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«Late Harvest»

15 janvier 2008, 00:00

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La formule IRS est vite devenue une véritable poule aux ?ufs d?or. Les projets se multiplient, l?Etat engrange les bénéfices sous forme de taxes diverses, des secteurs moribonds de l?économie retrouvent le tonus, et un nombre important d?emplois est créé. Les derniers projets annoncés ne font que confirmer le succès de ce créneau porteur.

Le Club Med vient de dévoiler les détails du produit IRS qu?il développe. Il construit à un coût de Rs 1, 5 milliard, dans une zone jouxtant son hôtel d?Albion, 40 villas qui seront vendues dans une fourchette de prix allant de Rs 40 m à Rs 80 m. Même à ce prix, son offre a suscité un engouement considérable parmi les acheteurs potentiels en Europe. Il n?y a plus de doute, le développement hôtelier intégré est un concept qui marche.

Les retombées pour l?économie sont déjà visibles. Il y deux semaines, le Bureau central des statistiques (CSO) faisait ressortir l?apport significatif des projets IRS : «Private sector investment grew by 17.5 % in 2007 after a growth of 15.3 % in 2006, mainly attributable to high investment in hotels and IRS projects, and to a lesser extent to investment in textile and wearing apparel industries.» De plus, le CSO estime que la croissance de l?industrie du bâtiment atteindra tout de même 3 % cette année après le chiffre exceptionnel de 15 % réalisé l?année dernière «mostly due to more construction of hotels and Integrated Resorts Scheme projects»

Il y a également un aspect qualitatif intéressant qui accompagne la naissance de ce nouveau pilier de l?économie. Les normes de qualité, exigées notamment dans le secteur de la construction pour répondre aux attentes de la clientèle haut de gamme, vont tirer vers le haut l?industrie du bâtiment. De même, les services hôteliers qui seront proposés aux acquéreurs des villas de luxe viseront l?excellence, ce qui rehaussera davantage le savoir-faire reconnu des Mauriciens.

Les travaillistes qui s?étaient opposés, par opportunisme ou par idéologie, aux projets IRS ont fini par être séduits par ce développement. Ils ne critiquent plus «les enclaves pour riches étrangers» et ont abandonné leur stupide combat contre «l?apartheid économique». L?«Investment Promotion Act», promulgué en 2002 par l?ancien gouvernement, fait désormais l?unanimité. Le seul changement qui a été apporté à la formule d?alors est de nature purement théorique. Il permet aux petits propriétaires de réaliser des mini IRS. Toutefois, ce mécanisme, le «Real Estate Investment Scheme» n?est qu?un gadget destiné à jeter de la poudre aux yeux. Les investissements requis pour ce type de projets sont trop lourds pour que les mini IRS soient réalisables.

Les IRS ont ouvert des perspectives qui dépassent les espérances de ceux qui avaient semé les graines de ce pôle de développement. Pour ceux-là, les bénéfices qu?en tire le pays aujourd?hui constituent un «late harvest».

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