Publicité

Commerce extérieur

Le déficit commercial se creuse de 15,4% en juin 2026

20 août 2026, 22:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Le déficit commercial se creuse de 15,4% en juin 2026

Malgré une progression des exportations, la flambée des importations – tirée par l’énergie et l’alimentation – creuse davantage la balance commerciale. C’est ce qui ressort du dernier relevé de Statistics Mauritius concernant les chiffres du commerce extérieur pour le mois de juin 2026. Des données qui confirment une tendance préoccupante : le déficit commercial s’est aggravé de 15,4 % par rapport au mois de mai. En cause, une croissance des importations nettement plus rapide que celle des exportations.

Les importations ont bondi de 12,5% sur un mois et de 18,8% sur un an, pour atteindre Rs 33 542 millions. Dans le même temps, les exportations n’ont progressé que de 6,1 % par rapport à mai et de 5,6 % en glissement annuel, s’établissant à Rs 9 817 millions. Un rythme insuffisant pour compenser l’envolée de la facture des achats à l’étranger. Trois postes concentrent l’essentiel de la hausse des importations : les minéraux, carburants et lubrifiants pour Rs 9 712 millions ; les machines et équipements de transport pour Rs 6 583 millions ; les produits alimentaires et animaux vivants pour Rs 6 171 millions.

La hausse des prix internationaux de l’énergie et des matières premières explique en partie ce gonflement de la facture, un effet prix qui s’ajoute à l’augmentation des volumes importés.

Les exportations sont portées par l’alimentaire et le manufacturier. Dans le détail : les produits alimentaires et animaux vivants pour Rs 3 127 millions, les approvisionnements de navires – Ship’s Stores and Bunkers – (Rs 3 096 millions) ; les articles manufacturés divers (Rs 1 725 millions) ; les articles manufacturés classés par matière (Rs 720 millions) ; et les produits chimiques et apparentés (Rs 450 millions)

Les partenaires phares

L’analyse des partenaires commerciaux révèle une forte dépendance à un nombre restreint de marchés. À l’exportation, l’Afrique du Sud arrive en tête (12,4%), suivie du Royaume-Uni (11,1 %), de Madagascar (9,6 %), des États-Unis (8,8 %), de la France (7,4 %) et de l’Espagne (5,4 %).

À l’importation, la Chine domine largement avec 16,7% des flux, devant le Sultanat d’Oman (10,7 %), l’Inde (7,7 %), l’Afrique du Sud (6,9 %), Singapour (6,5 %) et la France (5,8 %). Cette concentration des importations sur quelques fournisseurs – et sur des produits stratégiques comme l’énergie, l’alimentation et les machines – expose l’économie à une vulnérabilité structurelle face aux chocs de prix mondiaux.

Perspectives

Le creusement du déficit de juin 2026 illustre un déséquilibre de fond : des exportations peu diversifiées, adossées à des marchés limités, face à des besoins d’importation incompressibles. Pour redresser durablement la balance commerciale, la diversification des débouchés à l’exportation et la réduction de la dépendance énergétique apparaissent comme des chantiers prioritaires. En attendant, la trajectoire des cours mondiaux de l’énergie continuera de peser sur les comptes extérieurs du pays dans les mois à venir.

image

Publicité