Publicité

«La roupie forte rajoute à d?autres difficultés»

3 mars 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Comment les entreprises d?exportation vivent-elles l?avènement actuel de la roupie forte ?

L?appréciation de la roupie a fait chuter les revenus de nos entreprises exportatrices, que ce soit par rapport au dollar, à l?euro ou à la livre sterling. Toutes nos exportations sont libellées en devises. Nous avons entrepris des démarches auprès du gouvernement et de la Banque centrale, pour juguler un tant soit peu cette crise. En trois mois d?activités, nous avons enregistré un manque à gagner d?environ Rs 500 000 000.

Nos recettes d?exportation diminuent à chaque fois que la roupie s?apprécie. Dans le même temps, la baisse de la valeur des devises nous affecte négativement. Loin de nous réjouir, l?appréciation de la roupie rajoute à d?autres difficultés.

Quel est l?impact des variations actuelles du taux de change sur le secteur du textile mauricien ?

Notre secteur textile pourvoit quelque 55 000 à 60 000 emplois sur toute la chaîne allant de la filature à la confection en passant par la teinture. Les entreprises textiles, opérant pour la plupart sur le marché international, se retrouvent actuellement avec moins de dollars et d?euros que d?habitude, ce qui affecte leur capacité à réinvestir.

Maurice ne bénéficiera pas de la dérogation concernant le «Third Country Fabric» de l?AGOA. Quelles en sont les implications pour l?avenir du textile mauricien ?

Cette dérogation permet aux pays les moins avancés de s?approvisionner en matière première n?importe où dans le monde. Nous proposons que Maurice jouisse également de cette facilité, étant un petit Etat insulaire.

Nous gardons espoir que ce dossier, qui est d?une grande importance pour Maurice, con-naisse un aboutissement heureux. Si cette dérogation nous était accordée, elle ferait accroître de 15 % nos exportations totales . Et donnerait au secteur textile un nouveau souffle.

Quel avenir pour le sucre mauricien, un produit exclusivement d?exportation ?

Les entreprises sucrières sont aujourd?hui tenues de développer des produits à forte valeur ajoutée comme la fabrication des sucres spéciaux. Un produit de substitution tel l?éthanol est une solution qui viendra sans doute soulager les entreprises sucrières.

Quid du secteur «seafood» ?

Le seafood mauricien a enregistré un chiffre d?affaires d?environ Rs 7 ? 8 milliards d?exportations en 2007. Nous espérons en faire autant sinon un peu plus en 2008. Mais l?Union européenne (UE), notre principal marché, nous impose un certain nombre de normes qui sont assez difficiles à appliquer. Ces règles concernent particulièrement les conditions de stockage, d?emmagasinage de nos produits.

Nous avons engagé des négociations, avec le soutien du gouvernement, pour avoir ne serait-ce qu?une dérogation nous permettant d?exporter nos produits sur le marché de l?UE dans les mêmes conditions que l?an passé. Nous espérons obtenir un moratoire de quelques années pour nous permettre d?adapter nos équipements aux exigences de l?UE.

Il est important de noter que les activités du seafood nécessitent un investissement assez lourd, donc des charges fixes très importantes. Nous souhaitons vivement que nos négociations aboutissent pour le grand bonheur de ce secteur en pleine expansion.

Propos recueillis par Fidèle HONVOU

Publicité