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«Livres comme l?air»

3 mars 2008, 00:00

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«Une souris verte, qui courait dans l?herbe.» Devanny Moonian l?a attrapée par le bout du livre. Et diffuse depuis septembre 2007, une série de publications, dont de la littérature enfantine. «Cela marche bien, même si j?avoue que c?est un peu cher.» En clair, elle n?est pas à la portée de toutes les bourses en librairie, explique la directrice de La souris verte diffusion.

Avec des publications importées de France, à cinq ou six euros, cela revient à Rs 200 ? Rs 250. «Ce n?est pas évident pour les parents d?acheter ne serait-ce qu?un livre par mois», dit-elle.

Cruciale la question de prix. Du côté des Editions Le Printemps (ELP), on a pris le taureau par les cornes. Pour proposer Les contes de la forêt. Ahmad Sulliman, directeur des ELP explique, «On a fait traduire, par des Mauriciens, une série de contes qui viennent de Malaisie.

Il y en a dix au total et c?est sorti en décembre 2007. Vous savez à combien c?est ? A Rs 35 l?unité. C?est en format A4, en couleur et illustré. Les parents peuvent en prendre deux, ou trois et ceux qui ont les moyens peuvent prendre tous les dix. Allez dans un magasin et voyez si vous pouvez trouver un cadeau d?anniversaire à Rs 35». Selon le directeur des ELP, cette formule est déjà un succès. Les parents reviennent. Démonstration que des solutions existent face aux livres importés.

De quoi parlent ces contes ? Ahmad Sulliman cite à la volée : Le roi gourmand, Le pître bienveillant, La ruse mortelle de Madame crocodile. «Il y a toujours une morale de l?histoire.» Public ciblé : «A partir de la Std III», c?est-à-dire sept, huit ans.

La consommation des livres pour enfants est-elle cyclique ? Pas forcément, répond de son côté André Lam de Bookcourt. «Il y a des parents responsables qui sont concernés par le développement à la fois personnel et scolaire de leurs enfants». Préférant plutôt parler de lecture «parascolaire», ce libraire qui, justement, ne vend pas de manuels scolaires dans ses trois établissements (Caudan?Trianon-Flacq), explique qu?«on ne néglige pas la littérature enfantine, qui est un créneau un peu flou». Qui commence de 0 à trois ans, avec par exemple des livres pour l?heure du bain. Lavables et constituant surtout l?épate d?approche du livre par le jeu.

«L?imaginaire joue beaucoup », affirme André Lam. Citant la série des Harry Potter, à ranger dans la catégorie des classiques. Tout comme les «activity books», les livres qui demandent une «consommation active», comme le coloriage, qui vous apprennent à former les lettres ou les livres de comptines accompagnés d?un support audio.

Grosse affluence aux foires du livre

Et le livre ? en dehors du manuel scolaire ? a-t-il pris de l?ampleur comme cadeau des parents aux enfants ? «Je crois que nous avons contribué à cela à travers les foires organisées pour la journée du livre», assure pour sa part Yves Chan Kam Lon, directeur de la Bibliothèque nationale. Et de nous raconter l?histoire du chauffeur de taxi qui pour la Noël préfère acheter des livres à ses enfants «plito ki zouzou».

Pour Devanny Moonian, pour Noël, c?est en général, «les gros livres de contes, les livres éducatifs. Mais pour un anniversaire, le parent qui sait que sa fille adore tel ou tel dessin animé, cherchera le livre correspondant».

Quand on fait remarquer que nombre de parents profitent de ces foires annuelles pour acheter un dictionnaire plutôt que de la fiction, Yves Chan Kam Lon acquiesce. «C?est vrai. C?est parce que c?est trop cher et ils attendent les foires pour s?approvisionner. Mais n?empêche, avec les réductions, ils peuvent repartir avec des livres de lecture à Rs 25 ? Rs 30.»

Avant de signaler ce qui est pour lui une «lacune» : il faut des auteurs mauriciens pour écrire des livres pour les enfants mauriciens. Pour «coller à la réalité locale». Un des rares exemples aura été La tififi citronelle qui n?entendait que le vent dans les champs de canne, texte de Carl de Souza, illustré par Danièle Hitié, sorti en 1999. Autre publication purement locale : Les aventures de Tikoulou, série publiée par les Editions Vizavi.

Au hit-parade des meilleures ventes pour ce qui est de la littérature enfantine, Devanny Moonian affirme que les classiques des Bibliothèques rose et verte sont toujours d?actualité. Relookées, rajeunies, débarrassées de leur couverture cartonnée, Les aventures d?Alice détective et du Clan des sept ? si elles existent toujours ? ont fait place à «des personnages que les enfants retrouvent dans à la télé». Des séries telles que Code Lyoko (l?histoire d?un monde parallèle au nôtre qui s?appelle Lyoko. Il existe dans un super ordinateur et est menacé par le programme Xana, qui pourrait détruire le monde). Ou encore, toujours pour les garçons, Titeuf (et ses déboires amoureux, ceux d?un petit garçon qui montre la vision des enfants du monde des adultes), Cédric et Kid Paddle, et pour les filles : Winx Club, six super fées qui utilisent leurs pouvoirs pour défendre le royaume contre les forces de l?Ombre. Les Totally Spies, trois jeunes espionnes déjantées. Yu-Gi-Oh, autre série qui a connu un craze notamment grâce à la collection de cartes à jouer, en vente dans le commerce, en même temps que la diffusion des dessins animés, existe aussi en format livre de lecture.

LES EDITIONS NOUSRAH, LE LIVRE PERSONNALISE

■ La pub intrigue. Elle dit en substance :«Le rêve où votre enfant est la star, son livre personnel. Il fait partie de l?histoire. Il lit son nom sur chaque page.» Jean Mée Sandian, collaborateur des Editions Nousrah décode : «Les parents nous donne le prénom de l?enfant au préalable et nous l?insérons dans l?histoire.» Le jeune lecteur découvrira alors, au fil des pages, un personnage s?appelant comme lui. «Le but est de donner le goût de la lecture aux enfants. Ce n?est pas le cas actuellement», explique notre interlocuteur.

Conclusion à laquelle Jean Mée Sandian est arrivé après 15 ans comme «graphic designer» au «Mauritius Institute of Education». «J?ai travaillé sur la préparation des manuels scolaires. Vous savez, ce n?est pas parce qu?un livre fait 150 pages que cela va aider l?enfant.»

Pour proposer sa formule de livre personnalisé, les Editions Nousrah a obtenu «une licence d?une maison d?édition en Suisse», autour de thèmes tels que l?univers des animaux, la sécurité routière, ou l?aventure en campagne. En clair, des textes standard dans lesquels le nom de l?enfant est inséré. Et est-ce que ces textes sont adaptés au contexte local ? Jean Mée Sandian répond : «Cela devrait être fait d?ici la fin de l?année.» Les Editions Nousrah, société d?Ibrahim Patel, existe depuis janvier de cette année. Le livre personnalisé est à Rs 500.

SALON DU LIVRE DE PARIS, C?EST CE MOIS-ÇI

■ Evénement de la planète livre, le Salon de Paris aura lieu du 14 au 19 mars. Cette année, il fait honneur à Israël et sa littérature. Pour continuer «à porter haut et loin un message universel : le plaisir de lire». Et ce, malgré les appels au boycott, de pays et organisations arabes qui se sont élevés contre le choix de la littérature israélienne comme invitée d?honneur du Salon.

Pendant ces six jours, les visiteurs pourront aller à la rencontre de plus de 1 200 éditeurs exposants, 3 000 auteurs, dont 39 auteurs israéliens invités d?honneur.

Côté programmation, plusieurs nouveautés seront inaugurées cette année : notamment le Village Manga, les «Lectures de dem@in», dédiées aux lectures numériques. Les visiteurs sont aussi invités à explorer l?univers d?un créateur. Cette année, le Salon fête «Les 25 ans du Chat» personnage créé par le dessinateur Philippe Geluck. Pour cette édition, le Salon réserve une place de choix à la BD, considérée comme «un des secteurs les plus dynamiques du moment dans le domaine du livre». Et toujours, des parcours thématiques pour faciliter la vie des visiteurs. Par ailleurs, le «London Book Fair» aura lieu du 14 au 16 avril.

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