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«L?insuffisance des infrastructures peut entraver la croissance»

2 avril 2008, 00:00

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Le magazine d?analyse et de perspectives du groupe MCB, MCB Focus, qui est sorti hier, met le doigt sur la plaie. Les faiblesses des infrastructures du pays peuvent mettre en péril l?atteinte des objectifs macroéconomiques fixés à court et moyen termes qui accompagnent le programme de réformes initié par le gouvernement pour atteindre un taux de croissance élevé et soutenable.

MCB Focus qualifie ce programme de réformes «d?ambitieux» mais exprime des craintes au sujet de la capacité actuelle du réseau routier, du port, de l?aéroport, de l?eau, de l?électricité et des télécommunications de répondre aux besoins du pays et du développement économique.

Pour cette raison, le magazine de la caravelle estime que des décisions s?imposent au lieu de commander des études continuellement. À cet effet, une plus grande confiance doit être attachée au partenariat public-privé dans le but de rendre les investissements beaucoup plus efficients.

À un autre niveau, les décideurs devraient éviter des situations où, malgré la disponibilité des fonds, des projets d?infrastructures ne sont pas réalisés ou sont même abandonnés en raison, entre autres, d?un non-retour immédiat sur l?investissement et des contraintes administratives.

Si certains secteurs sont déjà affectés par des goulots d?étranglement au niveau des infrastructures, d?autres craignent des contraintes dans un proche avenir si des mesures appropriées ne sont pas prises rapidement. Ainsi, en raison du retard dans la réalisation de projets gouvernementaux déjà programmés, il est à craindre que ces faiblesses, si elles ne sont pas résolues, entravent les opérations dans plusieurs secteurs et freiner l?investissement, empêchant du même coup l?expansion économique projetée dans les années à venir.

Tout d?abord il y a la congestion routière qui est devenue un obstacle sérieux à la croissance économique en raison des coûts élevés que cela représente pour la bonne marche des affaires. Des retards dans des décisions ont systématiquement entravé l?application des stratégies recommandées par de nombreuses études pour régler la congestion routière. Alors que des solutions plus durables ont été maintes étudiées, aucune décision n?a encore été prise.

Le port connaît une remarquable croissance d?activités. Mais, en raison des problèmes qui entraînent la hausse des coûts d?opération à Port-Louis, des appréhensions sont exprimées qu?une telle situation pourrait pousser des lignes maritimes internationales majeures à préférer d?autres ports de la région pour leurs activités de transbordement. Des alliances stratégiques avec d?autres opérateurs portuaires internationaux devraient être considérées pour améliorer la compétitivité du port de Port-Louis tout en augmentant la capacité d?investissement.

À l?aéroport, en raison des projections de la croissance du nombre de passagers et du nombre de vols liés à l?ouverture du ciel, une augmentation de la capacité de l?aéroport est jugée essentielle. D?autant que le gouvernement a déjà envisagé l?extension de l?aérogare. La construction d?une deuxième piste d?atterrissage devrait aussi être considérée.

Il y a des indications que des tergiversations du gouvernement au sujet de la réforme dans le secteur de l?énergie sont en train de causer de la forte pression sur les projets de production d?énergie. La crainte existe qu?aucune des centrales bagasse-charbon envisagées par le privé n?entrera en opération à temps. Alors que l?entrée en opération du premier des deux projets de centrales charbon du Central Electricity Board (CEB) pourrait être retardée à 2011, au lieu de 2009. La situation peut être plus difficile si le CEB ne peut réaliser les projets programmés en raison de sa situation financière peu confortable.

Pour la fourniture d?eau potable, même si l?entrée en opération du Midlands Dam a été salutaire, l?insuffisance de sa capacité de stockage est une contrainte. Et avec les projets de développement hôtelier et d?Integrated Resorts Scheme, des défis vont se poser pour des besoins additionnels en termes de stockage. Ce qui a poussé des établissements hôteliers à investir dans des unités de dessalement. Il sera difficile de répondre à la demande d?eau potable si les infrastructures pour l?eau ne sont pas rapidement améliorées. Pour décourager le gaspillage en périodes de sécheresse, une révision de la structure tarifaire devrait être considérée.

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