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«Le métro ultraléger est ce qu?il faut pour Maurice»

28 octobre 2008, 20:00

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Gibb est présente à Maurice depuis 50 ans. Pouvez-vous rappeler son parcours ?

C?est une histoire qui remonte à 1958. La firme de Sir Alexander Gibb - Alexander Gibb and Partners - intervient pour la première fois à Maurice, sollicitée par le gouvernement britannique pour l?étude du projet de tout-à-l?égout. Ce projet de Rs 20 millions fut appelé Mc Alpine, comme son réalisateur, Alfred Mc Alpine. L?année suivante, la firme est appelée pour l?étude sur Plaisance, aéroport militaire que l?administration coloniale veut transformer en aéroport civil. D?autres grands projets ont suivi, comme l?autoroute de Ph?nix à Bell-Village, la construction de nouveaux quais, le pont Sir Colville Deverell, les projets d?eau potable et bien d?autres travaux de référence qui font aujourd?hui notre fierté.

Aujourd?hui, «Gibb» est à 100 % détenue par des Mauriciens. Comment est-ce arrivé ?

Avant de devenir une compagnie mauricienne, Gibb a changé de propriétaires et d?appellation. D?abord en 1991, quand la firme américaine Law rachète Alexander Gibb and Partners. La multinationale est devenue, après ce rachat, Gibb, tout court. En 2002, Jacobs Engineering, autre grosse entreprise américaine, la rachète au groupe Law. Cette fois, le nouvel acquéreur vend ses bureaux africains. C?est alors que mon adjoint Michel Pathé et moi-même décidons d?acheter Gibb Mauritius. Nous avons maintenu le standard de qualité car depuis 2002, la compagnie est auditée par Lloyd?s.

En 50 ans, l?eau a coulé sous le pont? de «Gibb», qui a suivi le développement de Maurice. Mais comment venir à bout des nouveaux problèmes d?infrastructures apparus avec l?expansion économique ?

Pour résoudre le problème de l?embouteillage sur les axes routiers, il faut prévoir un deuxième accès à Port-Louis. D?autre part, il faut envisager sérieusement le projet de métro léger (ultra-light tram system) évoqué pour la première fois au début des années 90. Grâce à ce système, la circulation sera facilitée à Port-Louis. Trois fois, des appels d?offres ont été faits pour ce projet que la Banque mondiale a trouvé adéquat. Son financement devait venir de Grande-Bretagne. Le projet est conforme aux normes environnementales, car non polluant. Malheureusement, il n?a jamais été mis en ?uvre. L?histoire a montré que dans les pays développés, d?autres options comme des voies spéciales pour autobus ne sont que provisoires. La solution définitive est le métro. Certaines personnes ont pensé que le projet était trop cher et non viable. Il ne coûtait à l?époque que Rs 3 milliards. Ce n?est pas grand-chose, comparé aux coûts des embouteillages sur les grands axes routiers.

A part les embouteillages, prévoyez-vous des solutions aux autres problèmes ?

On parle d?investir dans une deuxième piste à l?aéroport de Plaisance. Ce n?est pas le plus urgent car des pays où le trafic aérien est plus dense s?en sortent avec une seule piste d?atterrissage. Notre piste d?atterrissage n?est pas encore saturée. A quoi bon en avoir deux, si l?aérogare n?est pas assez spacieuse pour faciliter le flux des personnes à l?arrivée et au départ ? Le plus urgent est d?investir dans la construction d?un deuxième terminal ou d?agrandir le terminal existant. Le terminal, c?est la vitrine de Maurice. Cela donne une mauvaise image du pays quand des voyageurs passent de longues heures dans les files d?attente. Ce n?est pas normal qu?on demande aux étrangers d?investir dans l?Integrated Resorts Scheme, quand, il n?y a pas d?infrastructures appropriées à l?aéroport.

Le port également a besoin de travaux d?aménagement d?après le master plan réalisé récemment. Ce document fait état des diverses propositions. Les infrastructures existantes sont modernes mais il faut en construire d?autres. C?est aux autorités de prendre les décisions de financement qui s?imposent.

Les incidences de la crise financière internationale pourraient-elles ralentir les travaux ?

La crise n?épargnera personne. Plusieurs secteurs de l?économie, notamment le tourisme et le textile seront malheureusement affectés. Mais ce n?est pas le moment de se croiser les bras et de se lamenter sur son sort. Avec un marketing agressif, Maurice pourrait s?en sortir. Nos marchés touristiques pourraient être diversifiés. Avec la dérogation obtenue de l?Africa Growth and Opportunity Act, une nouvelle porte s?ouvre au secteur textile. Je suis optimiste. Le pays, en tant qu?économie émergente, peut profiter de la crise pour attirer de nouveaux investisseurs.

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