Publicité

«Le gouvernement tient en otage les employés de Mon-Loisir depuis quatre ans»

22 mai 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

«Le gouvernement tient en otage les employés de Mon-Loisir depuis quatre ans»

Que faut-il comprendre dans la décision de fermer Mon-Loisir ?

Fuel et Mon-Loisir, prévoyant une baisse de prix et la disparition de l?ancien système d?aide européenne au secteur sucre, ont fusionné leurs opérations en 2001 en vue de réduire leurs coûts d?opération. C?est dans ce contexte que la fermeture de Mon-Loisir était envisagée. Il y a eu par la suite le nouveau régime sucrier de l?Union européenne (UE) et les mesures d?accompagnement. Le prix du sucre a baissé et va baisser encore. Il est sorti de Rs 18 300 pour descendre à Rs 15 300 au cours de la campagne sucrière 2008-2009. L?année prochaine, le prix devrait baisser à Rs 12 500. Cela représente d?importantes pertes, d?au moins Rs 6 000 la tonne, pour les producteurs sucriers. Les coûts d?opération augmentent alors que les revenus baissent. Il y a des mesures urgentes à prendre dans le domaine du «cess» et du prix du sucre sur le marché local, pour que le prix du sucre aux producteurs sucriers soit maximisé.

D?où les investissements prévus dans les raffineries ?

Nous franchissons une étape actuellement : la construction de raffineries, qui devraient rapporter une contribution financière additionnelle d?environ Rs 1 000 la tonne en 2009. Il y a beaucoup d?autres choses à faire si nous voulons rester encore dans la production sucrière. Surtout que la superficie sous culture de cannes est sortie de 77 000 hectares il y a quelques années pour descendre à 64 000 hectares en 2007, tous producteurs confondus, et cela sans baisse de prix du sucre. Mais qu?est-ce qui va se passer avec la baisse du prix du sucre ?

2004 à mars 2008, qui n?autorise pas la fermeture ? Ce n?est pas moi. Ce n?est pas Fuel.»

Et pourquoi Fuel estime que la répartition de cannes avec Belle-Vue est insatisfaisante ?

Notre objectif est de sauvegarder la survie de Fuel, pour le pays, les employés et les actionnaires. La première demande de fermeture date de 2004, et il y a eu deux autres demandes de fermeture subséquemment. Nous allions appliquer le Blueprint. Tous les employés allaient avoir tous leurs dus, et toutes les cannes seraient venues à Fuel. C?était l?époque où le prix du sucre était de 523 euros la tonne, contre 335 euros maintenant. De 2004 à 2008, le manque à gagner se chiffre à des centaines de millions de roupies pour les actionnaires de Fuel et de Mon-Loisir. La perte est éternelle si nous acceptons ce partage tel qu?il est actuellement.

Mais Mon Désert Alma (MDA) a pu fermer ses portes très rapidement.

Il y a eu un accord commercial entre MDA, Fuel et Beau-Champ à ce sujet, et cet accord peut servir de modèle pour l?accord avec Belle-Vue sur le partage de cannes. Nous avons renforcé l?usine depuis 2001 pour qu?elle puisse broyer les cannes de Mon-Loisir. Il n?y a pas beaucoup à faire pour aussi accueillir les cannes de MDA, et éventuellement celles de Deep River Beau Champ (DRBC). Mais nous voulons uniquement les 150 000 tonnes de cannes plantées sur les terres de Fuel à Mon-Loisir. Ce, pour sécuriser l?apport de matières premières à l?usine. De plus, les projets de la State Land Development Co. Ltd à Highlands, et de nombreux morcellements résidentiels et autres, sont en cours. Peu de cannes seront disponibles dans le Factory Area de MDA dans très peu de temps. Et pour DRBC, nous ne savons pas quand elle fermera ses portes. Nous ne savons pas non plus ce que les producteurs vont faire quand le prix du sucre va baisser, s?ils vont continuer à planter la canne ou non.

faut donner les moyens pour que les projets de centrales thermiques, qu?elles soient du privé ou autre, arrivent à entrer sur le réseau en temps voulu.»

Mais si vous ne fermez pas Mon-Loisir, le ministre Arvin Boolell peut présenter une loi pour vous obliger à le faire ?

Le ministre de l?Agro-industrie a le pouvoir d?autoriser ou ne pas autoriser une fermeture d?usine. Côté légal, tout est régi par le Cane Planters and Millers Arbitration & Control Board Act, qui réglemente le partage de cannes dans les cas de fermeture d?usine. Mais une fermeture obligatoire est un nouveau départ. Cela risque d?avoir beaucoup de répercussions. Certainement, le Parlement est là pour faire les lois. Le citoyen est là pour vivre dans le contexte de la légalité. Si la loi dit que nous devons fermer, nous aurons à fermer. Je ne crois pas que ce soit la solution, ni que ce soit la voie à suivre dans un Etat démocratique, de droit commun et de libre entreprise.

La voie à suivre, c?est de trouver une solution dans le dialogue. Après la décision du ministre sur le partage, en moins d?une semaine, alors qu?on avait 15 jours pour le faire, j?ai écrit au ministre pour dire que les conditions étaient inacceptables. Je lui ai demandé de bien vouloir reconsidérer sa décision. Je suis allé moi-même déposer la lettre au ministère, mais je n?ai pas obtenu de réponse à ce jour. Je reste quand même ouvert au dialogue.

Mais il a été allégué que vous teniez les employés de Mon-Loisir en otages ?

La situation des employés n?est pas du tout agréable. Depuis 2004, nous les avons préparés à la fermeture. C?est vrai qu?ils reçoivent leurs salaires, mais ils ont un problème de planification de leur vie, et ça, ce n?est pas juste. Ce n?est pas juste non plus de dire que c?est moi qui les tiens en otages. De 2004 à mars 2008, qui n?autorise pas la ferme-ture ? Ce n?est pas moi. Ce n?est pas Fuel. Pendant quatre ans les employés ont été pris en otages par le gouvernement, et pas par moi, car je n?ai pas eu la permission de fermer l?usine. Je ne peux pas fermer dans les conditions actuelles, à moins qu?il y ait un accord commercial correct. Si j?accepte la fermeture dans les conditions actuelles ce sera égal à une expropriation des actionnaires. Je ne peux pas le faire. Je n?ai pas le droit de le faire.

Où en sont les discussions entre Fuel et Belle-Vue ?

Les discussions se poursuivent. J?essaie toujours d?arriver à un accord. Je ne blâme pas Belle-Vue de chercher à avoir des cannes. Pour la même raison que Fuel cherche à avoir des cannes. Mais il ne faut pas pénaliser une entreprise en diminuant son chiffre d?affaires. S?il n?y a pas d?accord commercial et que vous envoyez 300 000 tonnes de cannes de Mon-Loisir à Belle-Vue, vous êtes en train de retirer son chiffre d?affaires à Fuel, et ce n?est pas correct. Si j?ai un accord commercial raisonnable, on va fermer. Parce que le plan est de fermer l?usine. Ce plan existe depuis 2001. La décision de fermer l?usine est toujours là, mais la fermeture se fera dans des conditions correctes. S?il n?y a pas d?accord, l?usine ne pourra pas fermer. Mais dans le temps, elle fermera.

On a accusé Fuel d?être gourmand parce que vous avez les cannes de MDA, 50 000 tonnes de Mon-Loisir, et vous allez avoir les cannes de DRBC quand elle va fermer?

DRBC devait fermer en 2009, ou 2010 au plus tard. C?est impossible. Pour qu?elle puisse planifier sa fermeture, il faut un accord commercial correct, il faut avoir une centrale thermique additionnelle à Fuel, et il faut que ce soit un projet économiquement viable. Nous ne savons pas quand nous allons avoir les cannes de Beau-Champ. Les cannes du Factory Area de MDA, et de bien d?autres usines, vont diminuer. Dans un tel contexte, nous devrions, nous à Fuel, ne pas recevoir les cannes que nous produisons nous-mêmes à Mon-Loisir. Et quand les cannes de MDA vont diminuer, comment va-t-on va les remplacer ?

La construction de centrales thermiques du privé a été reportée en vertu de l?accord du 5 décembre 2007. Le démarrage du projet de «CT Power» à Pointe-aux-Caves n?est pas pour bientôt. Dans ce contexte, avez-vous des craintes pour la fourniture d?énergie électrique ?

Des mesures doivent être prises de façon urgente. Cela va prendre deux ans au moins pour construire, que soit la centrale à charbon de CT Power ou une autre, et pour qu?elle soit raccordée au réseau. Si une unité de CT Power devait être opérationnelle à la fin de 2009, il devient difficile de la réaliser. Si nous ne prenons pas des dispositions rapidement, nous risquons d?avoir des problèmes. Il faut donner les moyens pour que les projets de centrales thermiques, qu?elles soient du privé ou autre, arrivent à entrer sur le réseau en temps voulu. Déjà, nous avons un retard d?au moins six mois.

Quelle a été l?évolution de la situation depuis l?accord du 5 décembre ?

La nomination de l?expert qui va se pencher sur les contrats énergétiques ne devrait pas tarder. Les sites pour les 2 000 arpents de terres accordés au gouvernement pour des projets sociaux, de diversification agricole et d?infrastructure restent à être identifiés. Nous attendons que les corps constitués qui vont prendre de l?actionnariat dans les nouveaux projets des sucriers soient désignés. Cela affecte la création de compagnies qui vont faire les raffineries.

Publicité