prix ont déjà grimpé. La FAO a attiré l?attention sur le fait que la pomme de terre peut aussi devenir une denrée de base qui pourrait satisfaire les besoins en alimentation à l?échelle mondiale.
Aujourd?hui au MSIRI, nous organisons, avec plusieurs partenaires, une journée de conférence suivie d?une exposition qui se tiendra demain au même endroit. Elle seront ouvertes au grand public. Nous avons aussi produit un livre de recettes, une carte qui montre les zones aptes à la culture de pomme de terre et un CD interactif qui seront distribués ces deux jours.
● Où en est justement le MSIRI dans ses recherches sur la pomme de terre ?
Nos recherches sont bien avancées, notamment sur des variétés à fort rendement. Nous avions déjà lancé la Belle Isle, une nouvelle variété dont les semences seront disponibles l?année prochaine. Nous avions déjà un lot de semences mais dont nous avons estimé que 5 % n?étaient pas saines et que nous avons donc détruites. Là nous en produisons d?autres.
En ce moment, nous travaillons aussi sur trois nouvelles variétés. A ce stade, elles n?ont pas encore de noms, que des numéros. Elles ont un rendement plus fort et sont plus résistantes. Nous les peaufinons actuellement et nous allons les présenter l?année prochaine.
● Maurice a-t-elle le potentiel d?être autosuffisante en pomme de terre ?
L?autosuffisance en pomme de terre avait déjà été atteinte au cours des années 80 et puis cette culture a été un peu négligée. Mais aujourd?hui, les prix des denrées alimentaires augmentent et plusieurs pays n?exportent plus certaines denrées qu?ils gardent pour leur propre consommation. Il faut savoir qu?ici à Maurice, notre rendement à l?hectare est déjà de 24 tonnes alors que la moyenne mondiale est de 16 tonnes. La production annuelle de pommes de terre à Maurice est de 14 000 tonnes et la consommation de 25 000 tonnes. Le potentiel est bien là.
Aujourd?hui, les intrants dans la culture de la pomme de terre sont très chers. Il y a cinq ans, il fallait avoir Rs 150 000 pour cultiver un hectare. De nos jours, on a besoin de Rs 275 000. Les recherches du MSIRI tournent aussi autour des façons de baisser les coûts de production, notamment en développant des semences qui résistent mieux aux maladies, qui ont un rendement plus fort, et qui s?adaptent aussi à la mécanisation.
● L?accent que met le MSIRI sur la pomme de terre figure-t-il dans le cadre d?une orientation de l?institut vers la diversification ?
Le MSIRI a encouragé, depuis plusieurs années, les planteurs à faire une rotation et à ne pas pratiquer la monoculture. Par exemple nous recommandons de faire la rotation en plantant du maïs, des pistaches, ou des légumineuses pour relever la santé du sol.
Avec les changements au niveau du sucre, nous avons déjà commencé à faire des recherches dans le cadre de la diversification. Nous nous concentrons notamment sur le maïs et le soja.
● Pourquoi avoir choisi ces deux denrées ?
Nous entamons des recherches en général selon la demande. Là, nous avons eu quelques propriétés qui ont montré de l?intérêt pour le maïs et le soja. Et la consommation locale de maïs est de 75 000 tonnes, notamment pour produire la nourriture pour volaille. Le marché pour le maïs est déjà constitué. Le soja peut quant à lui être utilisé pour la production d?huile.
Les revenus du MSIRI proviennent actuellement du Cess. Avec la réforme du secteur sucre, cela pourrait changer.
● Le MSIRI se prépare-t-il à gérer cela ?
Il nous faudra vendre nos services. Le MSIRI fait, par exemple, beaucoup d?analyses, sur demande, gratuitement. S?il y a des changements au niveau du Cess, qui sponsorise 95 % de nos frais, nous allons devoir facturer nos services et aussi élargir notre champ d?action. Nous pourrons aussi exporter nos services au niveau de la région, comme nous le faisons déjà au niveau de l?Afrique en ce qui concerne la canne.
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