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«Employment Relations Bill» : Bérenger demande que le vote soit reporté
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«Employment Relations Bill» : Bérenger demande que le vote soit reporté
Les gouvernements successifs ont tenté en vain de les remplacer. Ces lois qui datent de 1973 et 1975 ont résisté au changement. Mais le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, est décidé à remplacer l?Industrial Relations Act (IRA) et le Labour Act par l?Employment Relations Bill et l?Employment Rights Bill respectivement.
Le leader de l?opposition Paul Bérenger veut, lui, que le gouvernement n?aille pas de l?avant avec les projets de loi et attende que le parlement reprenne en octobre pour les voter.
Paul Bérenger se dit contre «la manière de faire» du gouvernement, et plus précisément, la «hâte» avec laquelle les deux projets de loi ont été présentés (il y a une semaine). De plus, il reproche aux projets de loi d?être «un recul» par rapport aux deux lois qu?ils remplacent, tout en reconnaissant que ces dernières «avaient grand besoin d?être modernisées».
Vasant Bunwaree a expliqué les objectifs des deux projets de loi hier. «Non, réplique Bérenger, la majorité des clauses contenues dans les nouvelles lois figurent déjà dans les anciennes lois.»
L?IRA, qui est remplacé par l?Employment Relations Bill, a trait aux droits collectifs des travailleurs alors que le Labour Act, remplacé par l?Employment Rights Bill, a trait aux droits individuels de l?employé. L?Employment Relations Bill vise aussi à faciliter l?adhésion des travailleurs aux syndicats et la création de ces derniers et à leur donner plus de bargaining power auprès du patronat, du moins selon le ministre Bunwaree.
«Des patrons dinosaures»
Un des changements majeurs apportés par l?Employment Relations Bill sera, par exemple, le fait qu?en cas d?un litige qui ne peut être résolu par le dialogue, des employés pourront se mettre en grève à travers un syndicat. Et le Premier ministre qui, dans la loi actuelle, peut déclarer une grève illégale, ne pourra plus le faire. Il devra dorénavant saisir la justice et demander que la Cour suprême décrète la grève illégale.
Bérenger, qui dit se ranger du côté des syndicalistes concernant les provisions de cette loi, dit avoir un problème avec les étapes précédant le droit de grève.
L?Employment Rights Bill, lui, vise à rendre la vie de l?employé plus saine. Pour Paul Bérenger, «même si nous avons connu des avancées, il y a toujours des patrons dinosaures». Il a rappelé que quand il était syndicaliste et qu?il voulait négocier en faveur des travailleurs, le patron en question lui avait dit qu?il n?était pas question que les travailleurs s?asseyent dans son bureau. «C?était effectivement il y a longtemps mais, en même temps, les mentalités n?ont pas toutes changé», a-t-il ajouté en plaidant pour une meilleure protection des plus vulnérables.
Le ministre Bunwaree a fait circuler pas moins de six amendements. «C?est une raison suffisante pour que le vote de ces projets de loi soit reporté», a estimé Bérenger.
Le nouveau projet de loi sur les lois industrielles permettra à la main-d??uvre d?être plus mobile et plus flexible, a de son côté déclaré le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen. Il a expliqué que les emplois permanents sont révolus : «C?est pour cette raison que la main d??uvre doit être plus mobile.»
Pour le ministre des Finances, les deux lois de 1973 et de 1975 sont dépassées. «L?économie mauricienne a connu des changements structurels. Les lois ne sont plus adaptées. La nouvelle législation permet plus de mobilité pour les travailleurs.» Selon Rama Sithanen, la mobilité de la main-d??uvre est un facteur déterminant pour préserver les emplois à l?avenir car «aucun gouvernement ne peut sauvegarder les emplois indéfiniment».
Il ajoute toutefois qu?on peut préserver les droits des travailleurs en leur offrant une chance de se reconvertir dans un autre secteur plus productif. «30 ans de cela, l?économie mauricienne dépendait principalement de l?agriculture. Aujourd?hui, on a d?autres secteurs qui sont en plein essor. Demain, il y en aura d?autres qui seront pourvoyeurs d?emplois. Alors, on doit donner la chance à ces travailleurs de se reconvertir», a expliqué le ministre des Finances.
Rama Sithanen a d?autre part souligné qu?il faut trouver un juste milieu entre la protection des droits des travailleurs et la protection de l?économie. «On ne peut accéder à toutes les demandes des syndicats. Il faut trouver un juste milieu sinon on risque tous d?être au chômage», a déclaré Rama Sithanen. Il a également affirmé que la spécificité de Maurice ne l?empêche pas d?être compétitive au niveau mondial. «Nous devons réaliser qu?il est primordial de s?adapter aux conditions internationales pour rester compétitifs. Les challenges sont totalement différents de nos jours.»
Création d?emplois pas garantie
Rama Sithanen a ajouté que le chômage est souvent dû à un manque de communication entre ceux qui cherchent des emplois et ceux qui offrent des emplois. Le ministre des Finances a fait ressortir que la croissance économique ne garantit pas la création d?emplois. «On a connu une croissance économique pendant plusieurs années à Maurice tout en ayant un taux de chômage en hausse. C?est dû à un défaut structurel dans la main-d??uvre et non un problème de croissance économique.»
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