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«Le succès ou l?échec pour l?UMP se jouera à Marseille»
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«Le succès ou l?échec pour l?UMP se jouera à Marseille»
● <B>Le vote sanction contre l? Union pour un mouvement populaire (UMP) aux municipales sera-t-il important, selon vous ? </B>
Oui, selon toutes probabilités, les élections municipales seront des élections très politiques, bien qu?elles soient marquées par un enjeu local. Nicolas Sarkozy l?a d?ailleurs voulu ainsi en expliquant il y a deux mois qu?il souhaitait s?y engager. Depuis, sa baisse continue dans les sondages et fait peser un grand risque pour les maires sortants de droite, notamment à Marseille.
● <B>Comment sait-on qui a gagné alors qu?il y a une multitude de scrutins locaux et de candidats sans étiquette ?</B>
Pour savoir qui a gagné et qui a perdu, il faut se concentrer sur les résultats dans les villes de plus de trente mille habitants.
En 2001, la droite en avait gagné un très grand nombre. Un succès en partie masqué par les succès du Parti socialiste à Paris et à Lyon. En 2008, pour savoir qui a gagné globalement le scrutin municipal, il suffira donc de comparer les résultats du 9 et du 16 mars avec ceux des élections précédentes.
Si certains candidats de droite n?affichent pas sur leur matériel électoral leur appartenance à l?UMP, cela ne fait pas d?eux des OVNI de la vie politique. Dans les grandes villes, chacun sait bien quelle est la tendance politique des élus.
● <B>Que feront les ministres candidats qui perdront le scrutin ? seront-ils virés comme Juppé l'a été après les législatives ? Cette question est-elle à l'ordre du jour à l'Elysée ? </B>
Cette question a été à l?ordre du jour, elle a depuis été tranchée. Les ministres battus aux élections municipales ne devront pas rendre leur maroquin automatiquement.
L?exemple de Juppé aux législatives est un peu différent. Le maire de Bordeaux avait lui-même prévenu ses électeurs qu?en cas d'échec, il renoncerait à exercer sa fonction de ministre.
● <B>Pourquoi dire qu?un parti perd les municipales, comment est-ce mesurable réellement ? Dans les petites villes, on vote très rarement pour un parti, mais pour une personne et une liste...</B>
Certes, il est très difficile dans les très petites villes et dans les bourgs où l?on peut panacher les listes de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais dans les villes où ce sont des listes entières qui sont élues ou battues, le scrutin devient politiquement très clair. Il est vrai cependant que l?ouverture de listes de droite vers la gauche ou de listes de gauche vers la droite rend la lecture du scrutin un peu plus compliquée qu?auparavant. Mais cette complexité n?empêchera toutefois pas de tirer un enseignement politique de ces élections locales.
● <B> Peut-on envisager une recomposition au sein même de l?UMP en cas de défaite importante de la droite ? </B>
Non, je ne crois pas. Si une recomposition est à attendre, elle se manifestera plutôt du côté du Parti socialiste et autour de la question de ses alliances, car si la droite devait perdre nettement ces élections, cela montrerait qu?une partie importante des électeurs de François Bayrou à la présidentielle ont soutenu des listes de gauche.
● <B>Quels sont les ministres qui pourraient partir après les élections ? Quelles sont les personnalités qui pourraient entrer en son sein ?</B>
Sarkozy, toujours dans cette interview au Figaro, a écarté l?idée d?un grand remaniement. Il faut donc plutôt s?attendre à des ajustements. C?est une façon pour lui de se délier par avance des conséquences politiques du scrutin municipal et d?en minimiser l?importance. Aujourd?hui, il est difficile de savoir qui sera partant.
● <B>Quelles sont les grandes villes qui pourraient basculer à gauche, selon vous ? et que pensez-vous de la situation à Marseille ? </B>
Le succès ou l?échec des municipales pour l?UMP se jouera à Marseille. C?est là que va se dérouler la mère des batailles. A Marseille, Jean-Claude Gaudin est en grande difficulté, selon les sondages. Si la ville devait basculer à gauche, elle deviendrait alors l?emblème de la défaite de la droite et, au-delà, de Nicolas Sarkozy. La droite s?attend par ailleurs à des pertes de villes moyennes en raison de ses succès de 2001. Les grandes villes de l?Ouest qu?elle détient encore pourraient basculer massivement à gauche. C?est dans cette région que Ségolène Royal a réalisé ses meilleurs scores.
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