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«Les lois du travail rigides signifient chômage élevé et faible productivité»

5 décembre 2007, 00:00

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● <B> Vous êtes à Maurice à l?invitation de la «Mauritius Employers Federation» pour animer des conférences sur la productivité. Des employés motivés sont-ils nécessairement plus productifs ?</B>

Une bonne motivation aide toujours la productivité. Beaucoup de gens lient la motivation à l?augmentation des salaires. Or, l?argent n?est pas toujours un facteur qui motive les gens. Il y en a d?autres qui entrent en jeu.

La perspective d?être mieux rémunérés encourage les employés à être plus productifs dans une certaine mesure. Mais au-delà d?un certain seuil, l?élément salaire ne compte plus dans les efforts pour être plus performants.

Si vous êtes pauvre, une légère augmentation des salaires peut vous encourager à travailler beaucoup plus. Une fois que ce besoin a été satisfait, vous êtes à la recherche d?autres sources de satisfaction au travail telles que la qualité et la reconnaissance professionnelle. Et cela, même si l?argent est toujours important.

Beaucoup de gens riches continuent à bosser comme des fous. Ce n?est sûrement pas la possibilité d?avoir plus de revenus qui les fait courir. L?argent va de pair avec la reconnaissance sociale et professionnelle. Il faut tenir compte de ces considérations pour mieux motiver le personnel et le rendre plus performant.

● <B>Qu?est-ce que cela implique pour le «management» ? </B>

Le défi du management est de bien comprendre les gens. Les employés ont des besoins et des attentes différents. Ils ne partagent pas les mêmes aspirations. Et leurs sources de motivation varient d?individu à individu.

Certains employés souhaitent avoir plus de temps libre pour étudier ou pour passer avec leurs familles. D?autres sont plus intéressés par des plans de carrière.

Pour motiver une personne qui a pour projet d?entreprendre des études, le management doit mettre à sa disposition des opportunités de formation. Lui offrir plus d?argent ne la motivera pas dans son travail.

Une personne qui est dans la cinquantaine a, elle, des besoins différents. Elle n?a pas de grandes attentes sur le plan de développement de carrière. Son souci est d?avoir plus d?argent pour mieux répondre aux besoins de sa famille.

Le management ne doit pas avoir un plan de motivation uniforme pour l?ensemble du personnel. Il faut être flexible. Il s?agit de bien comprendre les attentes des gens et d?organiser des plans de motivation selon les aspirations des uns et des autres.

Créer des plans de motivation uniformes, qui sont basés uniquement sur les facteurs financiers, occasionnent de l?inflation. Car beaucoup de salariés ne vont pas, nécessairement, travailler plus du fait qu?ils ont des aspirations autres que d?avoir plus d?argent.

● <B>Les syndicats sont souvent hostiles à la thématique du rapport entre la productivité et les salaires. Pourquoi est-ce important de les engager dans ce débat ?</B>

Des bonnes relations industrielles entre les salariés, le patronat et le gouvernement sont une source de productivité. Le rôle de l?Etat est d?assurer que les législations ne soient pas trop contraignantes. Les lois du travail rigides signifient chômage élevé et faible productivité.

Maurice a un gros problème de productivité. C?est encore plus évident aujourd?hui, avec les forces de la globalisation. Il faut libérer le cadre législatif du travail car il y a trop de rigidités sur le marché de l?emploi. D?une part, vous avez un taux de chômage élevé et en même temps, les entreprises ont des difficultés à trouver de la main-d??uvre qualifiée.

Les petites et moyennes entreprises ne recrutent pas car elles craignent de ne pouvoir licencier en cas de baisse des affaires. Les règles de licenciement sont très lourdes et n?encouragent pas les entreprises à recruter.

D?autre part, il faut tenir compte du coût de la main-d??uvre. Maurice est probablement le pays où il y a le plus gros décalage entre la productivité et les salaires.

● <B>Sommes-nous en train de surpayer les gens ? </B>

Vous payez les gens de manière bureaucratique. Vous rémunérez les postes, pas les résultats. Les syndicats mettent de la pression pour des salaires plus élevés. Cela est sans fin. Il est temps de payer les gens selon leur performance. La réforme des lois du travail est d?une importance capitale pour l?économie mauricienne.

Les syndicats doivent décider s?ils vont protéger les emplois ou les employés. Protéger l?emploi est la mauvaise voie. Il faut accorder plus de flexibilité aux entreprises pour recruter et pour licencier. Au cas contraire, elles hésiteront à embaucher si elles savent qu?elles ne pourront pas dégraisser leurs effectifs lorsque les affaires ne marchent pas comme prévues.

Maurice a un taux de chômage de 9 %. Ce qui est très élevé pour les pays en développement. Il faut encourager les entreprises à créer de nouveaux emplois. La flexibilité est un élément très important à cet effet.

Propos recueillis par <B>Akilesh ROOPUN</B>

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